Format
Opéra comique (Spieloper) en 3 actes.
Musique : Albert Lortzing.
Livret : Albert Lortzing, d’après la comédie Liebhaber und Nebenbuhler in einer Person de Friedrich Wilhelm Ziegler (1759-1827).
Langue : Allemand.
Création 30 mai 1846, au Theater an der Wien à Vienne (sous la direction du compositeur). Chef-d’œuvre de la Spieloper bédermeier, l’œuvre concilie un style musical populaire (airs à couplets, lieder et ensembles d’inspiration mozartienne) et une subtile peinture sociale. Derrière la légèreté de la comédie de mœurs se profilent l’affirmation de la classe bourgeoise face à l’aristocratie et une pointe d’emancipation féminine.
Livret Rédigé par Lortzing lui-même d’après la pièce de Ziegler, le livret se situe à Worms au XVIe siècle. Il simplifie la pièce originale pour mettre en avant l’opposition idéale entre les préjugés anti-nobles du maître armurier Stadinger et la sincérité de l’amour du comte Liebenau.
Intrigue
Acte I : Le comte Liebenau refuse le mariage arrangé que sa lignée exige et s’éprend de Marie, la fille de l’armurier Hans Stadinger. Sachant que l’armurier déteste la noblesse, Liebenau se fait engager chez lui incognito comme simple compagnon sous le nom de Konrad, suivi par son valet Georg. Pour tester Marie, Liebenau lui fait la cour sous sa vraie identité de comte, mais la jeune fille le repousse, affirmant qu’elle aime le humble compagnon Konrad.
Acte II : Liebenau (en Konrad) fait semblant d’être jaloux du comte pour éprouver une nouvelle fois Marie, avant d’échanger un tendre pardon. Le chevalier Adelhof tente d’avertir Stadinger, mais l’armurier ne veut rien entendre. Lors de la fête célébrant ses 25 ans de maîtrise, Stadinger annonce vouloir marier Marie à Georg, ce que les deux jeunes gens refusent. Une fausse enlèvement orchestrée par le comte permet à Konrad de « sauver » Marie, mais Stadinger, fou de rage, menace de l’envoyer au couvent.
Acte III : Marie déplore la condition faite aux femmes (« Wir armen, armen Mädchen ») tout en réaffirmant son amour pour Konrad. Une fausse lettre des autorités de la ville intime à Stadinger d’accepter le mariage pour éviter un soulèvement populaire. L’armurier cède et évoque avec nostalgie sa jeunesse passée (« Auch ich war ein Jüngling mit lockigem Haar »). Lorsque son nouveau gendre apparaît en grand équipage et révèle sa condition de comte prêt à tout renoncer par amour, Stadinger finit par donner sa bénédiction.
Enregistrement(s)

Leo Hussain — 2021
Format : CD (2 CD)
Label : Capriccio
Référence : C5490
Année d’enregistrement : 21 octobre 2021 (Enregistré en direct au Theater an der Wien)
Distribution :
Hans Stadinger : Günther Groissböck
Marie : Miriam Kutrowatz
Irmentraut : Juliette Mars
Ritter Graf von Liebenau : Timothy Connor
Georg : Andrew Morstein
Ritter Adelhof aus Schwaben : Ivan Zinoviev
Brenner : Jan Petryka
Direction : Leo Hussain
Orchestre : ORF Vienna Radio Symphony Orchestra (ORF Radio-Symphonieorchester Wien)
Choeur : Arnold Schoenberg Chor (Chef de chœur : Erwin Ortner)
Langue : Allemand
Particularité : Capté en direct lors d’une exécution concertante célébrant le 175e anniversaire de la création de l’œuvre au Theater an der Wien, cet enregistrement réunissant des figures majeures de la scène viennoise (dont la basse Günther Groissböck) inclut le livret intégral et ses traductions.
Postérité Der Waffenschmied est demeuré l’un des opéras comiques les plus populaires du répertoire germanique tout au long des XIXe et XXe siècles. Deux de ses airs sont devenus d’immenses succès du répertoire de concert et de récital : l’air de bravoure nostalgique de la basse Stadinger (« Auch ich war ein Jüngling mit lockigem Haar ») et l’air piquant de soprano de Marie (« Wir armen, armen Mädchen »).

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