Note personnelle : ,

Offenbach, Jacques — Orphée aux enfers (1858)

Format :

  • Opéra bouffon en deux actes et quatre tableaux (version de 1858) ; remanié en 1874 en « opéra féerie » en quatre actes.
  • Musique : Jacques Offenbach.
  • Livret : Hector Crémieux et Ludovic Halévy.
  • Langue : français.

Création :

21 octobre 1858, Théâtre des Bouffes-Parisiens (salle Choiseul), Paris, sous la direction d’Offenbach, avec Léonce (Pluton/Aristée), Désiré (Jupiter), Henri Tayau (Orphée), Lise Tautin (Eurydice), Marguerite Macé-Montrouge (l’Opinion publique), Bache (John Styx), J. Paul (Mercure), Chabert (Diane), Marie Garnier (Vénus), Coralie Geoffroy (Cupidon) et Marie Cico (Minerve).
La version remaniée en quatre actes est créée le 7 février 1874 au Théâtre de la Gaîté, sous la direction d’Albert Vizentini.

Livret :

Le livret, signé de Hector Crémieux, est en réalité écrit avec Ludovic Halévy, alors haut fonctionnaire, qui y collabora anonymement. Il tourne en dérision la légende d’Orphée et d’Eurydice : Orphée n’est pas le fils d’Apollon mais un modeste professeur de violon de province, trop heureux d’être débarrassé de sa femme.

Intrigue :

  • Acte I : L’Opinion publique, gardienne de la morale, rappelle qu’Orphée n’est pas le fils d’Apollon. Orphée et Eurydice se détestent ; Eurydice aime le berger Aristée, qui n’est autre que Pluton. Celui-ci la fait mordre par un serpent et l’emporte aux Enfers, puis l’Opinion publique contraint Orphée à partir à sa recherche. Sur l’Olympe, les dieux s’ennuient et se querellent avec Jupiter, qui a lui-même ses aventures. Orphée arrive, feignant le chagrin, flanqué de l’Opinion publique ; Jupiter, ravi d’être débarrassé du problème de Pluton, se met en route pour les Enfers.
  • Acte II : Aux Enfers, John Styx, geôlier d’Eurydice, chante son royaume perdu. Jupiter entre par le trou de la serrure sous la forme d’une mouche et courtise Eurydice en lui promettant son aide, laissant Pluton furieux. Les dieux donnent une fête endiablée, où Eurydice paraît déguisée en bacchante et où éclate le « Galop infernal ». Orphée arrive et on lui interdit de se retourner ; lorsqu’il le fait, Eurydice disparaît. Jupiter la confie à Bacchus, l’Opinion publique est mécontente, Pluton satisfait, et l’histoire s’achève en bon ordre.

Enregistrement(s) :

Willy Mattes — 1978

Format : 2 CD
Label : EMI Classics (EMI Electrola)
Référence : CMS 5 65384 2 (LP : EMI Electrola 1C 157-30802/03)
Année d’enregistrement : 1978 (studio) ; remastérisation numérique de 1988.
Distribution :

  • Pluton / Aristée (Pluto / Aristeus) : Ferry Gruber, ténor
  • Jupiter : Benno Kusche, baryton
  • John Styx (Hans Styx) : Theo Lingen
  • Mercure (Merkur) : Gerd W. Dieberitz
  • Orphée (Orpheus) : Adolf Dallapozza, ténor
  • Eurydice (Eurydike) : Anneliese Rothenberger, soprano
  • Cupidon (Cupido) : Brigitte Lindner
  • Diane (Diana) : Grit van Jüten
  • Vénus : Kari Lövaas
  • L’Opinion publique (Die öffentliche Meinung) : Gisela Litz
  • Violon solo : Erwin Ramor

Direction : Willy Mattes
Orchestre : Philharmonia Hungarica ; Chor der Kölner Oper (chef de chœur : Hans Wolfgang Schmitz)
Langue : allemand

Particularité :

Version allemande (« Orpheus in der Unterwelt »), présentée comme un opéra bouffe en deux actes (quatre tableaux), avec le comédien Theo Lingen en John Styx et Anneliese Rothenberger en Eurydice. Le coffret comprend deux disques de 62 min 30 s et 28 min 35 s.

