Note personnelle : ,

Massenet, Jules — Roma (1912)

Format :

  • Opéra en cinq actes.
  • Musique : Jules Massenet
  • Livret : Henri Cain, d’après la pièce Rome vaincue d’Alexandre Parodi
  • Langue : français

Création :

17 février 1912, Opéra de Monte-Carlo ; l’ouvrage est repris à Paris deux mois plus tard.
Massenet a soixante-neuf ans et il s’agit de son avant-dernier chef-d’œuvre, le dernier dont il ait vu la création : il meurt en août de la même année. Le rôle de Posthumia est tenu par Lucy Arbell, très jeune alors. L’œuvre est bien accueillie par la critique et le public à Monte-Carlo, mais la guerre puis la mort du compositeur en freinent la diffusion et elle sombre rapidement dans l’oubli.

Livret :

En 1876, Massenet avait assisté à une représentation de Rome vaincue, drame d’Alexandre Parodi, et gardé le souvenir de la scène où la vieille Posthumia tue sa petite-fille, vestale coupable, pour lui épargner l’horreur de l’ensevelissement vivant. L’épisode s’inspire de l’histoire de Virginie, tuée par son père en 449 avant J.-C. Massenet esquisse la musique dès 1902, mais les héritiers de Parodi retardent le projet. Henri Cain obtient enfin l’autorisation en 1909 et écrit le texte ; l’orchestration s’achève en février 1910, à Monte-Carlo, pendant les répétitions de Don Quichotte, à l’hôtel Prince de Galles, où naît la célèbre ouverture.

Intrigue :

  • Acte I : À Rome, en 216 av. J.-C., après la défaite de Cannes face à Hannibal, le tribun Lentulus rentre du champ de bataille couvert de poussière. Les feux sacrés se sont éteints : le temple de Vesta a été profané, ce que le Souverain Pontife attribue à une vestale coupable.
  • Acte II : Esclaves et vestales sont interrogés. Junia, sœur de Lentulus, s’accuse du sacrilège, mais son innocence éclate vite. Le Pontife recourt alors à un subterfuge en annonçant la mort de Lentulus : à ces mots, Fausta, nièce du grand Fabius, se trahit et s’évanouit.
  • Acte III : Vestapor, esclave gaulois qui hait les Romains, aide les amants à fuir. Dans le Bois sacré, où ils avaient coutume de se retrouver, Fausta et Lentulus chantent leur désir de vivre et de s’aimer, puis s’enfuient à l’arrivée du Pontife, qui fait tuer Vestapor.
  • Acte IV : Poussée par son sens de l’honneur romain, Fausta avoue sa faute devant le Sénat, qui la condamne à être ensevelie vivante sous le voile noir. Sa grand-mère Posthumia, vieille aveugle, la rejoint et lui donne un dernier baiser.
  • Acte V : Sur le lieu du supplice, près de la tombe, Fausta s’avance. Posthumia offre à Fabius son poignard mais, les mains de Fausta étant liées, elle la frappe elle-même à mort. Le crime est expié, et les armées romaines victorieuses de Scipion rentrent à Rome.

Enregistrement :

Marco Guidarini — 1999

Format : 2 CD (enregistrement public ; premier enregistrement mondial).
Label : Dynamic, en coproduction avec le Festival della Valle d’Itria (Martina Franca)
Référence : CDS 267/1-2
Année d’enregistrement : 23, 25 et 27 juillet 1999, Palazzo Ducale, Martina Franca.
Distribution :

  • Fausta, vestale : Iano Tamar, soprano dramatique
  • Posthumia, grand-mère de Fausta, aveugle : Svetlana Arginbaeva, contralto
  • Junia, vestale : Francesca Franzil, soprano
  • La Grande Vestale : Angela Masi, soprano
  • Galla, esclave : Carmelita Mitchell, soprano
  • Lentulus, tribun militaire : Warren Mok, ténor
  • Fabius Maximus, sénateur romain, oncle de Fausta : Nicolas Rivenq, baryton
  • Vestapor, esclave gaulois : Jean Vendassi, baryton
  • Lucius Cornélius, grand prêtre : Francesco Ellero d’Artegna, basse
  • Un vieillard : Giacomo Rocchetti, baryton

Direction : Marco Guidarini (mise en scène : Jean-Louis Pichon)
Orchestre : Orchestra Internazionale d’Italia, Bratislava Chamber Choir (chef de chœur : Pavol Procházka)
Langue : français

Particularité :

Premier enregistrement de l’œuvre, assemblé à partir de trois représentations scéniques du Festival della Valle d’Itria, en collaboration avec le Festival de Saint-Étienne qui relançait alors l’intérêt pour Massenet. Le livret du coffret souligne la beauté de l’air du ténor Soir admirable au troisième acte, avec son prélude de flûte, dans lequel on a pu entendre une sœur de la Casta diva de Bellini, et celle de l’air de Junia au deuxième acte.

Postérité :

Représentée à Paris peu après sa création, Roma n’a pas durablement trouvé sa place au répertoire. Les commentateurs reconnaissent à la partition des pages d’une beauté pure et « antique », notamment le prélude du troisième acte et le duo des amants, tout en notant un manque de mélodie et de caractérisation psychologique dans les derniers actes, ainsi que le recours à un petit nombre de leitmotive. La résurrection de 1999 à Martina Franca a rendu l’œuvre accessible au disque.

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *