Note personnelle : ,

Rossini, Gioachino — Armida (1817)

Format :

  • Dramma per musica (opera seria) en trois actes.
  • Musique : Gioachino Rossini (1792-1868).
  • Livret : Giovanni Schmidt, d’après La Jérusalem délivrée (Gerusalemme liberata) de Torquato Tasso.
  • Langue : italien.

Création :

11 novembre 1817, Teatro di San Carlo, Naples.
L’ouvrage célèbre la réouverture du théâtre, reconstruit après l’incendie de 1816. Le rôle-titre est créé par Isabella Colbran, future épouse de Rossini, entourée de ténors dont Andrea Nozzari (Rinaldo) ; Nicola Festa dirige. La production est fastueuse, avec ballet et machines, mais l’accueil reste mitigé, certains critiques jugeant la musique trop « allemande ». Rossini vient d’écrire La Cenerentola et La gazza ladra.

Livret :

Giovanni Schmidt tire de l’épopée de Tasso, consacrée à la première croisade, les épisodes de la magicienne Armida qui séduit le paladin Rinaldo pour le détourner de la croisade. Le rôle d’Armida est l’un des plus longs et des plus difficiles qu’ait écrits Rossini, tandis que la partition requiert un grand nombre de ténors, dont plusieurs rôles sont souvent doublés.

Intrigue :

  • Acte I : près de Jérusalem, Goffredo, chef des croisés, relève le moral de ses troupes endeuillées. Armida arrive en princesse de Damas persécutée, de connivence avec son oncle Idraote, et les chevaliers acceptent de l’aider. On choisit Rinaldo pour l’escorter, ce qui suscite la jalousie de Gernando ; Rinaldo le tue en duel, et Armida l’emmène avec elle.
  • Acte II : les démons d’Astarotte préparent une forêt pour Armida, qui la transforme en palais de plaisirs où Rinaldo, subjugué, s’abandonne à son enchantement, sourd à ses ruses.
  • Acte III : Ubaldo et Carlo pénètrent dans les jardins, résistent aux nymphes grâce à un bâton magique et affrontent Rinaldo. Celui-ci se voit dans le reflet d’un bouclier, mesure sa déchéance, prie et repart avec ses compagnons. Armida, impuissante, les poursuit, puis détruit son palais dans sa fureur.

Enregistrement(s) :

Tullio Serafin — 1952

Format : CD, mono, enregistrement live (durée totale 132’40). La même captation existe chez de nombreux éditeurs, dont Myto (« The Complete Recording »).
Label : Warner Classics (collection « Callas Live Remastered », remastérisation numérique de 2017 ; ℗ Parlophone Records).
Référence : 0190295844530.
Année d’enregistrement : 26 avril 1952, Teatro Comunale, Florence (Maggio Musicale Fiorentino).
Distribution :

  • Armida : Maria Callas, soprano
  • Rinaldo : Francesco Albanese, ténor
  • Gernando : Mario Filippeschi, ténor
  • Goffredo : Alessandro Ziliani, ténor
  • Carlo : Gianni Raimondi, ténor
  • Ubaldo : Antonio Salvarezza
  • Idraote : Mario Frosini
  • Astarotte : Marco Stefanoni

Direction : Tullio Serafin
Orchestre : Orchestra e Coro del Teatro Comunale di Firenze
Langue : italien

Particularité :

Reprise historique de l’œuvre, oubliée depuis les années 1830 : la première représentation moderne, avec une Maria Callas au sommet de ses moyens dans un rôle de virtuosité extrême. La prise de son d’origine, de qualité technique limitée, avertit l’éditeur lui-même que le résultat sonore n’atteint pas le standard habituel, ce qu’il convient de garder à l’esprit à l’écoute.

Carlo Franci — 1970

Format : 2 CD, enregistrement live (« registrazione storica »).
Label : foyer (℗ Laudis, Milan, 1990) ; également paru chez Memories (HR 4152/3) et Mondo Musica (MFOH 10291).
Référence : 2-CF-2030.
Année d’enregistrement : 3 avril 1970, Teatro La Fenice, Venise (version abrégée, peut-être une répétition générale ; la série de représentations commence le 5 avril).
Distribution :

  • Armida : Cristina Deutekom, soprano
  • Rinaldo : Pietro Bottazzo
  • Goffredo, Carlo : Ottavio Garaventa
  • Idraote : Alessandro Maddalena
  • Gernando, Ubaldo : Edoardo Gimenez
  • Eustazio : Berardino Trotta
  • Astarotte : Giovanni Antonini

Direction : Carlo Franci
Orchestre : Orchestra e Coro del Teatro La Fenice di Venezia (chef de chœur : Corrado Mirandola)
Langue : italien

Particularité :

Captation d’une reprise vénitienne, dix-huit ans après Florence, avec la soprano néerlandaise Cristina Deutekom dans le rôle-titre. L’enregistrement documente une version coupée ; plusieurs rôles de ténor y sont doublés, comme le veut la tradition de l’œuvre.

