Note personnelle : ,

Meyerbeer, Giacomo — Romilda e Costanza (1817)

Format :

  • Melodramma semiserio (« opéra à demi sérieux ») en deux actes.
  • Musique : Giacomo Meyerbeer.
  • Livret : Gaetano Rossi (1774-1855).
  • Langue : italien.

Création :

19 juillet 1817, Teatro Nuovo, Padoue.
Premier opéra italien de Meyerbeer, alors âgé de 26 ans et encore inconnu en Italie. Il écrit ses rôles pour les chanteurs de la création : le ténor Luigi Campitelli (Teobaldo), la soprano Caterina Lipparini (Costanza) et la contralto Rosmunda Pisaroni (Romilda), l’une des grandes vedettes de l’époque. La création est un succès : une ode de Luigi Borghi salue en lui « le génie de la Sprée », allusion à Berlin, sa ville natale. Né Jacob Liebmann Beer, fils d’un banquier berlinois, Meyerbeer avait déjà écrit deux opéras allemands (Jephtas Gelübde et Wirth und Gast) avant de partir pour l’Italie en 1816 ; la rencontre avec les opéras de Rossini l’avait décidé à y chercher un style personnel.

Livret :

Gaetano Rossi, librettiste expérimenté qui collaborera ensuite avec Meyerbeer à plusieurs reprises, conçoit avec le compositeur un « opéra de sauvetage » sur le modèle de Fidelio de Beethoven et de Richard Cœur-de-lion de Grétry, auquel s’ajoute un triangle amoureux : deux femmes, Romilda et Costanza, aiment le même homme, le prince Teobaldo, prisonnier. Le rôle comique est confié à un seul personnage, le paysan Pierotto, ce qui correspond au genre du semiserio.

Intrigue :

  • Acte I : À Aix, dans le palais des princes de Provence, chevaliers et courtisans accueillent Teobaldo, vainqueur des Bretons. Son frère jumeau Retello, accompagné de son complice Albertone, le voit comme une menace pour son pouvoir ; Costanza, fille du grand chancelier Lotario, aime Teobaldo. Mais Teobaldo aime Romilda, fille du duc de Bretagne vaincu, qui l’a suivi sous les traits d’un page, « Adelio ». À l’ouverture du testament du prince défunt, Teobaldo est désigné prince de Provence, mais Lotario voudrait le marier à Costanza, tandis que Retello projette de se débarrasser de lui. Les chevaliers prennent parti, et Teobaldo est jeté, désarmé, dans une cellule d’une tour du château de Sénanges.
  • Acte II : Devant le château de Sénanges, Pierotto, qui a découvert une clé secrète, rêve de libérer Teobaldo. Costanza et Romilda, qui ignorent chacune la présence de l’autre auprès du prisonnier, apprennent qu’il est détenu dans une tour et s’unissent, malgré leur rivalité, pour le sauver, tandis qu’une romance chantée devant la tour provoque la réponse de Teobaldo. La tentative d’évasion échoue : Retello menace Romilda, que Teobaldo défend en révélant son identité. Costanza reconnaît alors sa rivale et les événements semblent tourner au drame, mais Albertone, qui a déserté son maître, délivre Teobaldo, que l’on croyait mort. Retello est vaincu, Teobaldo et Romilda s’unissent, et Costanza accepte son sort.

Enregistrement(s) :

Meyerbeer, Romilda e Costanza — Acocella, Naxos

Luciano Acocella — 2020

Format : 3 CD (durée totale 2 h 53 min 50 s)
Label : Naxos (en coproduction avec SWR)
Référence : 8.660495-97
Année d’enregistrement : 17, 19 et 26 juillet 2019, Trinkhalle, Bad Wildbad (Allemagne), à l’occasion du XXXIe festival Rossini in Wildbad ; publié le 27 novembre 2020.
Distribution :

  • Teobaldo : Patrick Kabongo, ténor
  • Retello : Javier Povedano, baryton-basse
  • Romilda : Chiara Brunello, contralto
  • Lotario : César Cortés, ténor
  • Costanza : Luiza Fatyol, soprano
  • Albertone : Emmanuel Franco, baryton
  • Annina : Claire Gascoin, mezzo-soprano
  • Pierotto : Giulio Mastrototaro, baryton
  • Ugo : Timophey Pavlenko, basse

Direction : Luciano Acocella (Andrés Jesús Gallucci, assistant musical et pianoforte)
Orchestre : Passionart Orchestra (Janusz Wierzgacz, direction) ; Górecki Chamber Choir (chef de chœur : Marcin Wróbel)
Langue : italien

Particularité :

Première mondiale au disque, dans la version originale de 1817 telle qu’elle fut entendue à Padoue, d’après une nouvelle édition d’Aldo Salvagno établie à partir des sources de la création pour le festival Rossini in Wildbad. La critique y trouve « drame, passion, intrigue et fin heureuse » ; elle salue le ténor Patrick Kabongo, juge Chiara Brunello courageuse mais parfois instable dans un rôle difficile, Luiza Fatyol moins agile dans les traits rapides, et l’orchestre un peu rugueux, parfois au détriment du chœur.

Postérité :

L’opéra est repris à Venise dès l’automne 1817, puis à Milan et à Florence au printemps 1820, mais sa carrière reste brève. Meyerbeer enchaîne avec Emma di Resburgo (Venise, 1819), Margherita d’Anjou (Milan, 1820) et surtout Il crociato in Egitto (Venise, 1824), qui connaît un succès européen et prépare ses triomphes parisiens à partir de Robert le Diable (1831). Ses opéras italiens, jugés démodés dans une scène dominée par Rossini, disparaissent progressivement du répertoire ; seuls quelques numéros survivent, et Meyerbeer note dans son journal avoir fait jouer l’ouverture de Romilda e Costanza à Franzensbad (1847) et à Spa (1855).

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