Note personnelle : ,

Moniuszko, Stanisław — Paria (1869)

Format :

  • Opéra en trois actes précédés d’un prologue (composé entre 1859 et 1869).
  • Musique : Stanisław Moniuszko.
  • Livret : Jan Chęciński, d’après la tragédie Le Paria (1821) de Casimir Delavigne.
  • Langue : polonais (une version italienne, due à Władysław Miller, existe également).

Création :

11 décembre 1869, Teatr Wielki, Varsovie.
Dernier grand opéra achevé de Moniuszko. La critique varsovienne se montre réservée (« la pièce peut difficilement susciter l’enthousiasme, mais on peut l’admirer », écrit le Kurier Warszawski), et le public, qui attendait un nouveau Straszny dwór (La Maison hantée) ou un nouveau Halka, ne s’attache pas à cette histoire se déroulant en Inde. L’ouvrage est retiré de l’affiche après six représentations seulement.

Livret :

Moniuszko a découvert la tragédie de Delavigne dans sa jeunesse et en a d’abord composé la musique de scène (Hymne au soleil, Hymne à la divinité de l’amour, Marche nuptiale, Hymne au dieu de la mort) pour une traduction polonaise de Wacław Szymanowski, présentée en 1868. Dès 1858, il confie l’adaptation à Jan Chęciński, qui l’abandonne un temps pour d’autres collaborations avec le compositeur (Verbum nobile, Straszny dwór). Moniuszko, collaborateur exigeant, corrige abondamment le texte et y ajoute de vastes parties chorales, qui montrent les défenseurs de l’ordre des castes. Il espérait ouvrir ainsi à son œuvre les scènes européennes avec un sujet exotique et universel.

Intrigue :

  • Prologue : dans un bois sacré près de Bénarès, le jeune chef Idamor, vainqueur de la guerre, confie à son ami Ratef son amour pour Neala, fille du grand prêtre Akebar. Un tumulte les interrompt : un paria a profané le bois sacré et la foule le poursuit. Idamor prend sa défense, puis, resté seul, révèle qu’il est lui-même un paria, qui a jadis renié sa famille et son foyer.
  • Acte I, premier tableau : les femmes brahmanes saluent le lever du soleil. Neala, prêtresse, aime elle aussi Idamor, et tous deux savent que la fille d’un prêtre n’a pas le droit de s’unir à un guerrier. Idamor paraît, et les amants renouvellent leur serment.
  • Acte I, second tableau : dans le temple, Akebar réunit les prêtres. Il craint que la caste des guerriers, soutenue par le peuple, ne les prive de leur pouvoir. Connaissant les sentiments de sa fille, il décide de la donner à Idamor, en le déliant de ses vœux sacerdotaux, afin d’apaiser le conflit entre prêtres et guerriers. Neala et Idamor n’osent croire à leur bonheur.
  • Acte II : Akebar appelle Idamor « mon fils », mot qui lui rappelle son passé. Rongé de remords, il avoue à Neala qu’il est un paria. Bouleversée, elle décide pourtant de rester avec lui. Ratef annonce l’arrivée d’un vieillard, Jares (Dżares), qui demande Idamor. Neala l’accueille en pèlerin. Idamor reconnaît son père, qui le presse de retourner dans sa patrie, et son amour pour Neala rend le choix difficile.
  • Acte III : la cérémonie nuptiale commence et Akebar prie pour la prospérité des époux. Jares se précipite et accuse Idamor d’hypocrisie ; la foule prend pitié du vieillard, qui avoue lui-même être un paria. Akebar ordonne de le tuer. Idamor défend son père, avoue sa naissance et est tué sur l’ordre d’Akebar. Neala paraît et, comprenant ce qui s’est passé, se déclare fille de Jares. Pour apaiser la colère du peuple, Akebar la bannit.

Enregistrement(s) :

Moniuszko, Paria (version italienne) — Borowicz (DUX, 2020)

Borowicz — 2020

Format : 2 CD
Label : DUX
Référence : DUX 1622/1623
Année d’enregistrement : avril 2019, Varsovie, exécution en concert lors du 23e Festival de Pâques Ludwig van Beethoven (7-19 avril 2019) ; parution en 2020. Jour exact de la captation non retrouvé.
Distribution :

  • Idamor : Yuri Gorodetski, ténor
  • Neala : Katarzyna Hołysz, soprano
  • Ratef : Tomasz Warmijak, ténor
  • Akebar : Robert Jezierski, basse
  • Jares (Djares) : Szymon Komasa, baryton
  • Prêtresse : Justyna Jedynak-Obłoza, soprano (soliste du chœur)

Direction : Łukasz Borowicz
Orchestre : Orchestre philharmonique de Poznań ; chœur : Chœur de la Philharmonie nationale de Varsovie (préparation : Bartosz Michałowski)
Langue : italien (traduction de Władysław Miller)

Particularité :

Création polonaise de la version italienne, présentée en concert pour le bicentenaire de la naissance du compositeur. La critique anglo-saxonne (MusicWeb) y voit probablement le meilleur enregistrement disponible, y loue le ténor Gorodetski et le lamento de Jares à l’acte II, mais regrette un chœur placé trop près du micro et l’absence de traduction anglaise du livret.

Moniuszko, Paria — Kaspszyk (Naxos, 2022)

Kaspszyk — 2022

Format : 2 CD
Label : Naxos
Référence : 8.660516-17
Année d’enregistrement : 12 avril 2022, Aula universitaire (University Hall) de Poznań ; parution en 2023.
Distribution :

  • Idamor : Dominik Sutowicz, ténor
  • Neala : Iwona Sobotka, soprano
  • Ratef : Piotr Friebe, ténor
  • Akebar : Rafał Korpik, basse
  • Jares (Dżares) : Stanisław Kuflyuk, baryton
  • Prêtresse (Kapłanka) : Aleksandra Kiedrowska, soprano

Direction : Jacek Kaspszyk
Orchestre : Orchestre de l’Opéra de Poznań ; chœur de l’Opéra de Poznań (chef de chœur : Mariusz Otto)
Langue : polonais (édition de Włodzimierz Ormicki)

Particularité :

Enregistrement réalisé par les forces de l’Opéra de Poznań, trois ans après la production scénique de juin 2019 qui avait relancé l’ouvrage et dont la photographie orne la pochette. Le livret est restitué dans sa langue d’origine, et le livret du disque s’appuie sur des documents fournis par l’Opéra de Poznań.

Postérité :

Après l’échec de 1869, Paria n’est ressorti qu’occasionnellement : Varsovie (1917), Wrocław (1951), Poznań (1958 et 1969), Gdańsk (1972), Varsovie (1980), Łódź (1992) et Szczecin (2005). Depuis la Seconde Guerre mondiale, presque toutes les maisons d’opéra polonaises l’ont affiché au moins une fois. La production de l’Opéra de Poznań, créée le 28 juin 2019 dans le cadre de l’Année Moniuszko, a reçu en 2021 l’International Opera Award de la redécouverte (« Rediscovered Work »). Son thème, l’exclusion et le poids des castes, lui donne aujourd’hui une résonance nouvelle.

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