Note personnelle : ,

Mysliveček, Josef — Il Bellerofonte (1767)

Format :

  • Dramma per musica (opera seria) en trois actes.
  • Musique : Josef Mysliveček (1737-1781).
  • Livret : Giuseppe Bonecchi, d’après le mythe de Bellérophon.
  • Langue : italien.

Création :

20 janvier 1767, Teatro San Carlo, Naples (pour l’anniversaire du roi Charles III d’Espagne).
Premier opéra de Mysliveček à lui offrir l’occasion d’écrire pour des chanteurs de premier plan : la création réunissait Caterina Gabrielli (Argene) et le ténor Anton Raaff (Ariobate), avec le castrat Ferdinando Mazzanti dans le rôle-titre. Le succès fut immédiat et lança sa carrière napolitaine : le compositeur devint par la suite l’un des auteurs d’opere serie les plus prolifiques d’Europe. L’ouvrage fut repris à Sienne au printemps 1767 et à Prague en 1768, et plusieurs airs circulèrent en Italie, puis en Europe centrale avec des textes latins dans des recueils de musique sacrée.

Livret :

Giuseppe Bonecchi tire son texte du mythe grec de Bellérophon, sujet mythologique inhabituel à une époque où l’opera seria privilégiait les sujets historiques. Le livret suit les conventions du genre : des amours contrariées qui se résolvent en mariages heureux, à la faveur d’un rétablissement du rang social du héros.

Intrigue :

  • Acte I : Bellerofonte, prince de Corinthe dépossédé de son royaume par l’usurpateur Clearco, aime Argene, fille du roi de Lycie Ariobate. Sans royaume, il ne peut prétendre à sa main, et le roi s’oppose à leur union. Le pays est en outre ravagé par un monstre qui exige chaque année le sacrifice d’une vierge noble.
  • Acte II : Pour prouver sa valeur, Bellerofonte affronte le monstre qui menace le royaume. Parallèlement se noue l’intrigue secondaire de Briseide, la vierge destinée au sacrifice, qui échappe à la mort.
  • Acte III : Une nouvelle arrive : l’usurpateur a été renversé et Bellerofonte peut reprendre possession de Corinthe. Ariobate consent alors à son mariage avec Argene, tandis que Briseide trouve elle aussi un époux.

Enregistrement(s) :

Peskó — 1990

Format : 3 CD (premier enregistrement mondial)
Label : Supraphon
Référence : 11 0006-2 633 (EAN 8596911000625)
Année d’enregistrement : 1990 (enregistrement numérique, publié en 1991)
Distribution :

  • Bellerofonte : Celina Lindsley, soprano
  • Argene : Gladys Mayo, soprano
  • Ariobate : Douglas Ahlstedt, ténor
  • Atamante : Raúl Giménez, ténor
  • Briseida : Krisztina Laki, mezzo-soprano
  • Diomede : Štefan Margita, ténor

Direction : Zoltán Peskó (assistants : Stefano Gibelato, Leonardo Gasparini ; récitatifs et clavecin : Stefano Gibelato ; continuo : František Xaver Thuri, clavecin, et František Pošta, violoncelle ; cor : František Langweil)
Orchestre : Prague Chamber Orchestra (Pražský komorní orchestr)
Chœur : Czech Philharmonic Chorus (chef de chœur : Lubomír Mátl)
Langue : italien

Particularité :

Premier enregistrement mondial d’un opéra de Mysliveček. La critique salue la vivacité de la direction de Peskó, aux tempi alertes, et l’excellente prise de son ; Celina Lindsley et Krisztina Laki y sont jugées efficaces, et Douglas Ahlstedt remarquable dans un air en forme de rondo. Les interventions chorales sont minimes. Ce disque a longtemps été le seul témoignage commercial de l’ouvrage.

Postérité :

Le succès de Il Bellerofonte ouvrit à Mysliveček les portes de Naples et du San Carlo, pour lequel il écrivit ensuite de nombreux opéras. Mozart devait plus tard reconnaître en lui l’un de ses modèles, admirant son « feu, son esprit et sa vie ». L’ouvrage, longtemps oublié, a été révélé au public moderne par ce disque Supraphon.

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