Format :
- Opéra fantastique en un prologue, trois actes (ou quatre selon les éditions) et un épilogue.
- Musique : Jacques Offenbach (1819-1880), orchestration achevée par Ernest Guiraud.
- Livret : Jules Barbier, d’après le drame Les Contes fantastiques d’Hoffmann de Jules Barbier et Michel Carré (1851).
- Langue : français (dialogues parlés ou récitatifs selon les éditions).
Création :
10 février 1881, Opéra-Comique (salle Favart), Paris, sous la direction de Jules Danbé.
Offenbach meurt le 5 octobre 1880, quatre mois avant la création, laissant l’ouvrage inachevé ; il avait écrit à Léon Carvalho : « Hâtez-vous de monter mon opéra. » Guiraud termine l’orchestration, et la version de 1881 est donnée sans l’acte de Venise. Jean-Alexandre Talazac créa Hoffmann, Zoé Molé-Truffier la Muse, Marguerite Ugalde Nicklausse, Émile-Alexandre Taskin les quatre rôles diaboliques et Adèle Isaac Stella. Une version viennoise en quatre actes avec récitatifs est donnée au Ringtheater le 7 décembre 1881 ; l’édifice est détruit par un incendie peu après. À Paris, la centième représentation eut lieu le 15 décembre 1881.
Livret :
Jules Barbier s’inspire de trois nouvelles d’E. T. A. Hoffmann : Der Sandmann (acte d’Olympia), Rath Krespel (acte d’Antonia) et Das verlorene Spiegelbild (acte de Giulietta), auxquelles s’ajoute Klein Zaches pour la chanson de Kleinzach. L’ordre des actes varie selon les éditions : celle de Choudens place Antonia avant Giulietta, tandis que les éditions Oeser et Kaye placent Giulietta avant Antonia. L’éditeur Choudens publia au moins quatre partitions divergentes en 1881 et 1882 ; l’édition Oeser (1976) et l’édition Kaye (1992) tentent de restituer l’état initial de la partition.
Intrigue :
- Prologue (Nuremberg) : dans une taverne, la Muse, sous l’apparence de Nicklausse, veut détourner le poète Hoffmann de ses amours pour le reprendre à elle. La cantatrice Stella, qui chante Don Giovanni, lui donne rendez-vous ; mais le conseiller Lindorf intercepte le billet et prend sa place. Hoffmann raconte alors à ses compagnons les trois amours de sa vie.
- Acte d’Olympia (Paris) : Hoffmann s’éprend d’Olympia, automate créé par le physicien Spalanzani. Coppélius lui vend des lunettes magiques qui lui font prendre la poupée pour une jeune fille. Hoffmann brise ses lunettes, Coppélius détruit Olympia et le poète comprend qu’il aimait un automate.
- Acte de Giulietta (Venise) : la courtisane Giulietta séduit Hoffmann pour le compte du magicien Dapertutto, qui veut lui voler son reflet. Schlémil est tué en duel ; Giulietta abandonne Hoffmann.
- Acte d’Antonia (Munich) : Crespel interdit à sa fille Antonia de chanter, à cause d’une maladie. Hoffmann s’introduit chez elle ; le docteur Miracle persuade Antonia de chanter, ce qui la tue. Crespel accuse Hoffmann, que Nicklausse sauve.
- Épilogue (Nuremberg) : Hoffmann, ivre, affirme que Stella, Olympia, Antonia et Giulietta sont les facettes d’une même femme. La Muse reprend le poète pour elle, tandis que Stella repart avec Lindorf.
Enregistrement(s) :

Richard Bonynge — 1972
Format : 2 CD (édition ADRM)
Label : Decca
Référence : 417 363-2
Année d’enregistrement : 1971-1972 (selon les sources).
Distribution :
- Hoffmann : Plácido Domingo, ténor
- Stella, Olympia, Giulietta, Antonia : Joan Sutherland, soprano
- Lindorf, Coppélius, Dapertutto, Miracle : Gabriel Bacquier, baryton
- Nicklausse / La Muse : Huguette Tourangeau, mezzo-soprano
- Andrès, Cochenille, Pitichinaccio, Frantz : Hugues Cuénod, ténor
Direction : Richard Bonynge
Orchestre : Orchestre de la Suisse Romande ; chœurs du Brassus, Pro Arte de Lausanne et de la Radio suisse romande
Langue : français
Particularité :
Joan Sutherland chante les quatre héroïnes, Gabriel Bacquier les quatre rôles diaboliques, et Plácido Domingo est un jeune Hoffmann. Un critique de MusicWeb International, qui compare plusieurs versions, déclare préférer encore cette version Bonynge, jugée plus caractérisée, à celle de Nagano.

