Note personnelle : ,

Leoni, Franco — L’Oracolo (1905)

Format :

  • Opéra en un acte (« un atto in prosa musicale »).
  • Musique : Franco Leoni (1864-1949).
  • Livret : Camillo Zanoni, d’après la pièce The Cat and the Cherub (1897) de Chester Bailey Fernald.
  • Langue : italien.

Création :

28 juin 1905, Royal Opera House, Covent Garden, Londres, sous la direction d’André Messager, avec le baryton Antonio Scotti dans le rôle de Cim-Fen.
Milanais établi à Londres depuis 1892, Leoni signe là son quatrième opéra. L’idée de l’ouvrage semble venir de Scotti, dont l’engagement dans toute l’histoire de l’œuvre est très fort. L’ouvrage fut donné en complément d’Orphée et Eurydice lors de la création.

Livret :

Chester Bailey Fernald (1869-1938), né à Boston, ingénieur naval puis journaliste à San Francisco, s’est fait connaître par des récits mi-documentaires sur le quartier chinois de San Francisco, réunis dans The Cat and the Cherub (1896). Il en tira une pièce, créée au Lyric Theatre de Londres le 30 octobre 1897, dont Camillo Zanoni ne conserve que quelques fragments pour bâtir le livret. Le petit garçon chinois et le chat, figures centrales des récits, ont disparu au profit d’une vaste fresque colorée du quartier chinois : foule d’opiomanes, opulence du Nouvel An chinois, mysticisme d’une devineresse et vengeance sanglante. Leoni évoque l’Extrême-Orient par des pentatoniques, le célesta, le tam-tam, des quartes et quintes parallèles, des chœurs répétitifs et des bruitages (coq, sirène de navire, cloches), sans citer de véritable mélodie chinoise.

Intrigue :

  • Acte unique : Le quartier chinois de San Francisco, vers 1900, au matin du Nouvel An chinois, dans la « rue de la Hache ». Cim-Fen, propriétaire d’une fumerie d’opium, rêve de s’élever dans la société mais se heurte au refus de l’élite. Il a promis à Hua-Quì, la nourrice du riche marchand Hu-Tsin, de l’épouser, pour lui soutirer des informations qui lui permettront de briser l’amour d’Ah-Joe, la nièce, et de San-Lui. Il demande pourtant conseil à Uin-Scì, le père de San-Lui, sage médecin, qui le met en garde contre l’avidité et la luxure. San-Lui et Ah-Joe s’avouent leur amour tandis que le quartier s’éveille. Au marché, Cim-Fen demande à Hu-Tsin la main d’Ah-Joe et essuie un refus catégorique ; sa rencontre avec la diseuse de bonne aventure provoque l’hilarité générale. Hu-Tsin prie Uin-Scì de prédire le destin de son jeune fils Hu-Cì ; San-Lui veille à ce que Cim-Fen soit exclu de la cérémonie religieuse. L’oracle du sage annonce que deux personnes mourront, que l’âme de l’une ira au nirvana et l’autre en enfer, et que Hu-Cì sera protégé par les dieux. Dans le tumulte des fêtes et de la procession du dragon, Cim-Fen enlève le fils du marchand et offre innocemment son aide pour le retrouver ; en récompense, il exige la main d’Ah-Joe. San-Lui doit retrouver Hu-Cì pour la gagner à sa place : il provoque Cim-Fen, qui le tue. Ah-Joe, folle de chagrin, perd la raison. Uin-Scì retrouve Cim-Fen, libère l’enfant et le tue, ce qui accomplit la seconde moitié de sa prophétie.

Enregistrement :

Solyom — 2009

Format : 1 CD (63’57), enregistrement live avec livret bilingue allemand-anglais.
Label : OehmsClassics.
Référence : OC 952 (℗ 2009, © 2010 OehmsClassics Musikproduktion GmbH).
Année d’enregistrement : 6 et 7 novembre 2009, en direct de l’Oper Frankfurt (Oper Frankfurt Recording System, conçu par Peter Tobiasch ; producteur : Christian Wilde).
Distribution :

  • Uin-Scì, vieux sage : Ashley Holland, baryton
  • Cim-Fen, propriétaire d’une fumerie d’opium : Peter Sidhom, baryton
  • Hu-Tsin, riche marchand : Franz Mayer, basse-baryton
  • San-Lui, fils d’Uin-Scì : Carlo Ventre, ténor
  • Ah-Joe, nièce de Hu-Tsin : Annalisa Raspagliosi, soprano
  • Hua-Quì, nourrice de Hu-Cì : Katharina Magiera, alto
  • Opiomanes et marchands : Pere Llompart, Lars Rößler, Ricardo Iturra et Pavel Smirnov
  • Devineresse : Eun-Hye Shin et Katharina Magiera

Direction : Stefan Solyom
Orchestre : Frankfurter Opern- und Museumsorchester ; Chor der Oper Frankfurt (chef de chœur : Matthias Köhler) et Kinderchor der Oper Frankfurt (chef de chœur : Michael Clark)
Langue : italien

Particularité :

Prise de son en direct d’une production scénique de l’Oper Frankfurt mise en scène par Sandra Leupold (décors et costumes de Heike Scheele). D’après les sources consultées, il s’agit de l’un des deux seuls enregistrements intégraux de l’œuvre, avec celui de 1975 dirigé par Richard Bonynge. L’International Record Review (décembre 2010) y voit la partition d’un maître mineur, qui connaissait et avait appris de ses contemporains.

Postérité :

L’Oracolo fut le grand succès de Leoni : Scotti le défendit partout, notamment au Metropolitan Opera de New York, où l’ouvrage resta au répertoire de 1917 à 1926, puis à nouveau à partir de 1931, et où le baryton en fit son spectacle d’adieu en 1933 (55 représentations au total). Il disparut ensuite presque complètement de la scène ; seul l’air d’Ah-Joe « Bianca luce silente » circula longtemps au disque. L’œuvre fut redonnée à Kiel, à Glasgow en 1994, par la compagnie Teatro Grattacielo à New York, puis au festival de Wexford en 2018. Leoni doit sa notoriété à deux œuvres seulement : Francesca da Rimini (Opéra-Comique, 1913) et L’Oracolo.

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *