Format :
- Grand opéra en cinq actes et six tableaux.
- Musique : Jules Massenet
- Livret : Jean Richepin
- Langue : français
Création :
16 mars 1891, Opéra de Paris (Palais Garnier).
Massenet a quarante-huit ans. Il vient de triompher avec Manon, Le Cid, Esclarmonde puis Werther, et l’Opéra lui commande un grand spectacle à la mesure de la maison. La direction Ritt et Gailhard monte l’ouvrage avec un luxe exceptionnel : costumes dessinés par Charles Bianchini, décors de plusieurs ateliers, effets de lumière électrique et de vapeur pour l’écroulement final du temple, ballet confié à la vedette Rosita Mauri. Le Mage reste à l’affiche pendant le printemps et l’automne 1891.
Livret :
Le projet naît vers 1887 ; sur les conseils des directeurs de l’Opéra et de l’éditeur Hartmann, Massenet se tourne en 1888 vers le poète Jean Richepin. Le sujet est emprunté à la Bactriane antique et à Zarâstra (Zoroastre), prophète du mazdéisme et du dieu Ahoura-Mazda. Massenet compose la partition de mars à décembre 1889, modifie le dénouement en mars 1890 (l’incendie du temple de la Djahi remplace une scène plus intime) et achève l’orchestration en août 1890.
Intrigue :
- Acte I : Au camp de Zarâstra, près de Bakhdi, les Touraniens vaincus par les Iraniens et par Zarâstra maudissent Amrou, leur prêtre des Dévas, désormais allié aux vainqueurs. Sa fille Varedha, prêtresse de la déesse Djahi, aime Zarâstra sans retour ; lui aime Anahita, reine de Touran, qu’il ne peut épouser.
- Acte II : Dans le temple souterrain de la Djahi, Varedha, apprenant par son père l’amour de Zarâstra pour Anahita, décide de mourir en se vengeant. Sur la place royale de Bakhdi, Zarâstra présente butin et prisonniers au roi d’Iran et réclame Anahita pour récompense ; Amrou prétend que Zarâstra est promis à Varedha et le roi lui ordonne de l’épouser. Zarâstra maudit les Iraniens et leurs dieux, puis s’enfuit pour se consacrer à Ahoura-Mazda.
- Acte III : Sur la Montagne sainte, Zarâstra, entouré de ses disciples, repousse la tentation de Varedha, qui lui annonce qu’Anahita va épouser le roi.
- Acte IV : Dans le sanctuaire du temple de la Djahi, danses et initiations ; Amrou célèbre l’union d’Anahita et du roi malgré les supplications de la reine. Varedha savoure sa vengeance quand les Touraniens envahissent le temple et le massacrent, avec le roi et Amrou.
- Acte V : Dans les ruines du temple, Zarâstra, déchiré entre le service de son peuple et le désir de revoir Anahita, retrouve celle-ci et lui avoue son amour. Varedha mourante les maudit et appelle la Djahi à les consumer ; sur l’ordre du Mage, les flammes s’écartent pour les laisser passer.
Enregistrement :

Laurent Campellone — 2013
Format : 2 CD + livre (collection « Opéra français »).
Label : Palazzetto Bru Zane
Référence : BZ 1013
Année d’enregistrement : 9, 11 et 12 novembre 2012, Opéra-Théâtre de Saint-Étienne (parution en 2013).
Distribution :
- Anahita : Catherine Hunold
- Varedha : Kate Aldrich
- Zarâstra : Luca Lombardo
- Amrou : Jean-François Lapointe
- Le Roi d’Iran : Marcel Vanaud
- Un prisonnier touranien, Un chef iranien : Julien Dran
- Un chef touranien, Le Héraut : Florian Sempey
Direction : Laurent Campellone
Orchestre : Orchestre Symphonique Saint-Étienne Loire, Chœur Lyrique Saint-Étienne Loire
Langue : français
Particularité :
Premier enregistrement mondial de l’ouvrage, capté après des représentations à Saint-Étienne par le Palazzetto Bru Zane, avec prise de son confiée à Radio France. Le livre-disque accompagne la partition d’essais sur la genèse, la mise en scène de 1891 et la question d’un « opéra nietzschéen », dont Campellone conclut qu’il s’agit plutôt d’une œuvre à double lecture, hommage à Parsifal.
Postérité :
L’accueil de la critique en 1891 est tiède — on y trouve, selon les comptes rendus, peu de véritable grandeur — alors que la mise en scène est unanimement saluée. Le Mage disparaît ensuite du répertoire après une reprise à La Haye en 1896. Son influence se devine pourtant chez Vincent d’Indy (Fervaal), et la résurrection de 2012-2013 à Saint-Étienne puis au disque a rendu à cette partition ambitieuse sa place dans l’histoire du grand opéra français.

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