Note personnelle : ,

Offenbach, Jacques — Fantasio (1872)

Format :

  • Opéra-comique en 3 actes et 4 tableaux.
  • Musique : Jacques Offenbach.
  • Livret : Paul de Musset et Charles Nuitter, d’après la comédie d’Alfred de Musset (1834) ; Camille du Locle a collaboré au texte.
  • Langue : Français.

Création :

18 janvier 1872, à l’Opéra-Comique (Paris).
Offenbach écrit Fantasio juste après la guerre franco-prussienne, dans l’une des périodes les plus sombres de sa vie. Il y déploie une veine lyrique et romantique que ne laissaient guère attendre les bouffonneries des Bouffes-Parisiens ou des Variétés : l’œuvre est souvent décrite comme le chaînon manquant entre Les Fées du Rhin (1864) et Les Contes d’Hoffmann. Pensé d’abord pour le ténor Victor Capoul, le rôle-titre est finalement confié à la mezzo-soprano Célestine Galli-Marié, future Carmen, ce qui conduit le compositeur à remanier toute la partition, orchestration comprise. Accueillie dans un climat hostile à ce compositeur d’origine prussienne, l’œuvre ne reste que dix soirées à l’affiche ; une version viennoise, avec Marie Geistinger dans le rôle du bouffon, est donnée ensuite au Theater an der Wien.

Livret :

La pièce d’Alfred de Musset, écrite en 1834, est remaniée en 1866 par son frère Paul de Musset pour la Comédie-Française, avant d’être adaptée à la scène lyrique avec Charles Nuitter. Elle met en scène un jeune rêveur bourgeois qui se déguise en bouffon de cour pour approcher une princesse, dans une Munich de fantaisie.

Intrigue :

  • Acte I : Sur une place de Munich, la ville fête la paix, bientôt scellée par le mariage de la princesse Elsbeth avec le prince de Mantoue. Fantasio, étudiant endetté et mélancolique, chante une ballade à la lune ; la princesse, qui pleure Saint-Jean, le bouffon de la cour qu’elle chérissait, lui répond sans l’avoir vu. Lorsque passe le cortège funèbre du bouffon, Fantasio décide de se déguiser en lui pour approcher Elsbeth et échapper à ses créanciers. Le prince de Mantoue, de son côté, échange ses habits avec son aide de camp Marinoni pour sonder les sentiments de sa future épouse.
  • Acte II : Dans les jardins du palais, Elsbeth préfère songer à son bouffon disparu qu’à ce mariage. Le faux prince (Marinoni) et le faux aide de camp (le prince) se présentent, mais la rencontre est un échec. Fantasio, nouveau bouffon, amuse puis touche la princesse et lui promet que ce mariage de convenance n’aura pas lieu. Perché dans un arbre, il fait voler la perruque du faux prince : l’insulte rend le mariage impossible et il est emmené en prison.
  • Acte III : En prison, Fantasio reçoit la visite d’Elsbeth, qui lui annonce son mariage inévitable ; il se démasque, avoue n’être qu’un bourgeois de Munich amoureux, et elle lui donne la clef de son jardin et l’aide à s’évader. Sur la place, alors que Bavière et Mantoue sont sur le point de se déclarer la guerre, Fantasio, couronné « roi des fous » par les étudiants, plaide pour la paix et défie le prince en duel. Le prince renonce au mariage, le roi gracie Fantasio et le nomme prince, et Elsbeth lui demande de garder la clef du jardin.

Enregistrement(s)

Offenbach — Fantasio — Elder, Opera Rara (2013)

Elder — 2013

Format : CD (2 disques)
Label : Opera Rara
Référence : ORC351
Année d’enregistrement : Décembre 2013, Henry Wood Hall, Londres (dialogues enregistrés à St Jude’s Church, Hampstead Garden Suburb, Londres)
Distribution :

  • Fantasio : Sarah Connolly
  • La princesse Elsbeth : Brenda Rae
  • Le roi de Bavière : Brindley Sherratt
  • Le prince de Mantoue : Russell Braun
  • Marinoni, aide de camp du prince : Robert Murray
  • Sparck : Neal Davies
  • Flamel, page : Victoria Simmonds
  • Facio : Aled Hall
  • Hartmann : Gavan Ring
  • Un pénitent : Michael Burke
  • Max / Robert : Anthony Gardiner
  • Le tailleur et un passant : Sir Mark Elder
  • Le Suisse et Rutten : Nicholas Jenkins

Direction : Sir Mark Elder
Orchestre : Orchestra of the Age of Enlightenment (premier violon : Matthew Truscott) ; Opera Rara Chorus (chef de chœur : Renato Balsadonna)
Langue : Français

Particularité :
Enregistrement de studio publié par Opera Rara à la suite d’une exécution en concert au Royal Festival Hall de Londres, le 15 décembre 2013 ; le livret du coffret indique que la partition n’avait jamais été entendue en Grande-Bretagne avant cette soirée. Il suit la version de la création parisienne de 1872, telle que l’a reconstituée Jean-Christophe Keck (édition révisée Keck, Boosey & Hawkes / Bote & Bock), avec les dialogues parlés et, en complément, la ballade de Fantasio « Pleure, le ciel te voit », supprimée par Offenbach pendant les dernières répétitions. Production de Michael Haas ; les dialogues sont dirigés par Agathe Mélinand. Le chef Mark Elder y tient aussi le petit rôle du tailleur. L’enregistrement est dédié à la mémoire de Michael John Heathcote (1937-2014).

Postérité :

Après l’échec de 1872, la partition a longtemps circulé sous des formes incomplètes : la version viennoise, révisée et réorchestrée par les éditeurs Bote & Bock, a été diffusée par Radio Hambourg à la fin des années 1950 et a longtemps passé pour la seule version jouable, tandis que le matériel parisien (livret non publié ; partition d’orchestre non publiée, parties d’orchestre peut-être détruites dans l’incendie de l’Opéra-Comique de 1887) restait introuvable. La reconstitution de Jean-Christophe Keck a permis de retrouver la version de 1872. Fantasio est aujourd’hui considéré par ses défenseurs comme un chef-d’œuvre lyrique de l’opéra-comique selon Offenbach.

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *