Format :
- Oratorio en deux parties.
- Musique : Baldassare Galuppi.
- Livret : Giovanni Granelli.
- Langue : italien.
Création :
1747, Rome.
Sixième oratorio de Galuppi, cette œuvre naît d’une contrainte propre à la Rome pontificale : les représentations d’opéra y étant strictement prohibées, les compositeurs qui souhaitaient s’y produire devaient se tourner vers l’oratorio. Galuppi y transpose néanmoins toutes les conventions virtuoses de l’opera seria de son temps, dans un style mélodique proche de la mode napolitaine alors dominante.
Livret :
Granelli construit son livret autour de la chute d’Adam et Ève et de leur expulsion du Paradis, en donnant la parole, aux côtés du couple originel, à deux figures allégoriques — l’Angelo di Misericordia (Ange de la Miséricorde) et l’Angelo di Giustizia (Ange de la Justice) — qui commentent et débattent du sort réservé à l’humanité déchue, selon une convention fréquente de l’oratorio vénitien du XVIIIe siècle.
Intrigue :
- Prima parte : Adamo et Eva cèdent à la tentation et transgressent l’interdit divin. L’Angelo di Giustizia réclame le châtiment immédiat des coupables, tandis que l’Angelo di Misericordia plaide déjà pour la clémence, exposant les deux visages de la justice divine face au péché originel.
- Seconda parte : Pris de remords, Adamo et Eva pleurent leur faute et implorent le pardon. Confrontés à la douleur du couple déchu, les deux anges parviennent à concilier rigueur et clémence ; l’expulsion du Paradis est prononcée, mais l’oratorio s’achève sur un chœur final réunissant les quatre voix dans un esprit d’espérance et de réconciliation.
Enregistrement :

Claudio Scimone — 1987
Format : 2 CD.
Label : Erato.
Référence : ECD 88228.
Année d’enregistrement : 1987.
Distribution :
- Eva : Mara Zampieri, soprano
- Adamo : Ernesto Palacio, ténor
- Angelo di Misericordia : Susanna Rigacci, soprano
- Angelo di Giustizia : Marilyn Schmiege, mezzo-soprano
Direction : Claudio Scimone.
Orchestre : I Solisti Veneti.
Clavecin : Edoardo Farina.
Langue : italien.
Particularité :
Enregistrement numérique (DDD) de référence pour cette rareté du catalogue sacré de Galuppi, réunissant une distribution vénitienne de haut niveau autour de Claudio Scimone et de son ensemble I Solisti Veneti, fer de lance de la redécouverte du répertoire baroque italien dans les années 1970-1980. La partition, malgré son sujet biblique, déploie toute la science mélodique et l’élan dramatique propres à l’opera seria contemporain, y compris dans l’usage pittoresque de deux cors de chasse.
Postérité :
Longtemps éclipsé par la production lyrique profane de Galuppi, cet oratorio a connu depuis les années 2000 un regain d’intérêt auprès des ensembles spécialisés dans la redécouverte du répertoire vénitien du XVIIIe siècle, confirmant la place de Galuppi parmi les grands représentants, aux côtés de Vivaldi, de l’école vénitienne de son temps, aussi bien dans le domaine sacré que profane.

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