Note personnelle : ,

Mysliveček, Josef — L’olimpiade (1778)

Format :

  • Dramma per musica (opera seria) en trois actes.
  • Musique : Josef Mysliveček (1737-1781), surnommé « il divino Boemo ».
  • Livret : Pietro Metastasio (L’Olimpiade, 1733).
  • Langue : italien.

Création :

4 novembre 1778, Teatro San Carlo, Naples (jour de la fête du saint patron du théâtre).
C’est le huitième opéra écrit par Mysliveček pour Naples, où il était depuis longtemps le favori du public et des directeurs du San Carlo. Il avait lui-même choisi les chanteurs des trois principaux rôles (Megacle, Aristea, Clistene), avec le célèbre castrat Luigi Marchesi en Megacle. Le succès fut très vif : la Gazzetta universale rapporta que le public avait salué le compositeur d’applaudissements extraordinaires, et le ténor Michael Kelly, alors à Naples, parle d’« un bon opéra, bien interprété ». L’air « Se cerca, se dice » de Marchesi souleva un véritable délire. L’œuvre ne semble pas avoir été reprise après les représentations napolitaines de 1778.

Livret :

Écrit à Vienne en 1733 pour la musique d’Antonio Caldara, le livret de Metastasio fut mis en musique par plus de cinquante compositeurs au XVIIIᵉ siècle (Vivaldi, Pergolesi, Leo, Galuppi, Hasse, Jommelli, Piccinni, Cimarosa, Paisiello…). Il entrelace les amours de jeunes Grecs sur fond des jeux olympiques d’Olympie (Élide), d’après Hérodote, Pausanias et Natale Conti. Mysliveček reste très fidèle au texte de Metastasio (peu d’airs supprimés) ; le fameux air « Se cerca, se dice », « plaisanterie » poétique de Metastasio avec ses trois strophes, est traité de façon très libre : deux strophes en tempo lent, la troisième (« Che abisso di pene ») agitée, avec une reprise da capo réduite aux seules paroles. L’ouvrage compte 23 numéros musicaux, dont une ouverture en trois mouvements, un seul duo (Aristea et Megacle, fin de l’acte I) et trois pages chorales.

Intrigue :

  • Acte I : Megacle arrive à Sicyone pour concourir aux Jeux olympiques sous le nom de son ami Licida, qui lui avait jadis sauvé la vie. Il ignore que Licida est épris d’Aristea, fille du roi Clistene, que le roi offre en mariage au vainqueur des jeux ; Aristea et Megacle s’aiment pourtant. Licida, qui ne sait rien de cet amour, lui confie l’enjeu, et Megacle, lié par sa promesse, doit concourir sous le nom de son ami. Argene, princesse crétoise jadis promise à Licida, arrive à Olympie déguisée en bergère sous le nom de Licori pour le reconquérir.
  • Acte II : Megacle remporte les jeux, avoue la vérité à Aristea et s’enfuit, désespéré. Lorsque le vrai Licida vient réclamer sa victoire, Aristea l’accable de reproches, ce qui désole Argene. Aminta, précepteur de Licida, annonce que Megacle s’est noyé ; le roi bannit Licida.
  • Acte III : Argene empêche Aristea de se donner la mort ; Megacle a en fait été sauvé par un pêcheur, tandis que Licida projette d’assassiner le roi. Aristea implore la pitié pour Licida, et Argene s’offre à sa place. Pour prouver sa naissance royale, elle montre à Clistene une chaîne donnée par Licida : le roi reconnaît en lui le fils qu’il avait abandonné enfant pour déjouer la prophétie de l’oracle. Licida épouse Argene, et sa sœur Aristea épouse Megacle.

Enregistrement(s) :

Von Dohnányi — 2012

Format : 2 CD (2 h 23), avec livret
Label : Bongiovanni (collection « Novità del Passato »)
Référence : GB 2469702
Année d’enregistrement : 23 et 25 novembre 2012, Teatro Comunale, Bologne (live, en collaboration avec la Scuola dell’Opera Italiana ; publié en 2014)
Distribution :

  • Clistene : Yasushi Watanabe, ténor
  • Aristea : Erika Tanaka, soprano
  • Argene : Maria Teresa Leva, soprano
  • Licida : Carlo Vistoli, contre-ténor
  • Megacle : Pervin Chakar, soprano
  • Alcandro : Saltan Akhmetova, mezzo-soprano
  • Aminta : Pasquale Scircoli, ténor

Direction : Oliver von Dohnányi
Orchestre : Orchestra del Teatro Comunale di Bologna
Chœur : Coro del Teatro Comunale di Bologna
Langue : italien

Particularité :

Première exécution scénique de l’ouvrage à l’époque moderne, donnée à Bologne par la Scuola dell’Opera Italiana. L’édition critique, due à Marco Beghelli avec Michele Vannelli, repose sur les deux seuls manuscrits du XVIIIᵉ siècle conservés, à la bibliothèque du Conservatoire San Pietro a Majella de Naples et à la Biblioteca da Ajuda de Lisbonne. Le rôle de Megacle, écrit pour le castrat Marchesi, est confié à un soprano féminin, et celui de Licida à un contre-ténor.

Postérité :

Redécouvert à Bologne en 2012, L’Olimpiade de Mysliveček a depuis connu plusieurs nouvelles productions en Europe (Prague, Caen, Luxembourg, Dijon…). Mysliveček, que Mozart comptait parmi ses modèles stylistiques, y illustre le style napolitain de la fin du siècle, fondé sur la simplicité expressive du chant solo, soutenu par un orchestre brillant et léger.

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