Julius Rudel — 1972
Format : 2 CD (72’06 + 77’21)
Label : Deutsche Grammophon / Westminster – The Legacy (réédition 2002 d’un enregistrement ABC Records)
Référence : 471 247-2
Année d’enregistrement : 1972 (℗ 1972), réédition remasterisée en 96 kHz/24 bits.
Distribution :
- Hoffmann : Stuart Burrows, ténor
- Olympia, Giulietta, Antonia, Stella : Beverly Sills, soprano
- Lindorf, Coppélius, Dapertutto, Miracle : Norman Treigle, basse-baryton
- Nicklausse / La Muse : Susanne Marsee, mezzo-soprano
- Andrès, Spalanzani, Pitichinaccio, Frantz : Nico Castel, ténor
- Crespel : Robert Lloyd, basse
- La voix de la mère d’Antonia : Patricia Kern, soprano
- Hermann, Schlémil : Raimund Herincx
- Nathanaël, Cochenille : Bernard Dickerson
- Luther : John Noble
Direction : Julius Rudel
Orchestre : London Symphony Orchestra ; John Alldis Choir
Langue : français
Particularité :
Beverly Sills tient les quatre rôles féminins, dont l’automate Olympia, et Norman Treigle les quatre figures diaboliques. Dans cette version, l’acte de Giulietta précède celui d’Antonia. Le livret de la réédition précise que l’opéra est un « opéra fantastique en quatre actes et un épilogue ».

Heinz Wallberg — 1979
Format : 2 CD (79’10 + 71’37)
Label : EMI Classics (réédition Warner Classics – Cologne Collection)
Référence : 50999 9 12305 2 2
Année d’enregistrement : mars 1979, Bayerischer Rundfunk, Munich.
Distribution :
- Hoffmann : Siegfried Jerusalem, ténor
- Olympia : Jeanette Scovotti, soprano
- Giulietta : Norma Sharp, soprano
- Antonia : Julia Varady, soprano
- Stella : Gisela Schunk, soprano
- Nicklausse / La Muse : Ilse Gramatzki, mezzo-soprano
- Lindorf, Coppélius, Dapertutto, Miracle : Dietrich Fischer-Dieskau, baryton
- Andrès, Cochenille, Pitichinaccio, Frantz : Friedrich Lenz, ténor
- Crespel : Kurt Moll, basse
- La voix de la mère d’Antonia : Hanna Schwarz, mezzo-soprano
- Avec aussi : Klaus Hirte
Direction : Heinz Wallberg
Orchestre : Münchner Rundfunkorchester ; Chor des Bayerischen Rundfunks
Langue : allemand (Hoffmanns Erzählungen, version intégrale en langue allemande)
Particularité :
Seule version chantée en allemand parmi ces enregistrements. Elle suit l’édition Guiraud, qui inverse les actes de Giulietta et d’Antonia, ce que le critique de MusicWeb International suggère de corriger en changeant l’ordre des disques. Il juge l’humour de l’œuvre presque absent, mais le sentiment d’un tout dramatique bien présent, avec une mention spéciale pour Siegfried Jerusalem et Dietrich Fischer-Dieskau ; l’orchestre et le chœur lui paraissent parfois lourds.

Georges Prêtre — 1981
Format : DVD
Label : Kultur
Référence : 06301 93922 (selon Wikipédia, édition Warner Music)
Année d’enregistrement : 1981 (Royal Opera House, Covent Garden, Londres)
Distribution :
- Hoffmann : Plácido Domingo, ténor
- Olympia : Luciana Serra, soprano
- Giulietta : Agnes Baltsa, mezzo-soprano
- Antonia : Ileana Cotrubaș, soprano
- Stella : Deanne Bergsma
- Coppélius : Geraint Evans, baryton
- Dapertutto : Siegmund Nimsgern
- Lindorf : Robert Lloyd, basse
- Miracle : Nicolai Ghiuselev, basse
- Nicklausse / La Muse : Claire Powell, mezzo-soprano
Direction : Georges Prêtre
Orchestre : Orchestre et chœurs du Royal Opera House, Covent Garden
Langue : français
Particularité :
Représentation scénique captée en direct à Covent Garden, avec Plácido Domingo en Hoffmann. Chacune des quatre héroïnes (Stella, Olympia, Giulietta, Antonia) et chacun des quatre rôles diaboliques (Lindorf, Coppélius, Dapertutto, Miracle) est confié à un interprète différent.

