Format :
- Opéra romantique suédois en quatre actes.
- Musique : Per August Ölander (1824-1886).
- Livret : Ernst Wallmark et Ludvig Josephson, d’après la pièce du même nom de Josephson.
- Langue : suédois.
Création :
Fin avril 1876 (le 25 ou le 26 selon les sources), Opéra royal (Stora teatern), Stockholm.
Ölander, fonctionnaire des douanes, violoniste, critique et compositeur, avait alors cinquante-deux ans. Blenda est le premier de ses deux ouvrages lyriques (le second est l’opérette en un acte Mäster Placide och hans elev, 1879). Le roi Oscar II lui décerna un prix d’opéra pour l’ouvrage. Le compositeur et ses librettistes ne s’entendirent pas : une note de mars 1875 sur le livret dégage la responsabilité des auteurs à l’égard des « fantaisies poétiques et changements indéfendables » opérés par Ölander, et un quatrième acte comportant une scène de tribunal fut supprimé juste avant la création (certaines sources décomptent ainsi cinq actes à l’origine). Le rôle-titre fut créé par Louise Pyk, avec Oscar Arnoldson (Harald), Harald Torslow (Johan) et Sven Lundvik (le roi Sverker).
Livret :
Le livret de Wallmark et Josephson s’inspire de la légende de Blenda, héroïne populaire de la province du Småland qui, selon la tradition, aurait conduit une armée de femmes contre les envahisseurs danois pendant que les hommes étaient partis combattre en Norvège ; les librettistes revendiquaient d’ailleurs la comparaison avec Jeanne d’Arc (l’ouvrage est présenté comme librement inspiré de La Pucelle d’Orléans de Schiller). L’action est située dans la Suède du roi Sverker, au XIIe siècle, face à la menace danoise. La musique doit beaucoup à Meyerbeer, mêlée à l’opéra italien du début du XIXe siècle, au style des conservatoires austro-allemands et à des mélodies de couleur populaire rappelant le Freischütz de Weber.
Intrigue :
- Résumé général : Les Suédois luttent pour leur libération contre des Danois plus puissants. Le prince Johan, fils du roi Sverker, attise le conflit en enlevant une noble danoise et méprise les femmes qui combattent, a fortiori qui commandent. Blenda défie ces préjugés et, dans un moment digne de Jeanne d’Arc, saisit une épée pour mener les troupes. Johan est lapidé par la foule suédoise. Au cours du combat, Harald, voulant frapper le chef danois Nils Dotta, blesse mortellement Blenda, qui s’est jetée entre les deux hommes. Sa mort pousse les deux nations à déposer les armes et à faire la paix. (Aucun synopsis détaillé acte par acte n’a été trouvé dans les sources consultées.)
Enregistrement :

Michael Bartosch — 2019
Format : 2 CD (environ 136 minutes) ; vol. 8 de la série « The Romantic Opera in Sweden », première mondiale, édition critique d’Anders Wiklund.
Label : Sterling.
Référence : CDO 1118 (parution le 3 mai 2019).
Année d’enregistrement : Berwaldhallen, Stockholm — enregistrement radiophonique réalisé en 1997 (sessions s’étendant jusqu’en 2000 selon une source), resté inédit jusqu’à sa publication en 2019.
Distribution :
- Blenda : Karin Ingebäck, soprano
- Harald : Mattias Ermedahl, ténor
- Johan (fils du roi Sverker) : Lars-Erik Jonsson, ténor
- Le Cardinal : Stig Tysklind, basse
- Le roi Sverker : Jesper Taube, baryton
- Nils Dotta (chef danois) : Fredrik Zetterström, baryton
- Le roi Sven Grate : Mikael Axelsson, baryton
- Le chevalier Karl : Ragnar Bohlin, ténor
- L’évêque : Ragnar Bodén, basse
Direction : Michael Bartosch.
Orchestre : Orchestre symphonique de la Radio suédoise ; Chœur de la Radio suédoise.
Langue : suédois.
Particularité :
Première et seule version enregistrée de l’ouvrage, longtemps conservée dans les archives de la radio. Le critique Ralph P. Locke y trouve une musique « bien faite et engageante », volontiers régulière dans ses phrasés mais agréablement conventionnelle, et salue en particulier la Blenda de Karin Ingebäck, à la voix pure et claire, dans une interprétation idiomatique et experte. Il juge en revanche le livret d’accompagnement instructif mais trop bref, et ses traductions anglaises fautives.
Postérité :
Malgré son prix royal, Blenda n’obtint qu’un succès public limité : la presse (Aftonbladet, Illustrerad tidning) se montra sévère envers le livret, et l’ouvrage ne fut donné que seize fois de plus avant 1879, avec Louise Pyk puis Amalia Riégo dans le rôle-titre. Il tomba ensuite dans l’oubli, mais sa réputation s’est améliorée avec le temps : Alfred Rundberg cite Ölander, avec Ivar Hallström et Franz Berwald, parmi les trois musiciens avertis ayant écrit pour la scène lyrique suédoise. Une réévaluation en 2002 dans Svenska Dagbladet annonçait que l’opéra « reprenait vie », avant sa publication au disque en 2019 dans la série « The Romantic Opera in Sweden ».

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