Format :
- Grand opéra en cinq actes et six tableaux.
- Musique : Jules Massenet.
- Livret : Louis Gallet, d’après une légende indienne rapportée dans le Voyage autour du monde du marquis de Beauvoir.
- Langue : français.
Création :
27 avril 1877, à l’Opéra de Paris (Palais Garnier).
Massenet a trente-quatre ans. Premier ouvrage du compositeur à entrer à l’Académie nationale de musique, Le Roi de Lahore est composé entre 1873 et l’été 1876, à l’ombre de Meyerbeer, de Gounod et de Wagner, dont il confesse subir l’influence. Massenet y met à l’épreuve son sens du théâtre et de l’orchestre, avec des timbres alors inédits à l’Opéra (tuba contrebasse, saxhorns, trompettes chromatiques, saxophone ténor dans la valse du ballet). Le succès est éclatant : l’ouvrage s’impose en quelques semaines et fait de son auteur l’un des compositeurs français les plus prometteurs de sa génération.
Livret :
Louis Gallet, fidèle librettiste de Massenet (Marie-Magdeleine, Le Cid, Thaïs), puise dans une légende hindoue le thème de l’amour qui défie la mort : un roi trahi et tué, revenu de l’au-delà pour retrouver celle qu’il aime. L’exotisme indien, très prisé à l’époque, permet d’unir le grand spectacle (temple, désert, paradis d’Indra) à l’intimité d’un duo d’amants que la mort ne sépare pas.
Intrigue :
- Acte I : dans le temple d’Indra, à Lahore. Sitâ, prêtresse et nièce du grand prêtre Timour, aime en secret le roi Alim, tandis que le ministre Scindia, qui la convoite, jalouse son rival. Menacé par l’invasion musulmane, le royaume de Lahore s’apprête à partir en guerre ; Alim est contraint de prendre les armes.
- Acte II : dans le désert. Trahi par Scindia, Alim est mortellement blessé et meurt, tandis que Scindia prend le pouvoir et espère épouser Sitâ.
- Acte III : au paradis d’Indra. Alim, devenu simple ombre, obtient du dieu la permission de retourner sur terre sous l’apparence d’un mendiant, afin de retrouver Sitâ, à condition de mourir en même temps qu’elle.
- Acte IV : dans le palais de Lahore, Sitâ résiste à l’avance de Scindia, devenu roi. Alim, déguisé, se révèle à elle ; Scindia, furieux, découvre la supercherie.
- Acte V : pour retrouver Alim dans la mort, Sitâ se poignarde ; tous deux sont réunis dans le paradis d’Indra, loin des vivants.
Enregistrement(s)

Marcello Viotti — 2004
Format : DVD (2 disques, 160 minutes, NTSC, 16:9, zone 0 ; sous-titres en italien, anglais, allemand, français et espagnol)
Label : Dynamic
Référence : 33487
Année d’enregistrement : décembre 2004, en direct au Teatro La Fenice, Venise
Distribution :
- Alim : Giuseppe Gipali
- Sitâ : Ana María Sánchez
- Scindia : Vladimir Stoyanov
- Indra : Federico Sacchi
- Kaled : Cristina Sogmaister
- Timour : Riccardo Zanellato
- Un chef : Carlo Agostini
Direction : Marcello Viotti
Orchestre : Orchestra e Coro del Teatro La Fenice di Venezia (chef de chœur : Emanuela Di Pietro)
Langue : français
Particularité :
Captation de la production vénitienne signée Arnaud Bernard (décors d’Alessandro Camera, costumes de Carla Ricotti, chorégraphie de Gianni Santucci, lumières de Vinicio Cheli, réalisation vidéo de Tiziano Mancini), qui sert de première mondiale à la « nouvelle édition critique » préparée par Marcello Viotti pour Heugel/Leduc. Le chef, disparu dès février 2005 (le DVD est dédié à sa mémoire), dirige avec un engagement évident l’orchestre et le chœur de La Fenice. Le ténor albanais Giuseppe Gipali compose un Alim convaincant, tout comme le baryton bulgare Vladimir Stoyanov en Scindia ; Ana María Sánchez, dont le timbre est sans doute le plus beau, a davantage de mal à incarner Sitâ sur le plan scénique, et sa ligne vocale est parfois un peu criarde dans le grand air de l’acte IV. Une mise en scène colorée, avec ses coupoles et son ciel étoilé, qui séduit surtout pour sa valeur de document.
Postérité :
Triomphe à l’Opéra de Paris, où il atteint une trentaine de représentations en moins d’un an, Le Roi de Lahore est repris à Londres dès 1879, mais disparaît ensuite du répertoire, éclipsé par les succès ultérieurs de Massenet (Manon, Werther) et par le déclin du grand opéra exotique. L’ouvrage reste néanmoins réputé pour son ballet et pour quelques pages célèbres, dont « Promesse de mon avenir ». Au disque, l’enregistrement de Richard Bonynge (Decca, 1979), avec Joan Sutherland, fait longtemps office de référence ; la production de La Fenice (2004) apporte la première version selon l’édition critique, et l’ouvrage a connu de nouvelles résurrections, notamment à Londres en 2015 (Chelsea Opera Group), plus de cent trente ans après sa dernière apparition dans la capitale britannique.

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