Format :
- Festa teatrale (fête théâtrale, ou « serenata ») en deux parties.
- Musique : Leonardo Leo (1694-1744).
- Livret : anonyme.
- Langue : italien.
Création :
Œuvre attribuée à l’année 1743, composée à Naples pour célébrer la naissance de l’infante Maria Elisabetta Anna, troisième fille du roi Charles III de Bourbon et de Marie-Amélie de Saxe, née le 29 avril 1743. Leo, alors vice-maître de la Chapelle royale, est un compositeur au sommet de sa réputation : L’Olimpiade (1737) ouvrait le Teatro San Carlo, et Amor vuol sofferenza (1739) avait confirmé son talent comique. Aucun document ne prouve toutefois que Decebalo ait été représenté du vivant du compositeur : la partition, conservée dans plusieurs copies manuscrites (Paris, Milan) et dans l’autographe, n’a connu de première exécution qu’en 2005, au festival de Tagliacozzo, dans la révision de Lorenzo Tozzi.
Livret :
Livret d’un auteur inconnu, dans le cadre d’une œuvre de circonstance à happy end obligatoire. Il met en scène des personnages historiques de l’Empire romain tels que les racontent Suétone et Dion Cassius : l’empereur Domitien, son ex-épouse Domitia Longina, le consul Flavius Clemens et Decebalus, roi des Daces, adversaire de Rome sous Domitien puis Trajan. Contrairement à la réalité historique, la conclusion est heureuse et allégorique.
Intrigue :
- Première partie : Rome, sous le règne de Domitien, tyran obsédé de pouvoir. Domitia, son ex-épouse, tiraillée entre ses sentiments et ses convictions, sert de médiatrice entre l’empereur et le Sénat. Flavio, consul, s’indigne de la tyrannie et de l’exil de son épouse Domitilla. Decebalo, étranger vivant à Rome et à demi allié, à demi surveillé par la garde impériale, aime Giulia, fille de Titus et nièce de l’empereur, que Domiziano convoite lui-même.
- Seconde partie : Les intrigues et les soupçons s’aggravent, jusqu’au dénouement heureux imposé par le genre : Domizia est rappelée à la cour comme épouse, Giulia est accordée à Decebalo, et Flavio retrouve son épouse grâce à l’annulation de l’édit d’exil. Un chœur final à cinq voix, « Nova stella in cielo appare », fait allusion à la naissance de la petite Maria Elisabetta, le « nouvel astre » du ciel.
Enregistrement(s) :

Lorenzo Tozzi — 2006
Format : 2 CD (76’41 + 53’37)
Label : Bongiovanni (collection « Novità del Passato »)
Référence : GB 2412/13-2 (℗ 2006)
Année d’enregistrement : 2 et 3 août 2005, en direct, Teatro Talia, Tagliacozzo (L’Aquila), à l’occasion du XXIe Festival Internazionale di Mezza Estate. Première exécution absolue, dans la révision de Lorenzo Tozzi d’après l’autographe.
Distribution :
- Decebalo : Adrian George Popescu
- Giulia : Julia Surdu
- Flavio : Angelo Manzotti
- Domiziano : Sorin Dumitrascu
- Domizia : Ruxandra Ibric Cioranu
Direction : Lorenzo Tozzi (direttore e concertatore)
Orchestre : Romabarocca Ensemble (violon principal : Mihail Ghiga ; clavecin et basse continue : Irina Nastase)
Langue : italien
Particularité :
Première mondiale de l’œuvre, jouée sur instruments anciens à partir de l’autographe. La partition compte seize numéros, dont quinze airs solistes : trois pour chacun des personnages, sauf Domiziano (quatre) et Decebalo (deux), et un chœur final à cinq. Leo, qui ne dispose pas de sinfonia propre, emprunte l’ouverture de l’acte I à L’Olimpiade (1737) et celle de l’acte II à Emira (1735). L’écriture instrumentale, avec cors, hautbois, flûte à bec et trompettes, est particulièrement soignée, et plusieurs grands airs de comparaison (« Gonfio torrente », « Da cento mali oppresso », « Traviata rondinella », avec violon obligé) se détachent. Lorenzo Tozzi, qui signe aussi l’essai du livret d’accompagnement, y souligne la profonde psychologie des personnages.
Postérité :
Longtemps restée inédite, cette œuvre de circonstance a été révélée au disque par la version Tozzi, qui rend accessible un jalon peu connu de la production napolitaine de Leo, à côté de ses drames et de ses opéras bouffes plus célèbres.

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