Note personnelle : ,

Meyerbeer, Giacomo — Semiramide (1819)

Format :

  • Dramma per musica (opera seria) en deux actes.
  • Musique : Giacomo Meyerbeer (1791-1864).
  • Livret : Gaetano Rossi, d’après Semiramide riconosciuta de Pietro Metastasio.
  • Langue : italien.

Création :

30 janvier 1819, Teatro Regio, Turin (saison de carnaval).
Meyerbeer, alors âgé de 27 ans, vient de faire ses débuts italiens à Padoue en 1817 avec Romilda e Costanza ; Semiramide est son deuxième ouvrage pour l’Italie. Admirateur de Rossini, il écrit le rôle-titre pour la cantatrice Carolina Bassi, à qui il dédie la partition. L’accueil fut tiède : l’ouvrage ne connut qu’un succès modeste, mieux reçu par la presse allemande que par la presse italienne. L’année suivante, il fut repris à Bologne et à Senigallia sous le titre Semiramide riconosciuta, en partie remanié avec Rossi.

Livret :

Le livret de Rossi est une adaptation du texte écrit par Metastasio en 1729 (Semiramide riconosciuta), l’un des livrets les plus mis en musique du XVIIIe siècle, dans une adaptation due au comte Ludovico Piossasco Feys, qui allège la structure (récitatif–air) en réduisant le nombre d’airs au profit de duos, trios et morceaux d’ensemble avec chœur. L’ouvrage est resté très proche de la tradition belcantiste de son temps et présente un caractère très différent de la Semiramide de Rossini (Venise, 1823), tirée de Voltaire. La partie de Semiramide, d’abord écrite dans un registre assez grave, demande une grande virtuosité ; Scitalce, prince indien, est un rôle travesti.

Intrigue :

  • Acte I : À Babylone, sur les bords de l’Euphrate, Semiramide (déguisée en homme sous le nom de Nino, son défunt mari) doit choisir un époux parmi trois princes : le Scythe Ircano, l’Égyptien Mirteo et l’Indien Scitalce. Elle reconnaît en Scitalce l’homme qu’elle aime depuis des années, que Sibari, son confident, lui avait fait croire infidèle ; Scitalce la croit morte. Tamiri, princesse de Bactriane, aime Mirteo, tandis que Sibari complote en secret. Ircano, qui voulait enlever Tamiri, est vaincu par Mirteo. Semiramide hésite entre ses sentiments et son rang ; lors du banquet de choix, Sibari empoisonne la coupe destinée à celui qu’elle désignera, mais Ircano jette la coupe à terre. L’acte s’achève dans l’effroi.
  • Acte II : Tamiri et Mirteo se confient, puis Semiramide interroge Scitalce et lui reproche une trahison passée. Sibari, démasqué, est dénoncé comme l’auteur de la fausse lettre qui avait séparé les amants. Semiramide dévoile sa véritable identité devant ses sujets ; Scitalce comprend qu’il a été trompé. Les sujets acclament leur reine, et Tamiri est unie à Mirteo. L’opéra se termine dans la joie générale.

Enregistrements :

Richard Bonynge — 2005

Format : 2 CD
Label : Naxos
Référence : 8.660205-06
Année d’enregistrement : enregistrement public les 9, 13 et 15 juillet 2005, Kursaal, Bad Wildbad (Allemagne), pendant le festival Rossini in Wildbad (coproduction SWR).
Distribution :

  • Semiramide : Deborah Riedel, soprano
  • Ircano : Filippo Adami, ténor
  • Scitalce : Fiona Janes, mezzo-soprano
  • Mirteo : Wojtek Gierlach, basse
  • Tamiri : Olga Peretyatko, soprano
  • Sibari : Leonardo Silva, ténor

Direction : Richard Bonynge (clavecin : Marco Bellei)
Orchestre : Württemberg Philharmonic Orchestra ; chœur : Altensteig Rossini Choir (chefs de chœur : Hans-Jörg Kalmbach et Matthias Wurster)
Langue : italien

Particularité :

Première exécution moderne de l’ouvrage, donnée en juillet 2005 à Bad Wildbad. La version originale de Turin a été perdue ; l’édition critique de Marco Beghelli et Stefano Piana repose sur une copie manuscrite d’époque, dont les récitatifs secs sont accompagnés au clavecin, et intègre quelques révisions et adaptations aux voix de la distribution. Le disque (environ 2 h 06) est publié par Naxos dans sa collection Opera Classics.

Rani Calderon — 2007

Format : 2 CD
Label : Dynamic
Référence : CDS 533/1-2
Année d’enregistrement : enregistrement public (digital live recording) au Festival della Valle d’Itria, Martina Franca, en collaboration avec le Centro Artistico Musicale Paolo Grassi (parution en 2007).
Distribution :

  • Semiramide : Clara Polito
  • Ircano : Aldo Caputo
  • Scitalce : Eufemia Tufano
  • Mirteo : Federico Sacchi
  • Tamiri : Stefania Grasso
  • Sibari : Roberto De Biasio

Direction : Rani Calderon
Orchestre : Orchestra Internazionale d’Italia ; chœur : Slovak Choir of Bratislava (chef de chœur : Pavol Procházka)
Langue : italien

Particularité :

Captation d’une production scénique du Festival della Valle d’Itria, placée sous la direction artistique de Sergio Segalini, qui avait programmé la même année Il crociato in Egitto à La Fenice de Venise dans une nouvelle édition critique. L’édition de Semiramide est celle de Marco Beghelli et Stefano Piana. Elle paraît chez Dynamic sur deux disques d’environ 2 h 34 au total, soit nettement plus longtemps que le disque Naxos.

Postérité :

Après les quelques reprises de 1819-1820, il n’existe aucune trace d’exécution de l’ouvrage jusqu’à la résurrection de juillet 2005 à Bad Wildbad. L’œuvre fait partie des premiers opéras italiens de Meyerbeer, qui connut ensuite le succès à Venise avec Emma di Resburgo (1819), à La Scala avec Margherita d’Anjou (1820) et L’esule di Granata (1822), puis à La Fenice avec Il crociato in Egitto (1824), avant de devenir à Paris le maître du grand opéra. La version de Turin a disparu ; on ne la connaît que par une copie manuscrite contemporaine, la partition autographe ayant disparu à Berlin pendant la Seconde Guerre mondiale.

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