Claudio Scimone — 1991

Format : 2 CD, enregistrement de studio.
Label : Europa Musica (Koch International), puis Arts (1999) et Brilliant Classics.
Référence : Europa Musica 350 211 ; réédition Arts 47327-2 ; Brilliant Classics 94222.
Année d’enregistrement : 1991, Teatro Comunale, Trévise (une critique de la réédition Arts donne le 19 juin 1992).
Distribution :

  • Armida : Cecilia Gasdia, soprano
  • Rinaldo : Chris Merritt, ténor
  • Goffredo, Carlo : William Matteuzzi, ténor
  • Gernando, Ubaldo : Bruce Ford, ténor
  • Eustazio : Charles Workman, ténor
  • Idraote, Astarotte : Ferruccio Furlanetto, basse

Direction : Claudio Scimone
Orchestre : I Solisti Veneti ; chœur : Ambrosian Opera Chorus
Langue : italien

Particularité :

Intégrale de studio dirigée avec vitalité par Claudio Scimone, aux tempi plus vifs que d’autres versions. La critique y apprécie le chœur discipliné, l’excellente prise de son et la coloratura précise et colorée de Cecilia Gasdia, tout en estimant qu’elle manque un peu de la sensualité idéale ; Chris Merritt est jugé inégal, Bruce Ford plus convaincant que Matteuzzi, au timbre assez sec, et Ferruccio Furlanetto n’a pas encore la sonorité de ses années ultérieures.

Daniele Gatti — 1994

Format : 3 CD, enregistrement live.
Label : Sony Classical.
Référence : S3K 58968 (publié en 1994).
Année d’enregistrement : 1993, Rossini Opera Festival, Pesaro.
Distribution :

  • Armida : Renée Fleming, soprano
  • Rinaldo : Gregory Kunde, ténor
  • Gernando : Jeffrey Francis, ténor
  • Goffredo : Donald Kaasch, ténor
  • Eustazio : Carlo Bosi, ténor
  • Ubaldo : Jorio Zennaro, ténor
  • Carlo : Bruce Fowler, ténor
  • Idraote : Ildebrando D’Arcangelo, basse
  • Astarotte : Sergey Zadvorny, basse

Direction : Daniele Gatti
Orchestre : Orchestra e Coro del Teatro Comunale di Bologna
Langue : italien

Particularité :

Captation de la production du Rossini Opera Festival, avec une Renée Fleming qui reprendra le rôle au Metropolitan Opera en 2010. Une critique juge toutefois les tempi de Daniele Gatti un peu lents.

José Miguel Pérez-Sierra — 2024

Format : CD numérique (Naxos), enregistrement de festival ; durée d’environ 2 h 47.
Label : Naxos (« Rossini in Wildbad », coproduction avec SWR ; ℗ 2024).
Référence : Naxos 8.660554 (numéro relevé sur le livret numérique).
Année d’enregistrement : 15 et 20 juillet 2022, Trinkhalle, Bad Wildbad (festival Rossini in Wildbad) ; publié en 2024.
Distribution :

  • Armida : Ruth Iniesta, soprano
  • Rinaldo : Michele Angelini, ténor
  • Goffredo : Moisés Marín, ténor
  • Gernando : Patrick Kabongo, ténor
  • Eustazio : Manuel Amati, ténor
  • Ubaldo : César Arrieta, ténor
  • Carlo : Chuan Wang, ténor
  • Idraote : Jusung Gabriel Park, basse-baryton
  • Astarotte : Shi Zong, basse

Direction : José Miguel Pérez-Sierra
Orchestre : Kraków Philharmonic Orchestra (direction : Alexander Humala) ; chœur : Kraków Philharmonic Chorus (chef de chœur : Marcin Wróbel)
Langue : italien

Particularité :

Enregistrement de l’édition critique de Charles S. et Patricia B. Brauner (Fondazione Rossini, Casa Ricordi), réalisé au festival Rossini in Wildbad. Le livret d’accompagnement revient sur la genèse de l’opéra, écrit pour Isabella Colbran et pensé pour mettre en valeur sa virtuosité et son jeu dramatique, et souligne que la variété des timbres vocaux y est volontairement restreinte, la partition faisant la part belle aux ténors face à une seule voix féminine.

Postérité :

Après la disparition de l’œuvre au cours des années 1830, la reprise de Florence en 1952 en fait un véhicule pour Maria Callas. Armida est ensuite donnée à Aix-en-Provence (1988), à Tulsa (première américaine, 1992) et au Rossini Opera Festival de Pesaro (1993, avec Renée Fleming). Le Metropolitan Opera la présente le 12 avril 2010 avec Renée Fleming, et le Rossini Opera Festival la remonte en 2014 dans une mise en scène de Luca Ronconi. Le festival Rossini in Wildbad en propose une nouvelle lecture en 2022.

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