Format :
- Opéra (drame lyrique, devenu grand opéra) en 5 actes.
- Musique : Charles Gounod.
- Livret : Jules Barbier et Michel Carré, d’après la pièce de Carré Faust et Marguerite, elle-même tirée du Faust (première partie) de Goethe.
- Langue : français.
Création :
19 mars 1859, Théâtre Lyrique, Paris, sous la direction d’Adolphe Deloffre.
La création réunit Joseph Barbot (Faust), Mathieu-Émile Balanqué (Méphistophélès), Caroline Miolan-Carvalho (Marguerite), épouse du directeur Léon Carvalho, et Osmond Raynal (Valentin). Le ténor Hector Gruyer, d’abord distribué en Faust, avait été jugé insuffisant en répétition et remplacé peu avant la première. L’ouvrage est alors un opéra-comique avec dialogues parlés ; l’éditeur Antoine Choudens en acquiert les droits et fait ajouter des récitatifs pour le faire circuler en Allemagne, en Belgique, en Italie et en Angleterre.
Livret :
Jules Barbier et Michel Carré ne retiennent de Goethe que la première partie du Faust : l’histoire de Marguerite, séduite puis abandonnée, prend le pas sur les spéculations philosophiques du savant. Le Faust de Gounod est avant tout un drame d’amour et de damnation, autour du pacte avec Méphistophélès.
Intrigue :
- Acte I : Dans son cabinet, le vieux savant Faust, désabusé, tente de s’empoisonner, mais il est arrêté par des chants venus du dehors. Il maudit l’espérance et la foi et appelle Méphistophélès. Le démon lui offre plaisirs et jeunesse en échange de son âme ; Faust signe le pacte et redevient un jeune homme.
- Acte II : À la kermesse, villageois, soldats et étudiants chantent. Valentin confie sa sœur Marguerite à Siébel avant de partir à la guerre. Méphistophélès paraît, chante la chanson du veau d’or et calomnie Marguerite ; l’épée de Valentin se brise contre lui. Faust rencontre Marguerite, qui refuse timidement son bras.
- Acte III : Dans le jardin de Marguerite, Siébel dépose des fleurs ; Faust chante la pureté du lieu tandis que Méphistophélès laisse un coffret de bijoux. Marguerite chante la ballade du Roi de Thulé, puis découvre les bijoux dans l’air des bijoux. Faust la rejoint, aidé de Méphistophélès qui occupe Marthe, et Marguerite se laisse embrasser.
- Acte IV : Abandonnée et enceinte, Marguerite est réconfortée par Siébel. Valentin revient de la guerre ; Méphistophélès chante une sérénade moqueuse sous la fenêtre de Marguerite. Valentin provoque Faust en duel et est mortellement blessé ; il meurt en maudissant sa sœur. À la cathédrale, Marguerite tente de prier, mais Méphistophélès et des voix infernales la font s’évanouir.
- Acte V : Dans la nuit de Walpurgis, dans les monts du Harz, Méphistophélès entraîne Faust parmi les sorcières et les courtisanes, sur fond de ballet (ajouté pour l’Opéra en 1869). Faust, à l’aube, a la vision de Marguerite, et le démon le conduit dans la prison où elle attend son exécution pour infanticide. Elle refuse de fuir avec lui, s’en remet à Dieu et meurt ; une voix céleste proclame « Sauvée ! », tandis que Méphistophélès est repoussé et que l’âme de Marguerite monte au ciel.
Enregistrements :

