Format :
- Pièce lyrique en cinq actes.
- Musique : Jules Massenet
- Livret : Henri Cain et Arthur Bernède, d’après le roman Sapho d’Alphonse Daudet
- Langue : français
Création :
27 novembre 1897, Opéra-Comique, Paris (salle Favart), avec Emma Calvé dans le rôle de Fanny Legrand.
Massenet a cinquante-cinq ans. Après Werther (1892) et Thaïs (1894), il s’empare avec Sapho d’un sujet contemporain, loin des mythes et des décors historiques qui lui sont habituels. Une version révisée, comprenant une scène ajoutée, a été reprise en 1907.
Livret :
Le roman de Daudet (1884) raconte la liaison d’un jeune provençal de bonne famille et d’une femme de la bohème parisienne, ancien modèle de sculpteur, surnommée « Sapho ». Dans la lignée de La Dame aux camélias, cette histoire d’amour impossible entre un jeune homme respectable et une courtisane se termine ici par un sacrifice : l’héroïne s’efface. Cain et Bernède adoucissent et condensent le roman, au prix de situations parfois invraisemblables, comme le coup de foudre du premier acte ; le livret retient aussi le contraste entre la vie parisienne et le foyer provençal, où chante le « Magali » de Mistral.
Intrigue :
- Acte I : À Paris, chez le sculpteur Caudal, un bal costumé bat son plein. Jean Gaussin, jeune provençal fraîchement débarqué, se sent dépaysé dans ce milieu de bohème. Il est frappé par l’arrivée de Fanny Legrand, surnommée « Sapho » par les artistes, d’après une sculpture célèbre de Caudal pour laquelle elle a posé. Fanny remarque ce beau jeune homme et le persuade de quitter la fête avec elle.
- Acte II : Les parents de Jean, Divonne et Césaire, lui rendent visite à Paris pour emmener sa cousine Irène, qu’ils adoptent. Après leur départ, Fanny vient retrouver Jean : elle est restée à l’écart pendant la visite et lui assure que, quand elle aime, c’est pour longtemps.
- Acte III : Un an plus tard, les amants vivent à l’écart de Paris. Lors d’un déjeuner au restaurant, Caudal et ses amis arrivent et demandent à Jean s’il est toujours avec Sapho ; il comprend avec stupeur que Fanny et Sapho sont la même personne, et s’enfuit. De retour chez eux, Jean fait ses bagages et trouve une boîte de souvenirs du passé de Fanny. Il en lit les lettres, horrifié, tandis que Fanny les brûle ; elle lui lance que sa famille de province lui conviendrait mieux, puis ils échangent des injures et il la quitte.
- Acte IV : À Avignon, dans la maison familiale, Jean est réconforté par ses parents. Césaire annonce que « Sapho » est venue le voir, et le pousse à résister. Fanny lui avoue que depuis leur séparation elle est malheureuse et veut revenir. Divonne et Césaire les interrompent et ordonnent à Jean de rentrer.
- Acte V : À Ville-d’Avray, Fanny est découragée. Jean apparaît : il ne peut vivre sans elle. Ils retombent dans les bras l’un de l’autre et, épuisé par le voyage, Jean s’endort. Fanny, sachant qu’elle ne pourra jamais effacer son passé, s’éloigne sur la pointe des pieds et le quitte pour toujours.
Enregistrement :

Jean-Luc Tingaud — 2001
Format : 2 SACD hybrides (enregistrement public, son multicanal DSD).
Label : Fonè
Référence : 023 2SACD
Année d’enregistrement : 26 et 29 octobre, 1er novembre 2001, Theatre Royal, Wexford (Irlande), pendant le Wexford Festival Opera. ℗ 2002.
Distribution :
- Fanny Legrand : Giuseppina Piunti
- Jean Gaussin : Brandon Jovanovich
- Divonne : Agata Bienkowska
- Césaire : Massimiliano Gagliardo
- Irène : Ermonela Jaho
- Caudal : Luca Salsi
- La Borderie : Angel Pazos
- Le patron du restaurant : Nicolas Courjal
Direction : Jean-Luc Tingaud
Orchestre : National Philharmonic Orchestra of Belarus, Wexford Festival Opera Chorus (chef de chœur : Lubomir Mátl)
Langue : français
Particularité :
Captation d’une production du Wexford Festival Opera, festival irlandais dédié aux ouvrages rares, avec une distribution internationale. Cette version inclut la scène ajoutée lors de la reprise de 1907, celle où Jean lit les lettres de Fanny. Le livret d’accompagnement, signé Cormac Newark, rapproche Sapho de La Traviata et de La Dame aux camélias, mais y voit une œuvre plus « vériste », où l’héroïne ne meurt pas de maladie : elle s’en va, lucide, loin de l’homme qu’elle aime.
Postérité :
Loin du succès de Manon ou de Werther, Sapho reste l’une des partitions les moins jouées de Massenet, que des reprises comme celle de Wexford en 2001 contribuent à faire redécouvrir. On y apprécie la mélodie sensuelle des deux premiers actes et surtout le long monologue final de Fanny, sur un ostinato obsédant, où la musique accompagne l’adieu définitif.

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