Michel Plasson — 1979

Format : 2 CD
Label : EMI Classics
Référence : CDS 7 49647 2
Année d’enregistrement : 1979 (remastérisation numérique de 1987).
Distribution :

  • L’Opinion publique : Jane Rhodes, mezzo-soprano
  • Un licteur : Hugues Brambilla
  • Eurydice : Mady Mesplé, soprano
  • Orphée : Michel Sénéchal, ténor
  • Aristée / Pluton : Charles Burles, ténor
  • Vénus : Michèle Command
  • Cupidon : Jane Berbié
  • Mars : Jean-Philippe Lafont
  • Jupiter : Michel Trempont, baryton
  • Diane : Michèle Pena
  • Junon : Danièle Castaing
  • Mercure : André Mallabrera
  • John Styx : Bruce Brewer
  • Minos : Jean-Claude Bonnafous
  • Éaque : Roger Trentin
  • Rhadamante : Henry Amiel
  • Rôles parlés : l’Huissier : Jean Bussard ; Minos : André Batisse ; un policeman : Jacqueline Vallière
  • Rôle aboyé : Cerbère : André Valdeneige

Direction : Michel Plasson
Orchestre : Orchestre et chœurs du Capitole de Toulouse ; Les Petits Chanteurs à la Croix Potencée
Langue : français

Particularité :

Enregistrement de la version remaniée de 1874, présentée sur la pochette comme un « opéra-féerie en 4 actes et 12 tableaux » sur un livret de Hector Crémieux et Ludovic Halévy (éditions Heugel). Les deux disques durent 68 min 49 s et 71 min 18 s.

Marc Minkowski — 1997

Format : 2 CD
Label : EMI Classics
Référence : CDS 5 56725-2 (parue en 1998)
Année d’enregistrement : 1997 (Lyon).
Distribution :

  • Pluton / Aristée : Jean-Paul Fouchécourt, ténor
  • Jupiter : Laurent Naouri, baryton
  • John Styx : Steven Cole, ténor
  • Mercure : Étienne Lescroart
  • Orphée : Yann Beuron, ténor
  • Eurydice : Natalie Dessay, soprano
  • Cupidon : Patricia Petibon, soprano
  • Diane : Jennifer Smith, soprano
  • L’Opinion publique : Ewa Podleś, contralto
  • Junon : Lydie Pruvot
  • Vénus : Véronique Gens, soprano
  • Minerve : Virginie Pochon

Direction : Marc Minkowski
Orchestre : Orchestre de l’Opéra national de Lyon ; Orchestre de chambre de Grenoble ; Chœur de l’Opéra national de Lyon
Langue : français

Particularité :

Enregistrement de la partition de 1858 enrichie de plusieurs ajouts de la version de 1874. La même production lyonnaise a été publiée en DVD (ArtHaus Musik) avec quelques changements de distribution ; un critique y salue tout particulièrement la Eurydice de Natalie Dessay et le « Rondeau des métamorphoses ».

Postérité :

La création de 1858 reste à l’affiche pendant 228 représentations, et Napoléon III assiste à une représentation de commande en 1860. L’œuvre suscite une polémique lorsque Jules Janin, dans le Journal des débats, y dénonce une « profanation de l’antiquité sainte et glorieuse », ce à quoi Crémieux répond dans Le Figaro ; la querelle attire la foule. La révision de 1874 à la Gaîté, doublant la partition, tient 290 représentations. Dans les années 1890, le Moulin Rouge et les Folies Bergère adoptent le « Galop infernal » comme musique de french cancan, auquel il reste associé.

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