Note personnelle : ,

Kálmán, Imre Emmerich — Ein Herbstmanöver (1908)

Format :

  • Opérette en trois actes (Aufzüge).
  • Musique : Imre (Emmerich) Kálmán (1882-1953).
  • Livret : Karl von Bakonyi ; traduction allemande et textes des chansons de Robert Bodanzky (version hongroise originale Tatárjárás : Karl von Bakonyi et Andor Gábor).
  • Langue : allemand (original hongrois : Tatárjárás, « L’invasion des Tatars »).

Création :

22 février 1908, Vígszínház, Budapest (version hongroise Tatárjárás) ; version allemande Ein Herbstmanöver le 22 janvier 1909 au Theater an der Wien, Vienne.
Première opérette de Kálmán, alors âgé de vingt-cinq ans : créée dans un théâtre de comédie peu habitué à l’opérette, elle connaît un succès immédiat à Budapest, puis à Vienne, où le compositeur l’agrandit et l’enrichit pour la scène du Theater an der Wien. Ce triomphe décide Kálmán à s’installer à Vienne. L’œuvre est aussi donnée à Broadway dès 1909 sous le titre The Gay Hussars (Knickerbocker Theatre, 29 juillet 1909), sans grand succès à New York ni à Londres.

Livret :

Karl von Bakonyi situe l’action au château de la baronne Riza de Marbach, au cœur de la puszta hongroise, au moment des manœuvres d’automne de l’armée impériale et royale. Tout y est prétexte aux hussards, aux bals et aux amours contrariées ; mais, sous le vernis de l’opérette, le dramaturge de l’édition de Gießen (Matthias Kauffmann) voit un adieu mélancolique au monde des hussards, à l’aube du XXe siècle, et fait de Riza une « triste veuve » aux accès d’humeur extrêmes. Le compositeur y oppose, au champagne de l’« âge d’or » straussien, un ton sentimental et nostalgique, nourri d’idiomes hongrois.

Intrigue :

  • Acte I : « Les hussards arrivent ! » : dans la cour du château de la baronne Riza de Marbach, le vieux serviteur Bence et le cynique Kurt voient leur tranquillité s’achever, car les grandes manœuvres d’automne vont se dérouler dans la puszta. Les dames de la société accourent pour contempler les hussards ; arrivent le jeune recrue Marosi et le brave Wallerstein, officier de réserve. Parmi les héros, l’élégant premier-lieutenant von Lörenthy souffre de retrouver Riza, son amour de jeunesse, qui a épousé un homme plus riche ; il refuse même d’entrer au château, dont il est pourtant l’héritier légitime, ce que le vieux Bence ne tarde pas à comprendre.
  • Acte II : Marosi est amoureux de la ravissante Treszka, fille du redoutable feld-maréchal-lieutenant von Lohonnay, mais Treszka n’a d’yeux que pour Lörenthy. Au bal éblouissant donné par Riza, le scandale menace : les clairons sonnent le début des manœuvres juste quand Lörenthy prépare l’excès, et Lohonnay paraît soudain à la porte en grondant.
  • Acte III : Les quiproquos amoureux et militaires se dénouent. Le livret du disque, qui ne reprend qu’une partie des dialogues, ne détaille pas la fin de l’intrigue.

Enregistrement(s) :

Michael Hofstetter — 2019

Format : 1 CD (durée totale : 79’50)
Label : Oehms Classics (coproduction avec Deutschlandfunk Kultur ; hr2 kultur ; Stadttheater Gießen)
Référence : OC 977
Année d’enregistrement : 6-7 juin 2018, Ausstellungszentrum Hessenhallen, Gießen (publié en 2019).
Distribution :

  • Feldmarschall-Leutnant von Lohonnay : Harald Pfeiffer (rôle parlé)
  • Treszka, sa fille : Marie Seidler, mezzo-soprano
  • La baronne Riza von Marbach : Christiane Boesiger, soprano
  • Oberleutnant von Lörenthy, chez les hussards : Grga Peroš, baryton
  • Wallerstein, feldwebel cadet de réserve : Tomi Wendt, baryton
  • Marosi, volontaire chez les hussards : Clemens Kerschbaumer, ténor
  • Kurt, intendant du domaine : Rainer Hustedt (rôle parlé)
  • Bence, grand valet : Rainer Domke (rôle parlé)
  • Violon solo : Robert Varady

Direction : Michael Hofstetter
Orchestre : Philharmonisches Orchester Gießen
Chœur : Chor und Extrachor des Stadttheaters Gießen (préparation : Jan Hoffmann)
Langue : allemand (version de dialogues de Gießen : Balázs Kovalik ; textes de chant complémentaires et dramaturgie : Matthias Kauffmann).

Particularité :

Enregistrement issu de la production du Stadttheater Gießen (2017-2018), fondée sur une nouvelle partition établie par l’équipe de Gießen à partir de la partition manuscrite conservée à Los Angeles (archives Kálmán) et des parties séparées de Budapest, très remaniées ; le disque complète l’œuvre de deux numéros de l’opérette suivante, Der gute Kamerad (1911). La critique salue un chant de très haut niveau : le baryton Grga Peroš, le plus nuancé, la soprano mûre de Christiane Boesiger contrastant avec la jeune mezzo de Marie Seidler, ainsi que l’entrée bouffe de Wendt ; la prise de son est jugée excellente. Les dialogues parlés ont été largement coupés pour tenir sur un seul disque, ce qui rend l’intrigue plus difficile à suivre.

Postérité :

Succès considérable avant 1914 — plus de 600 représentations à Vienne en dix ans et environ un millier en Allemagne, selon la critique —, l’œuvre a ensuite presque disparu des programmes des théâtres germanophones. Elle a été enregistrée en 2003 par l’Ohio Light Opera sous le titre Autumn Manoeuvers, puis retrouvée par le Stadttheater Gießen, dont l’enregistrement de 2018 reste la référence en allemand.

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