Format :
- Opera seria en deux actes (K. 621).
- Musique : Wolfgang Amadeus Mozart.
- Livret : Caterino Mazzolà, d’après Pietro Metastasio (1734) et la tragédie Cinna de Pierre Corneille.
- Langue : Italien.
Création :
6 septembre 1791, au Théâtre national (Estates Theatre) de Prague.
Mozart a trente-cinq ans et travaille simultanément à La Flûte enchantée et au Requiem lorsque l’impresario Domenico Guardasoni lui commande, en juillet, un opéra pour le couronnement de Léopold II comme roi de Bohême. Il n’a que quelques semaines devant lui et confie les récitatifs secs à son élève Süssmayr. L’œuvre marque son retour à l’opera seria, qu’il n’avait plus abordé depuis Idomeneo en 1781, et concentre une écriture sobre et raffinée, avec deux airs concertants à clarinette et cor de basset obligés.
Livret :
Le texte de Metastasio, écrit pour la cour de Vienne en 1734, avait été mis en musique par de nombreux compositeurs, dont Caldara, Hasse, Gluck, Jommelli ou Traetta : sa thématique de la clémence du souverain se prêtait particulièrement à un couronnement. Le poète de cour Caterino Mazzolà le condense en deux actes, y ajoute des ensembles (terzetti, quintette et sextuor) et le teinte de la tragédie de Corneille pour insister sur le pardon d’un empereur trahi par son ami.
Intrigue :
- Acte I : À Rome, en 80 après J.-C. Vitellia, fille de l’ancien empereur Vitellius, espérait épouser Tito, mais l’empereur lui préfère Bérénice. Profitant de l’amour que Sesto nourrit pour elle, Vitellia le pousse à assassiner Tito, malgré l’amitié qui les lie. Lorsque Annio annonce que Tito n’épousera pas Bérénice, Vitellia suspend son projet, puis la rage la reprend : l’empereur a choisi de se marier avec Servilia, sœur de Sesto. Servilia refuse, car elle aime Annio ; touché par sa sincérité, Tito se tourne alors vers Vitellia. Mais Vitellia ne peut plus arrêter Sesto : le complot s’exécute, le Capitole brûle, et Sesto annonce à Vitellia la mort de Tito.
- Acte II : Le Capitole a brûlé, mais l’attentat contre l’empereur a échoué. Sesto, dénoncé, est arrêté par Publio ; le Sénat le condamne à mort. Tito, qui peine à croire à la trahison de son ami, l’interroge, mais Sesto, fidèle à sa parole, ne dénonce pas Vitellia. Celle-ci, rongée par la culpabilité, avoue finalement sa faute. Magnanime, Tito pardonne à tous, refusant de régner par la peur.
Enregistrement(s) :

István Kertész — 1967
Format : CD (réédition)
Label : Decca (collection « Grand Opera »)
Référence : 475 7030
Année d’enregistrement : mai–juin 1967, Sofiensaal, Vienne
Distribution :
- Tito : Werner Krenn, ténor
- Vitellia : Maria Casula, soprano
- Servilia : Lucia Popp, soprano
- Sesto : Teresa Berganza, mezzo-soprano
- Annio : Brigitte Fassbaender, mezzo-soprano
- Publio : Tugomir Franc, basse
Direction : István Kertész
Orchestre : Wiener Staatsopernorchester, Wiener Staatsopernchor
Langue : Italien
Particularité :
Version de studio avec les forces de l’Opéra de Vienne, d’une noblesse sobre, où Teresa Berganza chante Sesto et Brigitte Fassbaender Annio ; on y entend déjà Lucia Popp en Servilia, rôle qu’elle chantera encore en 1976 avant de passer à Vitellia dans la version de Harnoncourt.

Colin Davis — 1976
Format : CD (réédition, 2 CD)
Label : Philips
Référence : 422 544-2 (première édition LP : 6703 079, 1977)
Année d’enregistrement : juillet 1976, Londres
Distribution :
- Tito : Stuart Burrows, ténor
- Vitellia : Janet Baker, mezzo-soprano
- Servilia : Lucia Popp, soprano
- Sesto : Yvonne Minton, mezzo-soprano
- Annio : Frederica von Stade, mezzo-soprano
- Publio : Robert Lloyd, basse
Direction : Colin Davis
Orchestre : Orchestra and Chorus of the Royal Opera House, Covent Garden
Langue : Italien
Particularité :
Interprétation sur instruments modernes, qui omet plusieurs récitatifs secs ; la critique a surtout salué la Vitellia de Janet Baker, d’une grandeur tragique dans la scène finale, et le Sesto d’Yvonne Minton. Stanley Sadie y voyait alors la meilleure version de l’œuvre disponible.

