Format :
- Dramma eroicomico en trois actes.
- Musique : Joseph Haydn.
- Livret : Nunziato Porta, d’après Le pazzie d’Orlando de Carlo Francesco Badini, lui-même inspiré de l’Orlando furioso de l’Arioste.
- Langue : italien.
Création :
6 décembre 1782, Eszterháza (Hongrie), théâtre d’opéra du château.
Au faîte de son activité de directeur de l’opéra princier des Esterházy, Haydn compose Orlando paladino à l’automne 1782. Ce fut le plus grand succès lyrique de Haydn de son vivant : repris à Eszterháza lors des saisons suivantes, il fut rapidement joué dans de nombreuses villes d’Europe centrale, notamment dans une version allemande intitulée Ritter Roland.
Livret :
Nunziato Porta, régisseur de l’opéra d’Eszterháza, adapta un livret de Carlo Francesco Badini, Le pazzie d’Orlando, écrit pour Londres et mis en musique par Pietro Alessandro Guglielmi en 1771. Le texte puise dans l’épopée de l’Arioste les amours d’Angelica et Medoro, la folie d’Orlando et les sortilèges de la magicienne Alcina, mais les traite sur le mode héroï-comique : personnages sérieux et bouffes s’y côtoient, et le valet fanfaron Pasquale y parodie volontiers la grandeur chevaleresque.
Intrigue :
- Acte I : Angelica, reine du Cathay, et son amant Medoro se cachent de la jalousie furieuse du paladin Orlando, qui aime la reine sans retour. Angelica implore la protection de la magicienne Alcina. Rodomonte, roi de Barbarie, fanfaron et querelleur, cherche Orlando pour se mesurer à lui, tandis que Pasquale, l’écuyer poltron d’Orlando, fait la cour à la bergère Eurilla. Orlando découvre les noms des deux amants gravés sur les arbres et sombre dans la fureur ; Alcina intervient par ses sortilèges pour le neutraliser.
- Acte II : Rodomonte et Orlando s’affrontent en un duel interrompu. Poursuivis par Orlando, Angelica et Medoro tentent de fuir par la mer ; Pasquale, entre bravades et lâcheté, amuse par ses vantardises. Alcina multiplie les enchantements pour contenir la folie du paladin, qui devient de plus en plus égaré ; Angelica, croyant Medoro perdu, se désespère.
- Acte III : Alcina conduit Orlando aux Enfers, où Caronte lui fait boire l’eau du Léthé : le paladin oublie son amour pour Angelica et retrouve la raison. Délivré de sa passion, il se réconcilie avec Rodomonte et laisse Angelica s’unir à Medoro, tandis que Pasquale épouse Eurilla. Tous célèbrent le retour de la paix.
Enregistrement :

René Jacobs — 2009
Format : Blu-ray (1 disque) / 2 DVD.
Label : EuroArts.
Référence : 2057784 (Blu-ray) ; 2057788 (DVD).
Année d’enregistrement : 8 mai 2009, en public, Staatsoper Unter den Linden, Berlin ; parution du DVD en 2010, du Blu-ray en 2013.
Distribution :
- Angelica : Marlis Petersen, soprano
- Orlando : Tom Randle, ténor
- Rodomonte : Pietro Spagnoli, baryton
- Medoro : Magnus Staveland, ténor
- Eurilla : Sunhae Im, soprano
- Alcina : Alexandrina Pendatchanska, soprano
- Pasquale : Victor Torres, baryton
- Licone / Caronte : Arttu Kataja, baryton
Direction : René Jacobs.
Orchestre : Freiburger Barockorchester.
Langue : italien.
Particularité :
Captation de la production présentée au Staatsoper Unter den Linden de Berlin pour le bicentenaire de la mort de Haydn, en coproduction avec les Innsbrucker Festwochen der Alten Musik. Mise en scène par le Britannique Nigel Lowery et chorégraphiée par Amir Hosseinpour, elle traite les folies du « Roland furieux » sur un mode coloré, surréaliste et plein d’humour : décors de bande dessinée, ciseaux géants, arbres artificiels, costumes mêlant uniformes militaires et fantaisie, doubles barbus d’Orlando figurant les éclats de sa personnalité, et même un clin d’œil à Shining. René Jacobs dirige le Freiburger Barockorchester avec un sens aigu du théâtre et des tempos idéalement choisis. La distribution est remarquable : Marlis Petersen, Angelica noble au timbre lumineux, Tom Randle, Orlando à la diction claire et au timbre rond, Alexandrina Pendatchanska, Alcina à la folie grinçante, Sunhae Im, Eurilla pétillante, et surtout Victor Torres, irrésistible Pasquale dont l’air « Ecco spiano, ecco il mio trillo » est un grand moment de comédie. Souvent considérée comme la plus réussie des versions vidéo d’un opéra de Haydn.
Postérité :
Opéra le plus joué de Haydn à la fin du XVIIIe siècle, Orlando paladino tomba ensuite dans l’oubli avec le reste de sa production lyrique. Il réapparut au XXe siècle, avec notamment l’intégrale d’Antal Doráti chez Philips dans les années 1970, puis des reprises scéniques à partir des années 1980. L’année Haydn 2009 lui a offert une visibilité nouvelle, grâce à la production de René Jacobs à Berlin et Innsbruck, et l’œuvre compte aujourd’hui parmi les opéras de Haydn les plus régulièrement montés, apprécié pour son mélange d’héroïsme, de fantastique et de comédie.

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