Format :
- Melodramma (grand opéra italien) en quatre actes.
- Musique : Lauro Rossi (1810-1885).
- Livret : Marco D’Arienzo (1811-1877), librettiste napolitain.
- Langue : italien.
Création :
5 mars 1876, Teatro Regio, Turin.
Né à Macerata (dans les Marches), Lauro Rossi a alors soixante-six ans. Élève de Zingarelli et de Furno à Naples, il s’est fait connaître dans le sillage de Donizetti avec des opéras bouffes comme La casa disabitata et Il domino nero (Milan, 1849), avant de diriger les conservatoires de Milan (1850) puis de Naples (1870-1878). Cleopatra, son avant-dernier opéra, date de cette période napolitaine, cinq ans après Aida de Verdi, dont elle partage le sujet égyptien ; les trois principaux chanteurs de la création avaient d’ailleurs tous chanté Aida dans les mois précédents. Filippo Patierno était le premier Marc Antoine et Romano Nannetti le premier Octave.
Livret :
Marco D’Arienzo, qui avait déjà collaboré avec Rossi, traite la légende de Cléopâtre, Marc Antoine et Octave, thème qui a inspiré des dizaines d’opéras (Canazzi, Cimarosa, Paer, Massenet, Barber). L’action se déroule en Égypte et à Rome vers 32 av. J.-C., autour de la défaite d’Actium. L’originalité du livret est le personnage de Diomède, conseiller de la reine, qui prédit la chute de l’Égypte et donne à l’ouvrage sa tonalité sombre.
Intrigue :
- Acte I : Dans le palais de Cléopâtre, Diomède, conseiller de la cour égyptienne, prévoit la chute de l’Égypte, car la reine est éprise du triumvir romain Marc Antoine. Les prêtres ont reçu des messages funestes, mais la reine reste sourde. Au cours d’un banquet, les amants appellent le vin et Antoine célèbre la beauté de Cléopâtre ; l’arrivée du messager Proculejo annonce qu’Antoine doit retourner à Rome. Il déchire le message et, malgré les menaces de Rome, jure de rester fidèle à Cléopâtre.
- Acte II : Cléopâtre, qu’Antoine devait retrouver, ne voit pas revenir son amant ; elle s’en prend aux oracles qui l’ont trompée. Diomède vient lui avouer son propre amour et l’avertit contre une rumeur : Antoine a trouvé en Rome un nouvel amour. Furieuse, la reine décide de partir pour Rome, prête à empoisonner son rival.
- Acte III : Au palais d’Octave César à Rome, Octavie, sœur d’Octave, va épouser Antoine ; ses suivantes chantent le jour heureux. Octave, qui voit son projet d’empire d’Orient se réaliser par ce mariage, mène la mariée à l’autel. Cléopâtre, venue à Rome, affronte Antoine à sa sortie ; elle menace de mort et de destruction si son amour n’est pas rendu, mais Octave la retient. L’ensemble final, splendide et complexe, réunit les protagonistes dans l’horreur et la confusion.
- Acte IV : À Alexandrie, Antoine, vaincu à Actium où il s’était allié à Cléopâtre contre les forces d’Octave, reproche à la reine sa perfidie et, désespéré, se donne la mort. Cléopâtre confie à Carmiana qu’elle ne peut plus supporter l’horreur de ses actes. Octave entre et propose à Cléopâtre un traité : elle cédera certains territoires à Rome et il la maintiendra sur son trône. Proculejo apporte la nouvelle de la mort d’Antoine ; Octave accuse la reine, qui refuse de le suivre à Rome. Diomède lui a apporté un aspic dans une corbeille : elle se le met au cou et meurt, persuadée de rejoindre Antoine, tandis que le corps d’Antoine est porté sur scène.
Enregistrement(s)

David Crescenzi — 2008
Format : CD (2 disques : 47:56 et 57:14, soit 1 h 45)
Label : Naxos (« Opera Classics », enregistrement réalisé par Dynamic)
Référence : 8.660291-92
Année d’enregistrement : 24 et 29 juillet 2008, Sferisterio Opera Festival, Macerata (captation en public) ; édition Naxos 2011
Distribution :
- Cleopatra : Dimitra Theodossiou
- Marco Antonio : Alessandro Liberatore
- Ottavio Cesare : Paolo Pecchioli
- Diomede : Sebastian Catana
- Proculejo : William Corrò
- Ottavia : Tiziana Carraro
- Carmiana : Paola Gardina
- Un esclave : Giacomo Medici
Direction : David Crescenzi
Orchestre : FORM – Orchestra Filarmonica Marchigiana ; Coro Lirico Marchigiano « V. Bellini »
Langue : italien
Particularité :
Captation de la production de Pier Luigi Pizzi, présentée au Festival de Macerata en 2008 et redécouvrant l’ouvrage grâce à une édition critique de Bernardo Ticci. Quelques aménagements par rapport à la partition originale (l’ouverture initiale est notamment omise) ; la notice est signée de Paul Campion. Dimitra Theodossiou campe une reine véhémente, face à l’Antoine d’Alessandro Liberatore, à l’Octave de Paolo Pecchioli et au Diomède de Sebastian Catana, sous la direction de David Crescenzi.
Postérité :
Accueillie avec intérêt à Turin en 1876, Cleopatra a sombré dans l’oubli avec presque tout le répertoire de Rossi, qui meurt à Crémone en 1885 après la création de son dernier opéra, Biorn. Le festival de Macerata l’a redécouverte en 2008, dans le théâtre qui porte le nom du compositeur. Elle rejoint le groupe des Cléopâtre lyriques (Massenet, Barber) et peut être rapprochée d’Aida par son ensemble du banquet à l’acte I, l’air de Cléopâtre à l’acte II et la confrontation entre Cléopâtre et Octave à l’acte IV.

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