John Eliot Gardiner — 1990
Format : 2 CD
Label : Archiv Produktion
Référence : 431 806-2
Année d’enregistrement : 1990, Queen Elizabeth Hall, South Bank Centre, Londres (enregistrement public)
Distribution :
- Tito : Anthony Rolfe Johnson, ténor
- Vitellia : Julia Várady, soprano
- Servilia : Sylvia McNair, soprano
- Sesto : Anne Sofie von Otter, mezzo-soprano
- Annio : Catherine Robbin, mezzo-soprano
- Publio : Cornelius Hauptmann, basse
Direction : John Eliot Gardiner
Orchestre : English Baroque Soloists, Monteverdi Choir
Langue : Italien
Particularité :
Interprétation sur instruments d’époque, prise sur le vif : tempos vifs, vents et cuivres en avant, avec un Sesto de feu (Anne Sofie von Otter) ; la tension théâtrale du concert public en fait l’un des témoignages de référence sur instruments anciens.

Nikolaus Harnoncourt — 1993
Format : 2 CD
Label : Teldec
Référence : 4509-90857-2
Année d’enregistrement : mars 1993, Grosse Kirche Altstetten, Zurich
Distribution :
- Tito : Philip Langridge, ténor
- Vitellia : Lucia Popp, soprano
- Servilia : Ruth Ziesak, soprano
- Sesto : Ann Murray, mezzo-soprano
- Annio : Delores Ziegler, mezzo-soprano
- Publio : László Polgár, basse
Direction : Nikolaus Harnoncourt
Orchestre : Orchestre et chœur de l’Opéra de Zurich (chef de chœur : Karl Kamper ; continuo : Thomas Grabowski, clavecin ; Claudius Herrmann, violoncelle)
Langue : Italien
Particularité :
Lecture très vivante dirigée par Harnoncourt à la tête des forces de l’Opéra de Zurich, avec la tension théâtrale qu’on lui connaît ; le plateau réunit Philip Langridge, Ann Murray et Delores Ziegler, et fait entendre Lucia Popp dans un nouveau rôle, Vitellia.

Jed Wentz — 2002
Format : 5 CD (CD 43, première partie, vol. 9 : Opéras, de l’édition Mozart de Brilliant Classics)
Label : Brilliant Classics
Référence : 92633/43
Année d’enregistrement : août 2002, église Maria Minor, Utrecht
Distribution :
- Tito : André Post, ténor
- Vitellia : Claudia Patacca, soprano
- Servilia : Francine van der Heijden, soprano
- Sesto : Cécile van de Sant, mezzo-soprano
- Annio : Nicola Wemyss, mezzo-soprano
- Publio : Marc Pantus, baryton
Direction : Jed Wentz
Orchestre : Musica ad Rhenum (premier violon : Franc Polman ; clavecin : Michael Borgstede ; clarinette et cor de basset : Eric Hoeprich) ; Vocal Ensemble Cocu
Langue : Italien
Particularité :
Version sur instruments d’époque, dans l’esprit de l’intégrale Mozart de Brilliant Classics, avec des solistes néerlandais et un ensemble vocal de chambre ; la partie de cor de basset est tenue par Eric Hoeprich, spécialiste de l’instrument.

Nikolaus Harnoncourt — 2003
Format : 2 DVD
Label : TDK
Référence : DVWW-OPCLETI (2006)
Année d’enregistrement : août 2003, Felsenreitschule, Festival de Salzbourg
Distribution :
- Tito : Michael Schade, ténor
- Vitellia : Dorothea Röschmann, soprano
- Servilia : Barbara Bonney, soprano
- Sesto : Vesselina Kasarova, mezzo-soprano
- Annio : Elīna Garanča, mezzo-soprano
- Publio : Luca Pisaroni, basse
Direction : Nikolaus Harnoncourt
Orchestre : Wiener Philharmoniker, Konzertvereinigung Wiener Staatsopernchor
Langue : Italien
Particularité :
Captation de la production de Martin Kušej au Festival de Salzbourg, dans la Felsenreitschule ; Harnoncourt dirige à nouveau l’œuvre dix ans après la version de Zurich, cette fois à la tête du Philharmonique de Vienne et d’une distribution de premier plan (Röschmann, Bonney, Kasarova, Garanča).