Sylvain Cambreling — 1988
Format : 3 CD (Oeser Edition)
Label : EMI Classics
Référence : 358613-2 (CDS)
Année d’enregistrement : 1988, Théâtre de la Monnaie, Bruxelles.
Distribution :
- Hoffmann : Neil Shicoff, ténor
- Olympia : Luciana Serra, soprano
- Giulietta : Jessye Norman, soprano
- Antonia : Rosalind Plowright, soprano
- Lindorf, Coppélius, Dapertutto, Miracle : José van Dam, basse-baryton
- Nicklausse / La Muse : Ann Murray, mezzo-soprano
- Andrès, Cochenille, Frantz, Pitichinaccio : Robert Tear, ténor
Direction : Sylvain Cambreling
Orchestre : Orchestre symphonique et chœurs du Théâtre de la Monnaie, Bruxelles
Langue : français
Particularité :
Enregistrement EMI de l’édition Oeser (1976), publié dans la collection « Oeser Edition ». Il distribue trois sopranos distinctes pour les trois héroïnes, dont Jessye Norman en Giulietta, et confie les quatre rôles diaboliques à José van Dam.

Seiji Ozawa — 1989
Format : 2 CD (livret en français, anglais, allemand et italien)
Label : Deutsche Grammophon
Référence : 427 682-2
Année d’enregistrement : 1986-1988 (selon les sources) ; ℗ 1989. Coproduction avec Radio France.
Distribution :
- Hoffmann : Plácido Domingo, ténor
- Olympia, Antonia, Giulietta : Edita Gruberová, soprano
- Nicklausse / La Muse : Claudia Eder, mezzo-soprano
- Lindorf : Andreas Schmidt, baryton
- Coppélius : Gabriel Bacquier, baryton
- Miracle : James Morris, basse-baryton
- Dapertutto : Justino Díaz, basse
- Andrès : Robert Gambill, ténor
- Cochenille, Pitichinaccio : Paul Crook, ténor
- Frantz : Michel Sénéchal, ténor
- La voix de la mère d’Antonia : Christa Ludwig, mezzo-soprano
- Nathanaël : Robin Leggate, ténor
- Spalanzani : Gérard Friedmann, ténor
- Hermann : Urban Malmberg, baryton
- Schlémil : Richard Van Allan, basse
- Luther : Kurt Rydl, basse
- Crespel : Harald Stamm, basse
- Une voix de basse : Paul Mahé
Direction : Seiji Ozawa
Orchestre : Orchestre national de France ; Chœurs de Radio France (chef de chœur : Jacques Jouineau)
Langue : français
Particularité :
Plácido Domingo retrouve le rôle d’Hoffmann qu’il avait déjà enregistré sous la direction de Bonynge ; Edita Gruberová chante seule les trois grandes héroïnes (Olympia, Antonia, Giulietta), et les quatre rôles diaboliques sont répartis entre quatre chanteurs, dont Gabriel Bacquier, déjà présent chez Bonynge.

Kent Nagano — 1996
Format : 3 CD
Label : Erato
Référence : 0630-14330-2
Année d’enregistrement : 1994-1996, Opéra national de Lyon.
Distribution :
- Hoffmann : Roberto Alagna, ténor
- Olympia : Natalie Dessay, soprano
- Giulietta : Sumi Jo, soprano
- Antonia : Leontina Vaduva, soprano
- Stella : Juanita Lascarro, soprano
- Nicklausse / La Muse : Catherine Dubosc, mezzo-soprano
- Lindorf, Coppélius, Dapertutto, Miracle : José van Dam, basse-baryton
- Andrès, Cochenille, Frantz, Pitichinaccio : Gilles Ragon, ténor
- Spalanzani : Michel Sénéchal, ténor
- Crespel : Gabriel Bacquier, baryton
Direction : Kent Nagano
Orchestre : Orchestre et Chœur de l’Opéra national de Lyon
Langue : français
Particularité :
Première intégrale discographique de la version « grand opéra » établie par Michael Kaye, avec récitatifs chantés au lieu de dialogues parlés. Le critique Ralph Moore trouve Alagna en grande forme, au chant « passionné et résonnant », avec un si bémol remarquable dans l’acte d’Olympia ; il regrette que José van Dam chante les quatre rôles diaboliques, ce qui contrarie l’idée d’Offenbach d’avoir trois incarnations féminines, et trouve certains tempi de Nagano trop rapides. Il préfère toutefois, à cette version, celle de Bonynge.

Frédéric Chaslin — 2005
Format : 2 DVD
Label : Dynamic
Référence : 33470
Année d’enregistrement : 2004 (festival du Sferisterio de Macerata, selon le distributeur)
Distribution :
- Hoffmann : Vincenzo La Scola, ténor
- Lindorf, Coppélius, Dapertutto, Miracle : Ruggero Raimondi, basse
- Olympia : Désirée Rancatore, soprano
- Giulietta : Sara Allegretta
- Antonia : Annalisa Raspagliosi
Direction : Frédéric Chaslin
Orchestre : Orchestra Filarmonica Marchigiana, Chorus Lirico Marchigiano V. Bellini
Langue : non précisée dans les sources consultées
Particularité :
Mise en scène, décors et costumes de Pier Luigi Pizzi, dans le cadre du festival du Sferisterio de Macerata. Ruggero Raimondi y tient les quatre rôles diaboliques. Le distributeur ne précise pas quelle version de la partition est utilisée.

