Note personnelle : ,

Haydn, Michael — Andromeda e Perseo (1787)

Format :

  • Opera seria (dramma per musica) en deux actes.
  • Musique : Michael Haydn.
  • Livret : Giambattista Varesco, d’après l’Andromède de Pierre Corneille et les Métamorphoses d’Ovide.
  • Langue : italien.

Création :

14 mai 1787, Salzbourg, théâtre de la cour.
Frère cadet de Joseph Haydn, Michael Haydn est depuis 1763 au service de la cour archiépiscopale de Salzbourg, où il succédera en 1782 à Mozart comme organiste de la cour et de la cathédrale. Andromeda e Perseo, son unique opera seria, fut composé pour célébrer le quinzième anniversaire du règne du prince-archevêque Hieronymus Colloredo. Le rôle d’Andromeda fut créé par l’épouse du compositeur, la soprano Maria Magdalena Lipp, et celui de Perseo par le castrat soprano Francesco Ceccarelli. L’œuvre, pourtant d’une écriture vocale très exigeante, reçut un accueil mitigé : Leopold Mozart, notamment, en fit une critique sévère, doutant du talent théâtral de Michael Haydn.

Livret :

L’abbé Giambattista Varesco, chapelain de la cour de Salzbourg, avait signé quelques années plus tôt le livret d’Idomeneo de Mozart. Il s’inspire ici de la tragédie à machines Andromède de Corneille et du mythe ovidien, mais en modifie le dénouement : Perseo, loin de tuer son rival Fineo, lui accorde son pardon, conformément à l’idéal de clémence du souverain éclairé cher au genre de l’opéra de cour. Le personnage du roi Cefeo introduit par ailleurs quelques touches bouffes dans cette opera seria tardive. L’autographe, conservé à la Bibliothèque nationale Széchényi de Budapest, porte également un texte allemand, qui laisse supposer des adaptations en singspiel.

Intrigue :

  • Acte I : En Éthiopie, le royaume du roi Cefeo est ravagé par un monstre marin envoyé par Neptune, et l’oracle exige que la princesse Andromeda lui soit livrée en sacrifice. Andromeda, promise au prince Fineo, se résigne à son sort. Le héros Perseo, vainqueur de la Méduse, se présente et propose de délivrer la princesse, à condition de l’épouser. Cefeo accepte, au grand dépit de Fineo, qui voit ses espérances ruinées.
  • Acte II : Perseo terrasse le monstre et libère Andromeda, qui s’éprend de son sauveur. Fineo, jaloux, tente d’assassiner son rival, mais il est capturé. Touchés par son repentir, Andromeda et Perseo lui accordent leur pardon, et l’opéra se termine dans la liesse par la célébration des noces des deux héros.

Enregistrements :

Tamás Pál — 2004

Format : 2 CD.
Label : Bongiovanni (collection « Novità del Passato »).
Référence : GB 2377/78-2.
Année d’enregistrement : 2004 ; parution en 2005.
Distribution : (répartition des rôles non précisée par les sources consultées)

  • Beatrix Fodor, soprano
  • Rita Zalánki, soprano
  • Gabriella Gál, soprano
  • Tibor Szappanos, ténor
  • Bence Asztalos

Direction : Tamás Pál.
Orchestre : Orchestre symphonique Savaria (Szombathely) ; chœur mixte du lycée Dániel Berzsenyi.
Langue : italien.

Particularité :

Premier enregistrement intégral de l’œuvre dans sa langue originale, publié par le label italien Bongiovanni dans sa collection « Novità del Passato » consacrée aux raretés lyriques. Le chef hongrois Tamás Pál, familier des raretés lyriques, dirige l’Orchestre symphonique Savaria de Szombathely sur instruments modernes, avec une distribution hongroise emmenée par la soprano Beatrix Fodor, face aux redoutables vocalises de la partition. Une version fidèle et intégrale, précieuse pour découvrir cette partition longtemps oubliée, dans la continuité des redécouvertes hongroises de l’opéra de cour du XVIIIe siècle.

Reinhard Goebel — 2005

Format : 2 CD.
Label : Oehms Classics.
Référence : OC 911.
Année d’enregistrement : vers 2005 ; parution en janvier 2006.
Distribution :

  • Andromeda : Heike Porstein, soprano
  • Perseo : Christine Wolff, soprano
  • Fineo : Max Ciolek, ténor
  • Cefeo : Raimund Nolte, basse
  • Récitant : Gunther Cremer

Direction : Reinhard Goebel.
Orchestre : Rundfunk-Sinfonieorchester Saarbrücken ; VokalEnsemble Köln.
Langue : allemand (Andromeda und Perseus), avec récitant.

Particularité :

Reinhard Goebel, fondateur de Musica Antiqua Köln et infatigable découvreur de répertoire, propose une approche originale : les récitatifs sont remplacés par un récitant, ce qui renforce le caractère populaire de l’ouvrage et met en avant son architecture symphonique et la richesse de son écriture orchestrale, servie par un orchestre de radio moderne dirigé dans un esprit historiquement informé. La critique a salué la découverte tout en relevant quelques inégalités vocales : la soprano de Heike Porstein, plus pleine et mieux focalisée que celle de Christine Wolff, s’impose en Andromeda, tandis que Max Ciolek peine parfois dans l’aigu et les coloratures de Fineo. Une redécouverte « qui demande un peu de courage », selon la revue Rondo, mais qui révèle un compositeur au métier orchestral très sûr.

Postérité :

Éclipsé par la gloire de son frère Joseph et par celle de Mozart, Michael Haydn est surtout connu pour sa musique sacrée ; son œuvre dramatique est restée dans l’ombre. Andromeda e Perseo, opera seria tardive composée au moment même où le genre était jugé démodé, n’a guère connu de reprises avant sa redécouverte au disque au début du XXIe siècle. Les deux enregistrements réalisés à quelques mois d’intervalle, l’un en italien dans son intégralité, l’autre en allemand avec récitant, ont révélé une partition techniquement ambitieuse, aux airs virtuoses et à l’orchestration raffinée, témoin de la vie musicale de la cour de Colloredo à la veille de la Révolution.

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *