Format :
- Musikalische Legende (légende musicale) en 3 actes.
- Musique : Hans Pfitzner (1869-1949)
- Livret : Hans Pfitzner
- Langue : allemand
Création :
12 juin 1917, Prinzregententheater, Munich.
Création sous la direction de Bruno Walter, avec Karl Erb (Palestrina), Maria Ivogün (Ighino), Emmy Krüger (Silla), Fritz Feinhals (Borromeo) et Paul Bender (le pape Pie IV). C’est l’œuvre la plus réussie de Pfitzner et elle est toujours régulièrement donnée dans les pays germanophones ; Bruno Walter écrivit en 1962 qu’elle « possède tous les éléments de l’immortalité ». La première production britannique, semi-professionnelle, date de 1981 (Abbey Opera) et la première professionnelle de 1997 à Covent Garden.
Livret :
Pfitzner écrivit lui-même le livret, librement inspiré de la légende selon laquelle Palestrina aurait sauvé la polyphonie en composant la Missa Papae Marcelli au moment du Concile de Trente. Rôles principaux : Giovanni Pierluigi da Palestrina (ténor) ; Ighino, son fils (soprano) ; Silla, son élève (mezzo-soprano) ; Lukrezia, sa défunte épouse (contralto) ; le cardinal Carlo Borromeo (baryton) ; le pape Pie IV (basse) ; le cardinal Novagerio (ténor) ; le cardinal Morone (baryton) ; le comte Luna, ambassadeur d’Espagne (baryton) ; le cardinal Madruscht (basse), et plusieurs autres prélats.
Intrigue :
- Acte I : Dans la maison romaine de Palestrina, son élève Silla s’apprête à partir pour Florence. Ighino se désole que son père n’écrive plus, accablé par la mort de sa femme et par l’hostilité qui l’entoure. Le cardinal Borromeo vient lui annoncer que le pape veut interdire la polyphonie et brûler ses chefs-d’œuvre, et lui demande d’écrire une nouvelle messe polyphonique, ce que Palestrina refuse. Les esprits des maîtres du passé lui apparaissent alors et lui confient sa mission ; inspiré par ses visions, il compose la messe entière en une nuit. Ighino est ravi par la musique, tandis que Silla reste sceptique.
- Acte II : Dans le palais du cardinal Madruscht à Trente, le Concile prépare son congrès général final. Les rivalités politiques entre l’Empereur, le pape et les délégués espagnols et italiens éclatent, les querelles de préséance paralysent la séance et une rixe entre domestiques dégénère quand Madruscht ordonne à ses soldats de tirer. Il y a de nombreux morts et blessés, et les survivants sont arrêtés.
- Acte III : De retour à Rome, Palestrina est vieilli et épuisé. Ighino a remis la messe au pape pour sauver son père des autorités, et elle a été exécutée avec un grand succès. Le pape demande à Palestrina de diriger le chœur de la Sixtine. Borromeo se repent, Palestrina lui pardonne, Ighino étreint son père et le compositeur s’assoit à l’orgue pour jouer.
Enregistrement(s)

Rafael Kubelík — 1973
Format : 3 CD (réédition de 4 LP, collection « 20th Century Classics »)
Label : Deutsche Grammophon
Référence : 427 417-2 (LP d’origine : 2711 013)
Année d’enregistrement : 1973, Munich
Distribution :
- Palestrina : Nicolai Gedda, ténor
- Carlo Borromeo : Dietrich Fischer-Dieskau, baryton
- Pie IV : Karl Ridderbusch, basse
- Morone : Bernd Weikl, baryton
- Novagerio : Hermann Prey, baryton
- Ighino : Helen Donath, soprano
- Silla : Brigitte Fassbaender, mezzo-soprano
- Autres solistes (rôles non attribués) : Herbert Steinbach, Victor von Halem, John van Kesteren, Peter Meven, Friedrich Lenz, Adalbert Kraus, Franz Mazura, Gerd Nienstedt
Direction : Rafael Kubelík
Orchestre : Orchestre symphonique de la Radio bavaroise ; Chœur de la Radio bavaroise ; Tölzer Knabenchor
Langue : allemand
Particularité :
Enregistrement de studio réalisé à Munich. Durée : 3 h 26. L’édition originale s’accompagnait de textes de Helmut Grohe, Dietrich Fischer-Dieskau et Karl Schumann, et d’un livret traduit en anglais et en français.
Postérité :
Œuvre emblématique du répertoire allemand du XXe siècle, conservatrice dans son langage, qui a suscité des études sur sa politique et sur sa réception sous le régime nazi. D’autres enregistrements existent : une version en direct de 1951 (Robert Heger, avec Julius Patzak et Hans Hotter), une de 1952 à Cologne (Richard Kraus, avec Patzak, Hotter et Fischer-Dieskau) et une captation de Berlin de 1986-1988 (Otmar Suitner, avec Peter Schreier).

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