Note personnelle : ,

Massenet, Jules — Cendrillon (1899)

Format :

  • Conte de fées (opéra-comique) en quatre actes et six tableaux.
  • Musique : Jules Massenet.
  • Livret : Henri Cain, d’après Cendrillon ou La Petite Pantoufle de verre de Charles Perrault.
  • Langue : Français.

Création :

24 mai 1899, à l’Opéra-Comique de Paris (Salle Favart).
Massenet a cinquante-sept ans et se trouve au sommet de ses moyens. Composée entre 1894 et 1895, mais créée quatre ans plus tard, la partition mêle la veine comique et le lyrisme intime, les danses de cour dans le goût baroque, le merveilleux de la féerie évoquant Mendelssohn et un chromatisme d’inspiration wagnérienne. L’ouvrage connaît dès sa création un vif succès.

Livret :

Henri Cain adapte le conte de Charles Perrault (1697) en conservant la pantoufle de verre, la marâtre et ses deux filles, la marraine-fée et le bal du prince, mais donne à l’héroïne le prénom de Lucette et fait de son père, Pandolphe, un personnage à part entière, faible et attendrissant, qui regarde sa fille souffrir sous la coupe de sa seconde épouse, Madame de la Haltière.

Intrigue :

  • Acte I : Dans la maison de Madame de la Haltière, Cendrillon, réduite à l’état de servante, envie le sort de ses demi-sœurs, Noémie et Dorothée. Le roi organise un bal pour trouver une épouse à son fils ; la belle-mère et ses filles s’y rendent, laissant Cendrillon seule. La Fée vient alors la transformer et lui offre robe et pantoufle de verre, à condition qu’elle quitte le bal avant minuit.
  • Acte II : Au bal du roi, le Prince Charmant, mélancolique, rencontre Cendrillon et en tombe amoureux. Au douzième coup de minuit, elle s’enfuit en perdant une pantoufle.
  • Acte III : De retour chez elle, Cendrillon se croit victime d’un rêve et sombre dans le désespoir ; la scène se poursuit au chêne des fées, où se déroulent des moments de séparation et de détresse.
  • Acte IV : À la cour, deux tableaux conduisent au dénouement : le Prince fait essayer la pantoufle aux jeunes filles du royaume, retrouve Cendrillon et l’épouse.

Enregistrement(s) :

Julius Rudel — 1978

Format : CD (2 disques) ; édition originale en vinyle (3 LP, 1979)
Label : CBS Masterworks (réédition Sony Classical, « The Sony Opera House »)
Référence : Sony 88697855742
Année d’enregistrement : 14-24 juin 1978, All Saints Church, Tooting Graveney, Londres (studio).
Distribution :

  • Cendrillon : Frederica von Stade, mezzo-soprano
  • Madame de la Haltière : Jane Berbié
  • Le Prince Charmant : Nicolai Gedda, ténor
  • La Fée : Ruth Welting, soprano
  • Noémie : Teresa Cahill
  • Dorothée : Elizabeth Bainbridge
  • Pandolphe : Jules Bastin, basse
  • Le Roi / La Voix du héraut : Claude Méloni
  • Le Doyen de la Faculté : Paul Crook
  • Le Surintendant des plaisirs : Christian du Plessis
  • Le Premier ministre : John Noble

Direction : Julius Rudel (chef de chœur : John McCarthy)
Orchestre : Philharmonia Orchestra, Ambrosian Opera Chorus
Langue : Français

Particularité :

Premier enregistrement intégral de l’ouvrage. Le choix de confier le Prince Charmant à un ténor, Nicolai Gedda, plutôt qu’à la voix féminine d’origine, est le trait le plus marquant de cette version ; Frederica von Stade, dans le rôle-titre, fut unanimement saluée, Alan Blyth parlant d’une interprétation « absolument ravissante ». Le coffret figura dans le « Critic’s Choice » de Gramophone en 1979 et fut réédité en CD (1989, puis 2003 chez Sony).

John Wilson — 2019

Format : DVD / Blu-ray (durée : environ 148 minutes)
Label : Opus Arte
Référence : OA 1303 D (DVD) ; OABD 7267 D (Blu-ray)
Année d’enregistrement : 2019, Festival de Glyndebourne (captation de la reprise de la production de Fiona Shaw, réalisée par François Roussillon).
Distribution :

  • Cendrillon : Danielle de Niese, soprano
  • Le Prince Charmant : Kate Lindsey, mezzo-soprano
  • Pandolphe : Lionel Lhote, baryton
  • La Fée : Nina Minasyan, soprano
  • Madame de la Haltière : Agnes Zwierko
  • Noémie : Eduarda Melo
  • Dorothée : Julie Pasturaud

Direction : John Wilson (chef de chœur : Aidan Oliver)
Orchestre : London Philharmonic Orchestra, The Glyndebourne Chorus
Mise en scène : Fiona Shaw (reprise : Fiona Dunn) ; décors : Jon Bausor ; costumes : Nicky Gillibrand ; mouvement : Mike Ashcroft ; lumières : Anna Watson
Langue : Français (sous-titres anglais, français, allemand, japonais, coréen)

Particularité :

Version scénique dans la mise en scène psychanalytique de Fiona Shaw : Cendrillon y rencontre son double enfant, les demi-sœurs sont des consommatrices obsédées de réseaux sociaux, et le Prince Charmant se révèle être une servante de la maison, ce qui a pu dérouter une partie de la critique (Mike Parr juge que le concept n’a que peu à voir avec Perrault ou Massenet). Danielle de Niese incarne une héroïne à la présence scénique enchanteresse, Kate Lindsey, voix crémeuse, double le rôle du Prince et d’une servante, et Nina Minasyan est une Fée aux aigus étincelants. John Wilson, très loué, fait entendre avec le London Philharmonic une partition riche en teintes sans jamais couvrir les chanteurs.

Postérité :

Succès dès sa création à l’Opéra-Comique, Cendrillon est l’un des opéras les plus charmants de Massenet, et s’est durablement maintenue au répertoire des maisons lyriques, jusqu’aux grandes productions de Covent Garden, de Glyndebourne ou de l’Opéra de Paris. Le disque de Rudel, premier enregistrement intégral, puis la captation de Glyndebourne ont contribué à faire connaître cette féerie, qui mêle comique bouffe, tendresse et raffinement orchestral.

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *