Note personnelle : ,

Pizzetti, Ildebrando — Fedra (1915)

Format :

  • Genre : opéra en trois actes
  • Musique : Ildebrando Pizzetti
  • Livret : Gabriele D’Annunzio, d’après sa propre tragédie Fedra
  • Langue : italien

Création :

20 mars 1915, Teatro alla Scala, Milan.
La partition est composée entre 1909 et 1912. Pizzetti, alors professeur au Conservatoire de Florence, l’écrit dans le prolongement de sa collaboration avec D’Annunzio, entamée avec la musique de scène de La Nave (1908).

Livret :

D’Annunzio, qui vendait cher les droits de ses tragédies aux éditeurs, concède ici gratuitement à Pizzetti le droit de mettre Fedra en musique, et promet de réduire lui-même le texte : le jeune compositeur suit ensuite le poète presque à la lettre, appliquant à son mélodrame le principe de la « seconda prattica » monteverdienne, où la parole prime sur la musique. Le sujet, d’origine euripidéenne, est transposé dans un climat de fièvre, de sacrifice et de possession : Fedra est moins une héroïne tragique qu’un être livré à une maladie incurable.

Intrigue :

  • Acte I : Etra, mère de Teseo, fait entrer les Suppliantes. Ensemble, elles pleurent les fils tombés à la guerre ; la nouvelle de la mort de Teseo fait le tour de l’assistance. Fedra, épouse de Teseo, voue un amour désespéré à son beau-fils Hippolito et se réjouit secrètement de la mort de son mari. Le messager Eurythe annonce soudain la victoire de Teseo. Hippolito reçoit en butin une esclave thébaine, que Fedra fait chercher par sa nourrice Gorgo. Dans un accès de jalousie, Fedra immole la belle Thébaine en sacrifice.
  • Acte II : Fedra est tourmentée par des songes. Eurythe annonce l’arrivée d’Hippolito, qui a su maîtriser le cheval Arion. Gorgo fait entrer un marchand phénicien, qui relate sa rencontre avec la belle Hélène ; il procure à Fedra un poison. Elle dépose un baiser passionné sur les lèvres d’Hippolito assoupi. Pris de panique, il fuit devant sa belle-mère. Teseo apparaît ; Fedra accuse Hippolito de l’avoir violée. Dans une imprécation funeste, Teseo réclame la mort de son fils.
  • Acte III : Etra entonne un chant funèbre en l’honneur de son petit-fils. Eurythe relate la fin d’Hippolito, précipité contre un rocher par son cheval. Désespéré, Teseo souhaite sa propre fin. Fedra apparaît marquée par la mort : elle a avalé le poison, avoue avoir accusé Hippolito à tort et expire en souriant aux étoiles.

Enregistrement(s)
Pizzetti — Fedra — Mazzola

Enrique Mazzola — 2008

Format : 2 CD (66’35 » + 61’13 »), enregistrement en public, première mondiale au disque
Label : Accord (collection Accord – Euterpe, Montpellier)
Référence : non précisée dans le livret
Année d’enregistrement : 2008 (Festival de Radio France et Montpellier Languedoc-Roussillon)
Distribution :

  • Fedra (Phèdre) : Hasmik Papian, soprano
  • Ippolito (Hippolyte) : Gustavo Porta, ténor
  • Teseo (Thésée) : ChangHan Lim, baryton
  • Etra : Christine Knorren, contralto
  • L’Aurige Eurito d’Illaco / Le Messager : Martin Tzonev, baryton
  • La Nourrice Gorgo : Mihaela Binder-Ungureanu, mezzo-soprano
  • L’Esclave thébaine : Uran Urtnasan-Cozzoli, soprano
  • Le Marchand phénicien : Tomislav Lucic, basse
  • L’Éphèbe, 6e Suppliante, 6e Servante : Béatrice Pary, mezzo-soprano
  • 1re Suppliante, 1re Servante : Anja Augustin, mezzo-soprano
  • 2e Suppliante, 2e Servante : Elina Bordry, soprano
  • 3e Suppliante, 3e Servante : Marianne Crebassa, mezzo-soprano
  • 4e Suppliante, 4e Servante : Sherry Sassoon-Deschler, mezzo-soprano
  • 5e Suppliante, 5e Servante : Cécile Giglio, mezzo-soprano
  • 7e Suppliante, 7e Servante : Alexandra Dauphin-Heiser, mezzo-soprano

Direction : Enrique Mazzola
Orchestre : Orchestre National de Montpellier Languedoc-Roussillon ; Chœur de la Radio Lettone (chef de chœur : Sigvards Klava) ; Chœur d’enfants Opera Junior (chef de chœur : Valérie Sainte-Agathe ; chef de chant : Minekawa Tomoko)
Langue : italien

Particularité :

Première mondiale au disque, captée en public lors du Festival de Radio France et Montpellier Languedoc-Roussillon 2008. Le livret (texte de D’Annunzio) est traduit en français, anglais et allemand dans le livret du disque.

Postérité :

Fedra est l’un des sommets de l’œuvre de Pizzetti, que le musicologue Berthold Warnecke rapproche du portrait psychologique de Salomé et d’Elektra plus que d’un opéra rigoureusement structuré. Le chœur funèbre de l’acte III, « Ô Giovinezza, piangi ! », écrit pour double chœur à huit voix, est souvent cité pour sa maîtrise de la polyphonie vocale classique. Pizzetti, dont l’adhésion au fascisme a longtemps pesé sur la réception de l’œuvre (il signe en 1925 le Manifeste des intellectuels fascistes), est retombé dans l’oubli après 1968, malgré le succès de Meurtre dans la cathédrale (1958).

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