Charles Mackerras — 2005
Format : 2 CD
Label : Deutsche Grammophon
Référence : 477 5792 (2006)
Année d’enregistrement : août 2005, Usher Hall, Édimbourg
Distribution :
- Tito : Rainer Trost, ténor
- Vitellia : Hillevi Martinpelto, soprano
- Servilia : Lisa Milne, soprano
- Sesto : Magdalena Kožená, mezzo-soprano
- Annio : Christine Rice, mezzo-soprano
- Publio : John Relyea, basse
Direction : Charles Mackerras
Orchestre : Scottish Chamber Orchestra, Scottish Chamber Orchestra Chorus (chef de chœur : Mark Hindley)
Langue : Italien
Particularité :
Enregistrement réalisé en préparation d’une exécution de concert au Festival d’Édimbourg, avec un Mackerras alors âgé de quatre-vingts ans qui dirige avec une fraîcheur et une légèreté remarquables ; les récitatifs secs sont accompagnés au pianoforte et au violoncelle et indexés séparément.

Robin Ticciati — 2017
Format : Blu-ray (existe aussi en DVD)
Label : Opus Arte
Référence : OA BD7232 D
Année d’enregistrement : août 2017, Festival de Glyndebourne
Distribution :
- Tito : Richard Croft, ténor
- Vitellia : Alice Coote, mezzo-soprano
- Servilia : Joélle Harvey, soprano
- Sesto : Anna Stéphany, mezzo-soprano
- Annio : Michèle Losier, mezzo-soprano
- Publio : Clive Bayley, basse
Direction : Robin Ticciati
Orchestre : Orchestra of the Age of Enlightenment (premier violon : Matthew Truscott), Glyndebourne Chorus (chef de chœur : Jeremy Bines)
Langue : Italien (sous-titres en anglais, français, allemand, japonais, coréen)
Particularité :
Captation de la mise en scène de Claus Guth, qui oppose deux univers : un paysage naturel de roseaux et un palais réduit à une suite de bureaux contemporains. Le retour de l’œuvre à Glyndebourne après près de vingt ans ; Anna Stéphany y est un Sesto tourmenté, et l’orchestre sur instruments d’époque est très remarqué (138 minutes).

Ben Glassberg — 2020
Format : 2 CD (publié en 2022)
Label : Alpha Classics
Référence : Alpha 793
Année d’enregistrement : 2020, Opéra de Rouen Normandie
Distribution :
- Tito : Nicky Spence, ténor
- Vitellia : Simona Šaturová, soprano
- Servilia : Chiara Skerath, soprano
- Sesto : Anna Stéphany, mezzo-soprano
- Annio : Antoinette Dennefeld, mezzo-soprano
- Publio : David Steffens, basse
Direction : Ben Glassberg
Orchestre : Orchestre de l’Opéra de Rouen Normandie (pianoforte : Julio Caballero Pérez), Chœur Accentus/Opéra de Rouen Normandie
Langue : Italien
Particularité :
Version récente dirigée par un jeune chef britannique alors directeur musical de l’Opéra de Rouen, avec des tempos vigoureux, des timbales et trompettes très présentes ; Nicky Spence campe un Tito digne et profondément humain, et Anna Stéphany reprend le rôle de Sesto qu’elle chantait à Glyndebourne en 2017.
Postérité :
Longtemps regardée comme une œuvre de commande bâclée, jugée trop austère après le triomphe de Don Giovanni, La clemenza di Tito est devenue, depuis la seconde moitié du XXe siècle, l’un des opéras de Mozart les plus joués : on y reconnaît la noblesse et la retenue d’une musique qui n’imite pas l’opera seria, mais le magnifie par la psychologie des personnages. Les neuf enregistrements réunis ici suivent cette réhabilitation, des grandes versions sur instruments modernes (Kertész, Davis, Mackerras) aux lectures d’époque (Gardiner, Wentz) et aux mises en scène contemporaines de Salzbourg et de Glyndebourne.

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