Note personnelle : ,

Dvořák, Antonín — Armida (1903)

Format Opéra en 4 actes (Op. 115, B. 206).

  • Musique : Antonín Dvořák.

  • Livret : Jaroslav Vrchlický (d’après l’épopée La Jérusalem délivrée de Torquato Tasso).

  • Langue : Tchèque.

Création

  • Composition : Composé de mars 1902 à août 1903 (dernière œuvre lyrique et ultime composition de Dvořák).

  • Création scénique : 25 mars 1904 au Théâtre national de Prague. Malade, le compositeur a dû quitter la salle avant la fin du spectacle et est décédé un mois plus tard.

Livret Inspiré des épisodes fantastiques et passionnels de La Jérusalem délivrée, le livret met en scène l’affrontement tragique entre le monde chrétien des Croisés et la magie du camp syrien, articulé autour du devoir religieux et de l’amour interdit.

Intrigue

  • Acte I : Dans les jardins du palais royal de Damas, le roi Hydraot et le sorcier Ismen cherchent à repousser l’avancée des Croisés. Ismen propose d’utiliser la beauté de la princesse Armida pour semer le trouble dans le camp chrétien. Bien qu’éprise en secret d’un chevalier chrétien aperçu en vision (Rinald), Armida accepte de se rendre auprès des Croisés pour secourir son peuple.

  • Acte II : Armida arrive au camp des Croisés près de Damas et sollicite l’aide du commandant Gottfried von Bouillon. Rinald reconnaît en elle la femme de ses rêves et tombe éperdument amoureux. Bravant l’autorité et son devoir religieux, Rinald s’enfuit avec Armida, aidé par la magie d’Ismen.

  • Acte III : Dans les jardins enchantés d’Armida, les deux amants goûtent un bonheur éphémère. Ismen survient et tente de séduire Armida, mais il est repoussé. Pour libérer Rinald de son envoûtement, les chevaliers Ubald et Sven s’infiltrent dans le palais et lui présentent un bouclier de diamant révélant sa déchéance. Rappelé au devoir, Rinald s’arrache aux bras d’Armida malgré ses supplications.

  • Acte IV : Dans l’oasis du désert, Rinald réintègre l’armée chrétienne et combat les troupes syriennes. Lors de la bataille, il affronte un chevalier ennemi armé d’un bouclier noir et lui porte un coup mortel. En retirant le casque de son adversaire, il découvre avec effroi qu’il vient de frapper Armida. Avant d’expirer dans ses bras, Armida se fait baptiser et pardonne à Rinald, scellant leur amour éternel.

Enregistrement(s)

Gerd Albrecht — 1995

  • Format : 2 CD

  • Label : Orfeo (Réf. C 404 962 H / F-Stereo Digital)

  • Année d’enregistrement : Enregistré en concert et studio en mai 1995 au Rudolfinum de Prague

  • Distribution :

    • Armida : Joanna Borowska (soprano)

    • Rinald : Wiesław Ochman (tenor)

    • Hydraot : Pavel Daniluk (basse)

    • Ismen : George Fortune (baryton)

    • Bohumír (Gottfried von Bouillon) : Vratislav Kříž (baryton)

    • Petr (Pierre l’Ermite) : Miroslav Podskalský (basse)

    • Sven : Jan Markvart (ténor)

    • Ubald : Zdeněk Harvánek (basse)

    • Muezzin / Derviche : Roman Janál (baryton)

    • Gernand : Milan Bürger (basse)

    • Dudo : Richard Sporka (ténor)

  • Direction : Gerd Albrecht

  • Orchestre : Orchestre philharmonique tchèque (Tschechische Philharmonie)

  • Chœur : Chœur de chambre de Prague (Prager Kammerchor)

  • Langue : Tchèque

  • Particularité : Premier enregistrement numérique moderne de référence pour cet ultime chef-d’œuvre méconnu de Dvořák.

Postérité Armida représente la tentative de Dvořák de concilier la tradition du drame lyrique wagnérien (motifs conducteurs, chromatisme étendu) avec l’orientalisme enchanteur propre aux opéras du XIXᵉ siècle. Bien que l’œuvre pâtisse d’un livret parfois jugé inégal, la richesse de son orchestration et la beauté des airs (dont le célèbre aria d’Armida « Za štíhlou gazelou ») en font un témoignage fascinant du testament musical du maître tchèque.

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