Format :
- Tragédie en musique (Orff parle de « Vertonung », mise en musique), qui fonctionne comme un opéra de près de deux heures et demie.
- Musique : Carl Orff.
- Livret : traduction allemande (1804) de l’Antigone de Sophocle par Friedrich Hölderlin, mise en musique vers par vers.
- Langue : allemand.
Création :
9 août 1949, Felsenreitschule, Festival de Salzbourg, sous la direction de Ferenc Fricsay, avec Res Fischer (Antigonae), Maria von Ilosvay (Ismène), Hermann Uhde (Créon), Lorenz Fehenberger (Hémon), Hilde Zadek (Eurydice), Helmut Krebs (le garde), Ernst Haefliger (Tirésias) et Josef Greindl (le messager).
L’effectif orchestral est inhabituel : une section de percussions de dix à quinze exécutants, dont certains jouent des instruments Orff-Schulwerk, six pianos à queue et des xylophones qui tiennent le rôle des cordes de l’orchestre classique viennois, tandis que flûtes, hautbois, trompettes et contrebasses sont employés pour des timbres presque exotiques aux moments dramatiques. Les cordes sont par endroits frappées avec des baguettes ou un plectre ; l’orchestre doit être caché au public.
Livret :
Orff considérait la traduction de Hölderlin, qui suit de près l’esprit et le mouvement de l’original grec (442 av. J.-C.), non comme un livret classique mais comme la base d’une « transformation musicale » du langage tragique du drame. Son style tardif réduit fortement les structures de hauteurs au profit de motifs rythmiques ; la déclamation des voix devient le principal vecteur de l’action dramatique, tandis que de grands chœurs construisent des paysages sonores à partir de timbres très individualisés.
Intrigue :
- Argument : Au petit matin, à Thèbes, après la bataille où les frères Étéocle et Polynice ont trouvé la mort. Créon, nouveau roi, interdit d’enterrer Polynice. Antigone brave l’interdit, est prise et condamnée à être emmurée vivante, bien qu’elle soit fiancée à Hémon, fils de Créon. Le devin aveugle Tirésias avertit que les dieux désapprouvent : Créon révoque l’ordre et va enterrer Polynice. Antigone s’est déjà pendue ; Hémon attaque son père puis se tue. Eurydice, épouse de Créon, se donne la mort en apprenant ces morts. Créon reste le seul protagoniste vivant à la fin.
Enregistrement(s) :

Georg Solti — 1951
Format : 2 CD (parus en 1995)
Label : Orfeo (collection Orfeo d’Or)
Référence : 407952 I
Année d’enregistrement : 12 janvier 1951 (enregistrement public, Prinzregententheater, Munich).
Distribution :
- Antigonae : Christel Goltz
- Ismène : Irmgard Barth
- Créon : Hermann Uhde, baryton
- Hémon : Karl Ostertag
- Un garde : Paul Kuën
- Tirésias : Ernst Haefliger, ténor
- Un messager : Kurt Böhme
- Eurydice : Marianne Schech
- Coryphée : Benno Kusche
Direction : Georg Solti
Orchestre : Orchestre de l’Opéra d’État de Bavière (Bayerische Staatsoper)
Langue : allemand
Particularité :
Captation en public à l’Opéra d’État de Bavière, deux ans après la création salzbourgeoise, avec Hermann Uhde dans le rôle de Créon et Ernst Haefliger dans celui de Tirésias, tous deux déjà présents à Salzbourg en 1949.
Postérité :
Des trois opéras d’Orff inspirés de l’Antiquité grecque, Antigonae est celui qui s’est le mieux maintenu au répertoire. La critique y voit une voie originale pour le théâtre musical d’avant-garde après 1950, et l’intérêt pour l’œuvre a grandi ces vingt dernières années, en partie par ses affinités avec la musique minimaliste.

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