Format :
- Opérette en trois actes.
- Musique : Imre (Emmerich) Kálmán (1882-1953).
- Livret : Julius Wilhelm et Fritz Grünbaum.
- Langue : allemand. L’œuvre est aussi connue sous le titre anglais Sári (ou The Gypsy Virtuoso).
Création :
11 octobre 1912, Johann-Strauß-Theater, Vienne (Alexander Girardi dans le rôle du primas Pali Rácz).
Kálmán, déjà célèbre depuis le triomphe de Ein Herbstmanöver (1908-1909), signe ici sa deuxième grande opérette viennoise, trois ans avant Die Csárdásfürstin (1915). Elle est la première de ses œuvres scéniques à gagner les États-Unis, sous le titre Sári.
Livret :
Julius Wilhelm et Fritz Grünbaum s’inspirent de la figure réelle du violoniste tzigane hongrois Pali Rácz (1830-1886), célèbre pour sa nombreuse descendance (trente-six enfants, ramenés à seize dans l’opérette). Le primas, d’un âge où l’on commence à être dépassé, devient une sorte de Hans Sachs bienveillant et inquiet pour les amours de ses enfants, dans une opposition entre l’art tzigane traditionnel et le style moderne, savant, de la jeune génération.
Intrigue :
- Acte I : Pali Rácz, primas d’un village tzigane et déjà trois fois veuf, veut épouser sa nièce Juliska pour en faire sa quatrième femme, alors qu’elle aime son fils Laczi, violoniste de formation classique. Sári, la fille de Pali, tombe de son côté amoureuse du noble Gaston.
- Acte II : La rivalité musicale entre le père, fidèle au style traditionnel, et le fils, adepte d’un jeu moderne, s’achève par un concours public à la fin de l’acte, que Laczi remporte. Les critiques acerbes de Pali poussent Laczi à quitter la maison.
- Acte III : À Paris, père et fils se réconcilient, la comtesse Irini persuadant Pali de ne plus s’opposer à l’union des jeunes gens ; Sári et Gaston s’unissent.
Enregistrement(s) :

Claus Peter Flor — 2005
Format : 2 CD (durée totale : 101’23), concert avec récitante
Label : cpo (coproduction avec Bayerischer Rundfunk, collection BR-Klassik)
Référence : 777 058-2
Année d’enregistrement : 25-26 octobre 2003, Philharmonie im Gasteig, Munich (publié en 2005).
Distribution :
- Pali Rácz : Wolfgang Bankl, basse
- Sári : Gabriele Rossmanith, soprano
- Juliska : Edith Lienbacher, soprano
- Gaston : Zoran Todorovich, ténor
- Laczi : Roberto Saccà, ténor
- Graf Estragon : Kay Stiefermann, baryton
- Cadeau / Fekete : Klaus Häger, baryton
- Exzellenz Musitari : Martin Likier
- Deux Tziganes : Ladislav Hallon, Karol Bernath
- Récitante : Sunnyi Melles
Direction : Claus Peter Flor
Orchestre : Münchner Rundfunkorchester
Chœur : Kinderchor der Bayerischen Staatsoper ; Slovak Philharmonic Chorus
Langue : allemand.
Particularité :
Enregistrement d’un concert munichois avec récitante : le texte lu par Sunnyi Melles remplace les dialogues parlés et chevauche parfois les numéros musicaux, ce que la critique juge peu idéal. La partition, riche en mélancolie et en élan mélodique (valse Dorfkinder, monologue de violon de Pali Rácz, finale du premier acte avec violon solo et cymbalum), est bien servie par la direction gracieuse et charmante de Flor, même si l’on y regrette la verve viennoise de la version radiophonique de 1949. Gabriele Rossmanith se distingue en Sári ; Edith Lienbacher et Roberto Saccà forment un bon second couple, tandis que la basse de Wolfgang Bankl, jeune et un peu contrainte, paraît moins adaptée au rôle du vieux primas.
Postérité :
Moins riche en tubes que Die Csárdásfürstin, l’œuvre garde ses admirateurs. Elle a été enregistrée en extraits dès 1912 puis en version radiophonique en 1949 (Franz Marszalek, NWDR), en 1944 et 1952 en anglais pour la radio américaine, et en 2001 par l’Ohio Light Opera. Le disque de Claus Peter Flor, paru en 2005, est l’enregistrement le plus complet en allemand.

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