Patrick Davin — 2008
Format : 2 DVD (171 min, bonus de 26 min), vidéo NTSC 16/9, région 0 ; sous-titres en français, anglais, allemand, espagnol
Label : Bel Air Classiques
Référence : BAC049 (EDV 1681)
Année d’enregistrement : octobre 2008, Grand Théâtre de Genève (captation HD) ; publié en 2009-2010.
Distribution :
- Hoffmann : Marc Laho, ténor
- La Muse / Nicklausse : Stella Doufexis, mezzo-soprano
- Lindorf, Coppélius, Miracle, Dapertutto : Nicolas Cavallier
- Andrès, Cochenille, Frantz, Pitichinaccio : Éric Huchet
- Olympia : Patricia Petibon, soprano
- Antonia : Rachel Harnisch, soprano
- Giulietta : Maria Riccarda Wesseling, mezzo-soprano
- La voix de la mère d’Antonia : Nadine Denize
- Spalanzani : Francisco Vas
- Schlémil : Bernard Deletré
- Luther : René Schirrer
- Crespel : Gilles Cachemaille
- Nathanaël : Bisser Terziyski
- Hermann : Romaric Braun
- Stella : Delphine Beaulieu
Direction : Patrick Davin
Orchestre : Orchestre de la Suisse Romande ; Chœur du Grand Théâtre de Genève (chef de chœur : Ching-Lien Wu) ; Chœur Orpheus de Sofia (chef de chœur : Krum Maximov)
Langue : français
Particularité :
Seule version vidéo parmi ces enregistrements, dans la mise en scène d’Olivier Py (décors et costumes de Pierre-André Weitz, réalisation de Philippe Béziat) et la version Fritz Oeser en cinq actes. La critique a salué une mise en scène « intense » et créative, avec ascenseurs, scènes tournantes, jets de feu et une nudité omniprésente reliant Éros et Thanatos ; Patricia Petibon en Olympia inquiétante plutôt que mignonne, Nicolas Cavallier dans ses quatre rôles et Rachel Harnisch (Antonia) ont été particulièrement remarqués, Marc Laho étant jugé compétent mais peu caractérisé. Note de la critique : 4,5 étoiles sur 5.

Sylvain Cambreling — 2015
Format : DVD (existe aussi en Blu-ray, BAC424)
Label : Bel Air Classiques
Référence : BAC124
Année d’enregistrement : mai 2014 (Teatro Real, Madrid) ; DVD publié en 2015
Distribution :
- Hoffmann : Eric Cutler, ténor
- Nicklausse / La Muse : Anne Sofie von Otter, mezzo-soprano
- Lindorf, Coppélius, Miracle, Dapertutto : Vito Priante, baryton
- Andrès, Cochenille, Frantz, Pitichinaccio : Christoph Homberger, ténor
- Olympia : Ana Durlovski, soprano
- Antonia, Giulietta : Measha Brueggergosman, soprano
- Stella : Altea Garrido
- Maître Luther, Crespel : Jean-Philippe Lafont, baryton
Direction : Sylvain Cambreling
Orchestre : Orchestre et chœur du Teatro Real de Madrid
Langue : sous-titres en anglais, français, allemand et espagnol
Particularité :
Nouvelle version établie par Sylvain Cambreling et Christoph Marthaler, dans une mise en scène de Marthaler (décors et costumes d’Anna Viebrock), production du Teatro Real en coproduction avec l’Opéra de Stuttgart. Une même interprète chante Antonia et Giulietta, et un seul chanteur les quatre rôles diaboliques.
Postérité :
Les Contes d’Hoffmann n’ont cessé d’évoluer au fil des éditions : la partition de 1881 fut longtemps jouée sans l’acte de Giulietta ; la version Oeser, publiée en 1976, fut donnée intégralement pour la première fois à Reims en 1983 et enregistrée par EMI en 1988 ; Michael Kaye publia son édition en 1992 (créée à Los Angeles en 1988), et une édition critique commune Kaye-Keck parut en 2011. À Paris, les parties d’orchestre furent détruites dans l’incendie de l’Opéra-Comique en 1887 ; l’ouvrage fut repris à la Renaissance en 1893, puis dans la mise en scène d’Albert Carré en 1911, avec l’acte de Venise.

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