Format :
- Opéra de marionnettes (Singspiel avec dialogues parlés) en un acte avec prologue (Hob. XXIXa:1).
- Musique : Joseph Haydn (1732-1809).
- Livret : d’après la pièce de Gottlieb Konrad Pfeffel ; prologue Der Götterrat probablement de Philipp Georg Bader.
- Langue : allemand.
Création :
Début septembre 1773 (1er septembre selon le livret de l’enregistrement Huss, 2 septembre selon Wikipédia), théâtre de marionnettes d’Esterháza.
L’œuvre, probablement la première de Haydn pour ce théâtre, est composée en l’honneur de l’impératrice Marie-Thérèse, en visite à Esterháza pour de grandes festivités organisées par le prince Nikolaus ; la représentation s’achevait sur une apothéose de l’impératrice et de la dynastie des Habsbourg.
Livret :
Le livret repose sur une pièce de Gottlieb Konrad Pfeffel (1736-1809), premier à porter à la scène le récit des Métamorphoses d’Ovide sur le vieux couple pauvre qui accueille des dieux encore inconnus ; Pfeffel y ajoute les personnages d’Aret et de Narcissa. Pour Esterháza, un prologue, Der Götterrat (Le Conseil des dieux), probablement dû au bibliothécaire du prince Philipp Georg Bader, met en scène les dieux de l’Olympe. Prologue et pièce portent ensemble le titre Philemon und Baucis, oder Jupiters Reise auf die Erde. À l’exception de la sinfonia et de quelques mesures pour la déesse Diane, la musique du prologue est perdue.
Intrigue :
- Prologue : Sur l’Olympe, les dieux s’inquiètent de l’état de la terre ; Jupiter et Mercure (Merkur) décident d’une dernière inspection secrète du monde des hommes.
- Acte unique : Chez Philemon et Baucis, un vieux couple pauvre, des paysans chantent ; Jupiter et Mercure, sous l’apparence de voyageurs, sont accueillis avec bonté. Aret et Narcissa, jeunes amants que Jupiter avait tués d’un coup de foudre, sont pleurés par le couple. Jupiter, dieu clément qui renonce au châtiment, leur rend la vie, et le chœur final salue en triomphe le dieu des dieux.
Enregistrements :

Wolfgang Brunner — 2009
Format : 1 CD (environ 42 minutes), version fragmentaire (Vorspiel Der Götterrat et musique de la pièce), présentée comme première mondiale au disque.
Label : Profil (Edition Günter Hänssler).
Référence : PH09038 (EAN 0881488903850).
Année d’enregistrement : vers 2002 ; parution en 2009. Lieu non précisé.
Distribution :
- Philemon : Manuel Warwitz, ténor
- Baucis : Nathalie Vinzent, soprano
- Aret : Bernhard Berchtold, ténor
- Narcissa : Ulrike Hofbauer, soprano
Direction : Wolfgang Brunner.
Orchestre : Salzburger Hofmusik ; Salzburger Kammerchor.
Langue : allemand.
Particularité :
Parue pour le bicentenaire de la mort de Haydn, cette version ne comprend que la musique conservée : le prélude Der Götterrat (sinfonia, andante, entrée de la déesse Diane), l’ouverture, les airs, le duo et les chœurs. Les rôles de Jupiter et de Mercure, essentiellement parlés, ne figurent pas dans la liste des plages. Les tessitures indiquées sont celles des rôles, les sources consultées ne les précisant pas pour chaque chanteur.

Manfred Huss — 2009
Format : 1 SACD (59’43).
Label : BIS.
Référence : BIS-SACD-1813.
Année d’enregistrement : mai 2008, Florianikirche, Straden (Styrie, Autriche), dans le cadre du festival Centropalia 2008 ; parution en 2009.
Distribution :
- Philemon : Christoph Genz, ténor
- Baucis : Maren Engelhardt, mezzo-soprano
- Aret : Jan Petryka, ténor
- Narcissa : Alexandra Reinprecht, soprano
- Jupiter (comédien) : Frank Hoffmann
- Merkur (comédien) : Hermann Beil
Direction : Manfred Huss.
Orchestre : Haydn Sinfonietta Wien (instruments d’époque) ; Vocalforum Graz (chef de chœur : Franz M. Herzog).
Langue : allemand.
Particularité :
Hermann Beil, qui joue Mercure, signe une version de texte condensée : le long prologue à neuf dieux devient un bref dialogue introductif et les dialogues de la partie principale sont resserrés, les textes chantés restant inchangés. L’enregistrement s’appuie surtout sur la « version de Paris » vers 1800, dont les intermèdes orchestraux et le ballet final ne sont pas de Haydn (Gluck, Ordonez) ; le ballet est omis, deux intermèdes sont ajoutés et l’air de Narcissa « Dir der Unschuld Seligkeit » provient d’Il mondo della luna, donc d’une insertion postérieure à 1776.
Postérité :
Seul de ses opéras de marionnettes à être parvenu à peu près intact (cinq autres ont péri dans l’incendie d’Esterháza en 1779), Philemon und Baucis n’existe plus sous sa forme de 1773, l’autographe étant perdu ; la partition connue a été retrouvée en 1950 par Jens Peter Larsen au Conservatoire de Paris. Haydn réutilisa l’ouverture du Götterrat dans sa Symphonie n° 50. Une seconde série de représentations a lieu à Esterháza en 1776. L’œuvre est parfois comparée au Baucis e Filemone de Gluck (1768) et au Philémon et Baucis de Gounod (1860/1876).

Laisser un commentaire