Format :
- Opéra en deux actes.
- Musique : Carlisle Floyd
- Livret : Carlisle Floyd lui-même, d’après le récit apocryphe de Suzanne et les vieillards, transposé dans les montagnes du Tennessee
- Langue : anglais
Création :
24 février 1955, Florida State University, Tallahassee.
Carlisle Floyd, alors jeune professeur de piano à la Florida State University et fils d’un pasteur méthodiste, écrivit en une dizaine de jours le livret de cet opéra puisé dans son expérience personnelle des veillées de réveil religieux (« revival meetings ») de son enfance dans le Sud rural. Sans viser directement une allégorie du maccarthysme alors à son paroxysme, il reconnut plus tard que la vague d’accusations mensongères de l’époque avait nourri sa colère et irrigué la pièce. La création à Tallahassee, remarquée par la soprano Phyllis Curtin, entraîna dès l’année suivante une reprise au New York City Opera qui assit durablement la réputation de l’ouvrage.
Livret :
Floyd transpose le conte biblique apocryphe de Suzanne et les vieillards dans un village imaginaire des Appalaches, New Hope Valley, au Tennessee. Il y mêle mélodies d’inspiration folklorique appalachienne, hymnes protestants et langage direct, en dialecte du Sud, pour bâtir un théâtre lyrique qu’il voulait capable de fonctionner comme un drame autonome, indépendamment de la musique.
Intrigue :
- Acte I : Dans la petite communauté rurale de New Hope Valley, la jeune Susannah Polk, orpheline vivant avec son frère Sam, est enviée et jalousée par les épouses des notables pour sa beauté. Le révérend itinérant Olin Blitch arrive pour conduire une veillée de réveil et se montre d’abord bienveillant envers elle. Mais les anciens de la communauté la surprennent en train de se baigner nue dans le ruisseau et l’accusent publiquement de dépravation ; le jeune Little Bat McLean, sous la pression de ses parents, témoigne contre elle à contrecœur, achevant de la faire bannir socialement.
- Acte II : Rejetée par tous, Susannah reçoit la visite du révérend Blitch qui, cherchant d’abord à la ramener à la religion, finit par la violer. Découvrant qu’elle était vierge et donc innocente des accusations portées contre elle, il implore son pardon, qu’elle lui refuse. De retour de la chasse, Sam apprend ce qui s’est passé et tue Blitch. Lorsque la communauté se rassemble pour chasser Susannah du village, celle-ci les affronte les armes à la main, brisant définitivement tout lien avec ses voisins.
Enregistrement(s) :

Kent Nagano — 1994
Format : Intégrale (2 CD)
Label : Virgin Classics
Référence : VCD 5 45039 2
Année d’enregistrement : 1994, Lyon.
Distribution :
- Susannah Polk : Cheryl Studer, soprano
- Sam Polk : Jerry Hadley, ténor
- Olin Blitch : Samuel Ramey, basse
- Little Bat McLean : Kenn Chester, ténor
- Mrs Ott : Elizabeth Laurence, contralto
- Elder Ott : David Pittsinger, basse
- Mrs McLean : Anne Howells, mezzo-soprano
- Elder McLean : Michael Druiett, baryton
- Mrs Gleaton : Della Jones, mezzo-soprano
- Elder Gleaton : Steven Cole, ténor
- Mrs Hayes : Jean Glennon, soprano
- Elder Hayes : Stuart Kale, ténor
Direction : Kent Nagano
Orchestre : Orchestre de l’Opéra de Lyon
Chœur : Chœurs de l’Opéra de Lyon
Langue : anglais
Particularité :
Réalisé en studio quelques années après que Kent Nagano eut fait de l’Opéra de Lyon l’un des ensembles français les plus tournés vers le répertoire américain, cet enregistrement bénéficie d’une distribution international de premier plan pour une œuvre pourtant rarement montée hors des États-Unis : Cheryl Studer prête à Susannah une ligne vocale ample et vulnérable, Samuel Ramey campe un Olin Blitch d’une noirceur saisissante, et Jerry Hadley donne au frère Sam toute sa rudesse protectrice. Nagano dirige avec une attention particulière portée aux couleurs folkloriques de la partition, aux hymnes et aux danses populaires, sans jamais sacrifier la tension dramatique de l’ouvrage. Il demeure la référence discographique de l’œuvre en studio.
Postérité :
Susannah valut à Carlisle Floyd le New York Music Critics Circle Award du meilleur opéra nouveau en 1956, puis fut choisie pour représenter la création musicale américaine à l’Exposition universelle de Bruxelles en 1958. Devenue l’un des opéras américains les plus joués, juste derrière Porgy and Bess de Gershwin, elle a contribué à établir Floyd comme l’une des grandes voix de l’opéra américain d’après-guerre et continue d’être régulièrement redonnée sur les scènes des États-Unis comme à l’étranger.

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