Note personnelle : ,

Haydn, Joseph — Armida (1784)

Format :

  • Dramma eroico en trois actes (Hob. XXVIII:12).
  • Musique : Joseph Haydn (1732-1809).
  • Livret : Nunziato Porta, d’après la Gerusalemme liberata du Tasse.
  • Langue : italien.

Création :

26 février 1784, théâtre de la cour d’Esterháza.
Haydn est alors maître de chapelle du prince Nikolaus Esterházy. L’ouvrage y connaît 54 représentations entre 1784 et 1788 et est aussi donné de son vivant à Presbourg, Budapest, Turin et Vienne. Haydn le considérait comme son meilleur opéra.

Livret :

Nunziato Porta s’inspire principalement du Rinaldo d’Antonio Tozzi (1775), lui-même nourri de nombreuses Armida antérieures (Jommelli, Sacchini, Anfossi, Naumann…), dont la source ultime est l’épisode d’Armide et Renaud de la Gerusalemme liberata du Tasse.

Intrigue :

  • Acte I : Le roi sarrasin Idreno s’inquiète de l’avancée des croisés. La magicienne Armida, qui tient le chevalier chrétien Rinaldo sous son charme, lui fait promettre de combattre ses anciens compagnons en échange de la main d’Idreno et de son royaume. Ubaldo et Clotarco viennent le délivrer ; Zelmira, complice d’Armida, s’éprend de Clotarco. Ubaldo met Rinaldo en garde, mais celui-ci ne parvient pas à rompre le sortilège.
  • Acte II : Idreno prépare une embuscade en feignant de libérer les chevaliers ensorcelés. Rinaldo suit à regret Ubaldo, tandis qu’Armida est en proie à la fureur. Dans le camp des croisés, elle supplie Rinaldo de lui rester fidèle ; il part néanmoins au combat.
  • Acte III : Rinaldo pénètre dans un bois sombre pour détruire le myrte qui contient le pouvoir d’Armida. Zelmira et les nymphes tentent de le retenir, puis Armida paraît, mais ne peut se résoudre à le tuer. Rinaldo frappe l’arbre, la forêt enchantée s’évanouit, et Armida, jurant de le poursuivre, appelle un char infernal.

Enregistrements :

Nikolaus Harnoncourt — 2000

Format : 2 CD (CD 1 : 54’34 » ; CD 2 : 74’30 »), enregistrement en direct.
Label : Teldec Classics (Das Alte Werk).
Référence : 8573-81108-2.
Année d’enregistrement : non précisée (concert en direct, mention « recorded at the Musikverein Wien » ; ℗ 2000).
Distribution :

  • Armida : Cecilia Bartoli, mezzo-soprano
  • Rinaldo : Christoph Prégardien, ténor
  • Zelmira : Patricia Petibon, soprano
  • Idreno : Oliver Widmer, baryton
  • Ubaldo : Scot Weir, ténor
  • Clotarco : Markus Schäfer, ténor

Direction : Nikolaus Harnoncourt.
Orchestre : Concentus Musicus Wien (instruments d’époque).
Langue : italien.

Particularité :

Prise sur le vif au Musikverein de Vienne, cette version met face à face Cecilia Bartoli, qui chante le rôle-titre malgré une tessiture de mezzo, et Christoph Prégardien en Rinaldo. La critique salue une Armida tour à tour vulnérable, caressante et rageuse, des seconds rôles excellents (Prégardien, Petibon) et une direction qui donne de l’énergie à la partition, avec des cors vifs et une articulation nette, au prix d’une sonorité parfois jugée un peu âpre. Elle fait suite à l’enregistrement d’Antal Doráti (Philips, 1978, avec Jessye Norman).

Postérité :

Délaissée après l’époque de Haydn, Armida est reprise en concert à Cologne en 1968, puis montée à Berne ; la première américaine a lieu en septembre 1981 au Monadnock Music Festival (New Hampshire), dans une mise en scène de Peter Sellars transposée pendant la guerre du Vietnam, production dont Sellars dit qu’elle a inspiré Nixon in China. Karl Geiringer a relevé l’influence des principes de Gluck dans l’ouvrage, dont l’ouverture résume à elle seule l’action en termes purement instrumentaux. Elle est souvent considérée comme le sommet des opéras de Haydn.

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