Format :
- Tragédie lyrique en cinq actes (sans prologue).
- Musique : Christoph Willibald Gluck
- Livret : Philippe Quinault, d’après la Jérusalem délivrée du Tasse (livret déjà mis en musique par Lully en 1686)
- Langue : français
Création :
23 septembre 1777, Académie royale de musique, salle du Palais-Royal, Paris.
Cinquième ouvrage de Gluck pour la scène parisienne, Armide fut créée dans le climat de la querelle des gluckistes et des piccinnistes. Gluck y tenait pour son ouvrage préféré. Rôles créés : Armide (soprano), Rosalie Levasseur ; Renaud (haute-contre), Joseph Legros ; Phénice (soprano), Mlle Le Bourgeois ; Sidonie (soprano), Mlle Châteauneuf ; Hidraot (baryton), Nicolas Gélin ; La Haine (contralto), Céleste Durancy ; Ubalde (baryton), Henri Larrivée ; le Chevalier danois (ténor), Étienne Lainez.
Livret :
Gluck choisit de mettre en musique, sans le modifier, le livret de Quinault déjà utilisé par Lully, ce qui était un défi à la tradition française : il supprima seulement le prologue allégorique et ajouta quelques vers de sa main à la fin de l’acte III. Quinault s’inspire de l’épisode d’Armide et Renaud dans la Jérusalem délivrée du Tasse.
Intrigue :
- Acte I : À Damas, Armide, princesse et magicienne, est célébrée pour sa victoire sur les croisés, mais Renaud, le seul à lui avoir résisté, hante ses pensées. Son oncle Hidraot lui conseille d’épouser un chevalier ; elle refuse et avoue son trouble.
- Acte II : Armide découvre Renaud endormi dans un lieu enchanté. Elle s’apprête à le tuer, mais, saisie d’amour, elle renonce et le fait emporter dans son palais enchanté.
- Acte III : Armide, déchirée entre amour et haine, invoque la Haine, mais celle-ci l’abandonne quand elle ne peut s’empêcher d’aimer Renaud.
- Acte IV : Ubalde et le Chevalier danois partent à la recherche de Renaud et déjouent les illusions d’Armide à l’aide d’un sceptre d’or et d’un bouclier de diamant.
- Acte V : Renaud, enivré de plaisirs auprès d’Armide, se laisse arracher à elle par ses compagnons. Abandonnée, Armide détruit son palais enchanté dans sa fureur.
Enregistrements :

Richard Hickox — 1983
Format : live, CD (réédition Warner Classics)
Label : EMI (Warner Classics)
Référence : EMI SLS 107751-3 (3 LP, 1983) ; CD 4 89 880 2 7
Année d’enregistrement : 1, 3, 5 et 8 juin 1982, Spitalfields Festival, Londres (publié en 1983).
Distribution :
- Armide : Felicity Palmer, soprano
- Renaud : Anthony Rolfe Johnson, haute-contre / ténor
- Hidraot : Raimund Herincx, baryton
- La Haine : Linda Finnie, contralto
- Phénice : Sally Burgess, soprano
- Sidonie : Marie Slorach, soprano
- Aronte : Yaron Windmuller, baryton
- Artémidore : Adrian Thompson, ténor
- Le Chevalier danois : Keith Lewis, ténor
- Ubalde : Stephen Roberts, baryton
- Une naïade / Une amante heureuse : Lynda Russell, soprano
- Une autre naïade : Dinah Harris, soprano
Direction : Richard Hickox
Orchestre : City of London Sinfonia ; chœur : The Richard Hickox Singers
Langue : français
Particularité :
Captation sur le vif au Spitalfields Festival, avec des instruments modernes. Felicity Palmer y incarne une Armide dramatique, entourée d’une distribution britannique homogène.

Marc Minkowski — 1999
Format : live (concerts), 2 CD
Label : Archiv Produktion
Référence : 459 616-2
Année d’enregistrement : novembre-décembre 1996, concerts à la Cité de la musique, Paris (publié en 1999).
Distribution :
- Armide : Mireille Delunsch, soprano
- Renaud : Charles Workman, ténor
- Hidraot / Ubalde : Laurent Naouri, baryton
- La Haine : Ewa Podles, contralto
- Phénice / Mélisse : Françoise Masset, soprano
- Sidonie / Lucinde / Une bergère : Nicole Heaston, soprano
- Aronte : Vincent Le Texier, baryton
- Artémidore / Le Chevalier danois : Yann Beuron, ténor
- Une naïade : Valérie Gabail, soprano
- Ubalde : Brett Polegato, baryton
- Un plaisir : Magdalena Kozená, mezzo-soprano
Direction : Marc Minkowski
Orchestre : Les Musiciens du Louvre ; chœur des Musiciens du Louvre
Langue : français
Particularité :
Lecture sur instruments d’époque, plus vive et plus colorée que celle de Hickox, avec Mireille Delunsch en Armide et un Renaud de Charles Workman. Cette version, enregistrée en concert à Paris, s’est imposée comme référence pour les amateurs de pratique historiquement informée.
Postérité :
Armide est restée un jalon de l’opéra français : Berlioz en parle avec admiration dans ses Mémoires, et l’œuvre a provoqué un grand débat en s’attaquant à un livret de Quinault déjà consacré par Lully. Elle a été reprise à Paris jusqu’au XIXe siècle (1805, 1811, 1818, 1819, 1825), puis en 1866 et 1905, ainsi qu’à La Monnaie de Bruxelles en 1905 et au Metropolitan Opera de New York en 1910, sous la direction de Toscanini. Elle compte plusieurs enregistrements, notamment ceux de Hickox, Minkowski et de Muti.

Laisser un commentaire