Format :
- Serenata en deux parties.
- Musique : Michael Haydn.
- Livret : Pietro Metastasio (L’Endimione, 1721), légèrement abrégé et complété d’insertions attribuées à Giambattista Varesco.
- Langue : italien.
Création :
17 novembre 1776 (probablement), Salzbourg, théâtre de la cour de la Résidence.
Au XVIIIe siècle, la cour des princes-archevêques de Salzbourg célébrait visites princières, intronisations et fêtes onomastiques par des serenate, petites œuvres lyriques de circonstance proches de l’opéra, données avec une distribution réduite et peu de décors ; les plus connues en sont Il sogno di Scipione et Il re pastore de Mozart. L’Endimione de Michael Haydn, alors maître de concert de la cour, fut composé pour les festivités de la consécration d’Ignaz von Spaur comme prince-évêque de Brixen par l’archevêque Colloredo, le 17 novembre 1776 : le matin, la cathédrale de Salzbourg entendit la Missa in C KV 257 (« Credo-Messe ») de Mozart, et le soir fut donnée au théâtre de la cour la sérénade de Michael Haydn. Aucun compte rendu de la représentation n’a été conservé ; le rôle-titre fut vraisemblablement chanté par le castrat munichois Tommaso Consoli, les autres par les chanteuses de la cour Magdalena Lipp (épouse du compositeur), Anna Braunhofer et Maria Anna Fesemayr.
Livret :
Métastase écrivit L’Endimione dès 1721 ; le texte fut mis en musique plus de vingt fois au XVIIIe siècle, notamment par Domenico Sarro, Hasse, Jommelli et Jean-Chrétien Bach (1772). Pour Salzbourg, il fut légèrement abrégé et enrichi d’insertions commentant l’action ou les affects des personnages, probablement dues au chapelain de la cour Giambattista Varesco, futur librettiste d’Idomeneo. L’autographe et le matériel d’exécution sont perdus : la seule source conservée est une copie de la partition due au copiste de la cour Maximilian Raab (Bayerische Staatsbibliothek, Munich). Mozart en possédait lui aussi une copie, aujourd’hui disparue, ce qui fit longtemps attribuer l’œuvre à Mozart lui-même.
Intrigue :
- Première partie : En Carie, dans les forêts consacrées à Diane. La déesse chasseresse soupçonne sa compagne, la nymphe Nice, pourtant vouée à la chasteté, d’être éprise du jeune berger Endimione. Amour, déguisé en chasseur sous le nom d’Alceste, commence ses intrigues. Nice rencontre Endimione, mais celui-ci repousse son amour, prétendant ne vivre que pour la chasse et la paix de l’âme. Blessé dans son orgueil, Amour décide de se venger : il décoche ses flèches, et Diane, découvrant Endimione endormi dans la forêt, tombe aussitôt amoureuse de lui. La partie s’achève sur le duo de Diane et Endimione.
- Deuxième partie : Endimione répond à l’amour de la déesse. Sous les traits d’Alceste, Amour attise la jalousie de Diane en lui révélant que Nice a avoué son amour au berger. Puis il annonce la mort accidentelle d’Endimione, plongeant la déesse et la nymphe dans le désespoir. Lorsque Diane le prie de la conduire auprès du défunt, Alceste avoue avoir inventé cette histoire et se révèle comme le dieu Amour. L’amour triomphe et fait oublier toutes les déceptions : Amour est célébré comme « le plus puissant des dieux », et Diane, pour vivre en paix avec son bien-aimé, permet à Nice d’aimer qui elle voudra, sauf Endimione.
Enregistrement :

Wolfgang Brunner — 2018
Format : 2 CD.
Label : cpo.
Référence : cpo 555 288-2.
Année d’enregistrement : 28 septembre – 2 octobre 2018, Solitär de l’Université Mozarteum, Salzbourg ; parution le 1er juin 2021.
Distribution :
- Diana : Aleksandra Zamojska, soprano
- Nice : Ulrike Hofbauer, soprano
- Amore (Alceste) : Lydia Teuscher, soprano
- Endimione : Nicholas Spanos, contre-ténor
Direction : Wolfgang Brunner (et clavecin).
Orchestre : Salzburger Hofmusik (instruments d’époque) et son ensemble vocal.
Langue : italien.
Particularité :
Premier enregistrement mondial de l’œuvre, près de 250 ans après sa création, réalisé en coopération avec l’Institut für Mozart-Interpretation de l’Université Mozarteum et la Johann Michael Haydn Gesellschaft, sur l’édition de Graziano Mandozzi et Gerhard Walterskirchen. Wolfgang Brunner, fondateur de la Salzburger Hofmusik et grand défenseur de la musique salzbourgeoise, dirige depuis le clavecin un ensemble sur instruments d’époque « merveilleusement réactif », dans une lecture élégante et courtoise qui laisse parler la musique, mettant en valeur la richesse de l’orchestration (cor anglais, harpe triple). Le contre-ténor grec Nicholas Spanos défend avec brio le rôle-titre, probablement conçu pour un castrat, tandis que les trois sopranos Aleksandra Zamojska, Ulrike Hofbauer et Lydia Teuscher affrontent avec aisance les redoutables coloratures de leurs parties. Un enregistrement qui révèle un Michael Haydn inattendu, loin de sa réputation de compositeur de musique sacrée.
Postérité :
Longtemps oubliée, voire faussement attribuée à Mozart en raison de la copie retrouvée dans ses papiers, la sérénade L’Endimione n’a été révélée qu’avec cet enregistrement de 2021. Elle témoigne de la vitalité de la vie lyrique à la cour de Colloredo dans les années 1770, aux côtés des œuvres de circonstance du jeune Mozart, et montre Michael Haydn, surtout célébré pour sa musique d’église, capable d’une écriture vocale virtuose héritée de l’opera seria.

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