Format :
- Tragedia lirica en quatre actes.
- Musique : Pietro Mascagni.
- Livret : Gabriele D’Annunzio, d’après le poème Parisina de Lord Byron (1816).
- Langue : Italien.
Création :
15 décembre 1913, au Teatro alla Scala de Milan, sous la direction du compositeur, avec Tina Poli-Randaccio (Parisina), Hipólito Lázaro (Ugo), Carlo Galeffi (Nicolò) et Luisa Garibaldi (Stella).
Mascagni a quarante-neuf ans. Il s’abandonne ici à un lyrisme somptueux, sensuel et décadent, très éloigné du vérisme de Cavalleria rusticana, porté par un orchestre abondant et par l’écriture possédée du poète. Malgré la présence de Boito, Puccini, Zandonai ou Giordano dans la salle, le succès ne fut pas retentissant : la durée (près de trois heures quarante de musique) fit écrire au critique Giovanni Pozza qu’il fallait « couper, couper, couper », et Mascagni opéra dès la deuxième représentation d’importantes coupures.
Livret :
Le sujet, tiré de l’histoire de la cour de Ferrare au XVe siècle (les amours de Parisina Malatesta et de son beau-fils Ugo d’Este, évoqués par Byron), avait d’abord été proposé par l’éditeur Ricordi à Puccini puis à Franchetti, sans suite ; Mascagni l’accepta aussitôt. Le compositeur travailla à Paris en étroite collaboration avec D’Annunzio, non sans discussions sur les coupures du texte.
Intrigue :
- Acte I : Dans la villa du marquis Nicolò d’Este, Ugo, son fils, s’exerce au tir à l’arc lorsque survient sa mère Stella dell’Assassino, qui réclame vengeance contre Parisina Malatesta, devenue l’épouse du marquis.
- Acte II : Au sanctuaire de Lorette, Parisina prépare une offrande à la Vierge. Ugo, de retour de guerre, la rejoint ; au milieu des chants de dévotion, les deux jeunes gens s’étreignent et s’embrassent : leur amour coupable commence.
- Acte III : Au palais de Belfiore, Parisina, inquiète, lit l’histoire de Francesca da Rimini, également trahie par sa passion. Nicolò, rentré inopinément de la chasse, surprend son fils avec sa femme.
- Acte IV : Les amants sont condamnés ; l’opéra s’achève dans les cachots, sur leur exécution.
Enregistrement(s) :

Gianandrea Gavazzeni — 1978
Format : CD (2 disques)
Label : Bongiovanni (collection « Novità del Passato »)
Référence : GB 2440/41-2 (publié en 2009)
Année d’enregistrement : décembre 1978, Teatro dell’Opera de Rome, en public.
Distribution :
- Parisina Malatesta : Atarah Hazzan, soprano
- Ugo d’Este : Giuseppe Vendittelli, ténor
- Nicolò d’Este : Aldo Protti, baryton
- Aldobrandino dei Ragoni : Ferruccio Furlanetto
- Stella dell’Assassino : Katia Angeloni, mezzo-soprano
- Autres rôles : Stella Silva, Etta Bernard, Giovanna Di Rocco, Leonia Vetuschi, Corinna Vozza
Direction : Gianandrea Gavazzeni
Orchestre : Orchestre et Chœur du Teatro dell’Opera de Rome
Langue : Italien
Particularité :
Captation sur le vif à l’Opéra de Rome, publiée seulement en 2009, sous la direction de l’un des plus grands mascagniens du XXe siècle. Gavazzeni y défend la sensualité orchestrale et le sens du théâtre de la partition, avec le baryton Aldo Protti en Nicolò et, dans le rôle d’Aldobrandino, la basse Ferruccio Furlanetto. Un témoignage précieux sur une œuvre presque absente des scènes.

Enrique Diemecke — 1999
Format : CD (3 disques)
Label : Actes Sud / Festival de Radio France et Montpellier (distribution Naïve)
Référence : AT 34103 (Naïve AD 166)
Année d’enregistrement : 22 juillet 1999, Opéra Berlioz – Le Corum, Montpellier, en public (enregistrement Radio France).
Distribution :
- Parisina Malatesta : Denia Mazzola-Gavazzeni, soprano
- Ugo d’Este : Vitali Tarachenko, ténor
- Nicolò d’Este : Vladimir Vaneyev, baryton
- Aldobrandino dei Ragoni : Valery Ivanov
- Stella dell’Assassino : Tea Demurishvili, mezzo-soprano
- La Verde / La fante : Laura Brioli
Direction : Enrique Diemecke
Orchestre : Orchestre National de Montpellier Languedoc-Roussillon, Chœur de la Radio lettone
Langue : Italien
Particularité :
Annoncé comme le premier enregistrement mondial de l’opéra à paraître dans le commerce, cet album du Festival de Radio France et Montpellier propose l’ouvrage sur trois disques (un acte par disque, dont les durées sont de 44, 54 et 59 minutes environ), le livret du coffret présentant l’œuvre en trois actes. Enrique Diemecke y dirige avec énergie une distribution d’Europe de l’Est réunie autour de Denia Mazzola-Gavazzeni, dans le rôle-titre.
Postérité :
Accueillie avec réserve et victime de sa durée, Parisina n’a jamais conquis le répertoire et n’a connu que de rares reprises. On souligne pourtant que le quatrième acte, souvent coupé, contient la meilleure musique de l’ouvrage, et les enregistrements de 1978 et de 1999 permettent d’apprécier cette partition ambitieuse, l’une des plus raffinées de la maturité de Mascagni.

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