Format :
- Dramma giocoso per musica en trois actes (Hob. XXVIII:6).
- Musique : Joseph Haydn (1732-1809).
- Livret : Carl Friberth, d’après La rencontre imprévue de Louis Hurtaut Dancourt.
- Langue : italien.
Création :
Fin août 1775 (29 août selon les sources habituelles), château d’Esterháza.
L’ouvrage est la principale attraction musicale de quatre jours de festivités données par le prince Nikolaus Ier Esterházy à l’occasion de la visite de l’archiduc Ferdinand, gouverneur de Milan et fils de Marie-Thérèse, et de son épouse Maria Beatrice d’Este. Haydn est alors maître de chapelle des Esterházy.
Livret :
Carl Friberth adapte le livret que Dancourt avait écrit pour La rencontre imprévue, opéra-comique de Gluck créé à Vienne en 1764, lui-même tiré de la comédie en vaudeville Les Pèlerins de la Mecque (1726) du répertoire du théâtre de la Foire à Paris. L’action se déroule au Caire sous domination ottomane, dans le goût des « turqueries » alors à la mode.
Intrigue :
- Acte I : Au Caire, l’esclave Osmin, affamé, rencontre le derviche mendiant Calandro qui l’engage à rejoindre sa confrérie. Au sérail, la princesse persane Rezia, captive du sultan d’Égypte avec ses confidentes Balkis et Dardane, apprend que son bien-aimé, le prince Ali de Balsora, a été aperçu dans la ville. Ali, de son côté, déplore la perte de Rezia, retrouve Osmin sous son déguisement de derviche et est mis en relation avec Balkis.
- Acte II : Dardane met Ali à l’épreuve de sa fidélité pour le compte de Rezia ; les amants se retrouvent et décident de fuir pendant que le sultan est à la chasse. Osmin, enivré par Calandro, lui dévoile les détails de l’évasion.
- Acte III : Calandro, tenté par la récompense, a trahi les fugitifs et les gardes cernent leur cachette. La condamnation à mort est lue, puis suspendue par un second document : le sultan n’avait voulu qu’éprouver la constance des amants. Il les bénit, et Calandro est simplement banni de la ville.
Enregistrements :

Michi Gaigg — 2023
Format : 2 CD.
Label : cpo.
Référence : 555 327-2.
Année d’enregistrement : non précisée (parution en 2023 ; version de la production scénique des donauFESTWOCHEN im Strudengau, 2019).
Distribution :
- Ali, prince de Balsora : Bernhard Berchtold, ténor
- Rezia, princesse de Perse : Elisabeth Breuer, soprano
- Balkis, esclave, confidente de Rezia : Anna Willerding, soprano
- Dardane, esclave, confidente de Rezia : Annastina Malm, mezzo-soprano
- Osmin, esclave d’Ali : Markus Miesenberger, ténor
- Calandro, derviche mendiant : Rafael Fingerlos, baryton
- Le Sultan d’Égypte : Michael Wagner, basse
Direction : Michi Gaigg.
Orchestre : L’Orfeo Barockorchester (instruments d’époque).
Langue : italien.
Particularité :
L’enregistrement reprend la version de la production scénique de 2019 des donauFESTWOCHEN im Strudengau, mise en scène par Manuela Kloibmüller, dont Michi Gaigg est l’intendante. Certains récitatifs sont dits plutôt que chantés (notamment celui de l’acte II dont la musique est perdue). Les « turqueries » sont servies par une percussion adaptée aux usages ottomans, avec un tambour à main accordable, et le disque inclut l’air du Sultan « Un cor si tenero » (Hob. XXIV:11), ajouté en insert à l’acte III. Il s’agit de la deuxième version complète au disque après celle d’Antal Doráti (Philips, 1980).
Postérité :
Donnée à Esterháza devant un public choisi, l’œuvre n’a guère circulé au-delà de quelques reprises isolées, même si Haydn fit publier séparément l’air de Rezia « Or vicina a te » en 1783. La partition autographe est retrouvée à Leningrad en 1954 par le musicologue Jens Peter Larsen ; l’opéra est rediffusé en Russie en 1956, puis mis en scène pour la première fois au Royaume-Uni au Camden Festival en 1966. Une production en traduction allemande est donnée à l’Opéra de Wuppertal en 2010. La critique y relève une œuvre moins marquante que les grands succès lyriques de l’époque mais d’une musique variée et de qualité, avec ses passages de musique « turque », les scènes bouffes d’Osmin et de Calandro et le trio « Mi sembra un sogno » de l’acte I.

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