André Cluytens — 1958
Format : 3 CD (réédition d’un enregistrement stéréo de 1958 ; le disque est sorti en 1959).
Label : EMI Classics (His Master’s Voice)
Référence : 7243 5 67967 2 (édition CD)
Année d’enregistrement : septembre-octobre 1958, Salle de la Mutualité, Paris.
Distribution :
- Faust : Nicolai Gedda, ténor
- Marguerite : Victoria de los Angeles, soprano
- Méphistophélès : Boris Christoff, basse
- Valentin : Ernest Blanc, baryton
- Siébel : Liliane Berton, soprano
- Marthe : Rita Gorr, mezzo-soprano
- Wagner : Victor Autran, baryton
Direction : André Cluytens (chef de chœur : René Duclos)
Orchestre : Orchestre et Chœur du Théâtre national de l’Opéra de Paris
Langue : français
Particularité :
Considéré comme le grand Faust « de Victoria de los Angeles », ce set de l’ère stéréo reste une référence : la soprano y donne une Marguerite très admirée et Nicolai Gedda est un Faust naturel et stylé. Le Méphistophélès de Boris Christoff, très théâtral, divise (jusqu’à être jugé « excessif » par certains critiques) mais impose sa présence, notamment dans ses affrontements avec Gedda. La direction d’André Cluytens, familier de la partition, est dramatiquement intense, et la prise de son stéréo reste pleine, malgré des raccords audibles.

Richard Bonynge — 1966
Format : 3 CD (durée totale : environ 3 h 10).
Label : Decca
Référence : 421 240-2 (réédition CD de 1991)
Année d’enregistrement : 1966, Kingsway Hall, Londres.
Distribution :
- Faust : Franco Corelli, ténor
- Marguerite : Joan Sutherland, soprano
- Méphistophélès : Nicolai Ghiaurov, basse
- Valentin : Robert Massard, baryton
- Siébel : Margreta Elkins, mezzo-soprano
- Marthe : Monica Sinclair, mezzo-soprano
- Wagner : Raymond Myers, baryton
Direction : Richard Bonynge
Orchestre : London Symphony Orchestra ; The Ambrosian Opera Chorus (chef de chœur : John McCarthy) ; The Choir of Highgate School
Langue : français
Particularité :
Enregistrement de studio de Decca réunissant trois grandes voix internationales, Franco Corelli, Joan Sutherland et Nicolai Ghiaurov, sous la direction du mari de la soprano, Richard Bonynge. C’est une vitrine de la qualité de prise de son de Decca, avec un plateau de stars plus « lyrique » et cosmopolite que ne le veut la tradition française.

Michel Plasson — 1991
Format : 3 CD (durée totale : environ 3 h 24).
Label : EMI Classics
Référence : CDS 7 54228 2 (sortie le 7 octobre 1991)
Année d’enregistrement : 15-28 février 1991, Halle-aux-Grains, Toulouse.
Distribution :
- Faust : Richard Leech, ténor
- Marguerite : Cheryl Studer, soprano
- Méphistophélès : José van Dam, basse-baryton
- Valentin : Thomas Hampson, baryton
- Siébel : Martine Mahé, mezzo-soprano
- Marthe : Nadine Denize, mezzo-soprano
- Wagner : Marc Barrard, baryton
Direction : Michel Plasson
Orchestre : Orchestre du Capitole de Toulouse ; Chœur du Capitole de Toulouse ; Chœur de l’Armée française
Langue : français
Particularité :
Version numérique enregistrée à Toulouse avec l’orchestre et le chœur du Capitole, dirigés par Michel Plasson, grand défenseur du répertoire français, et renforcés par le Chœur de l’Armée française. C’est le plus récent des trois enregistrements présentés ici, avec un plateau international mené par Cheryl Studer, José van Dam et Thomas Hampson.
Postérité :
Le Théâtre Lyrique fait du Faust un succès, et l’œuvre conquiert vite l’Europe : Dresde (1861) est le premier théâtre à l’annoncer sous le titre Margarethe, La Scala le donne en 1862 et Her Majesty’s Theatre, à Londres, en 1863. Pour l’Opéra de Paris, en 1869, Gounod ajoute récitatifs et ballet, et l’ouvrage devient la pièce la plus jouée de la maison. Le Metropolitan Opera de New York ouvre sa toute première saison, en 1883, avec Faust, ce qui lui vaut le surnom de « Faustspielhaus » ; il compte plus de sept cents représentations. En 2018, Christophe Rousset et Les Talens Lyriques ont enregistré la version originale de 1859, avec dialogues parlés.

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