Note personnelle : ,

Delibes, Léo — Lakmé (1883)

Format :

  • Opéra-comique en 3 actes.
  • Musique : Léo Delibes
  • Livret : Edmond Gondinet et Philippe Gille, d’après la nouvelle Les babouches du Brahmane de Théodore Pavie et le roman Le Mariage de Loti de Pierre Loti
  • Langue : français

Création :

14 avril 1883, Opéra-Comique (salle Favart), Paris, sous la direction de Jules Danbé.
Delibes compose la partition entre 1881 et 1882. Gondinet conçoit l’ouvrage comme un véhicule sur mesure pour la jeune soprano américaine Marie van Zandt, créatrice du rôle-titre, dont l’agilité vocale inspire directement l’écriture de l’air des clochettes. L’œuvre s’inscrit dans la mode orientaliste qui domine alors l’opéra français, aux côtés des Pêcheurs de perles de Bizet, en mettant en scène le choc entre colons britanniques et société indienne.

Livret :

Gondinet et Gille puisent leur intrigue à deux sources : la nouvelle de Théodore Pavie Les babouches du Brahmane (1849) et surtout Le Mariage de Loti de Pierre Loti (1880), dont ils retiennent le motif de l’amour impossible entre un officier occidental et une jeune femme exotique, transposé ici dans l’Inde britannique de la fin du XIXe siècle.

Intrigue :

  • Acte I : Dans un jardin sacré de l’Inde britannique, le grand prêtre brahmane Nilakantha officie tandis que sa fille Lakmé et sa servante Mallika partent cueillir des fleurs au bord de la rivière (duo des fleurs). Lakmé dépose ses bijoux avant de se baigner. Un groupe d’officiers britanniques en pique-nique, dont Gérald, découvre les lieux ; Gérald esquisse les bijoux abandonnés puis rencontre Lakmé, d’abord effrayée puis peu à peu séduite. De retour, Nilakantha découvre la profanation du sanctuaire par un étranger et jure de se venger de cet outrage.
  • Acte II : Sur un marché animé, Nilakantha contraint Lakmé à chanter l’air des clochettes pour démasquer l’intrus parmi la foule. Gérald se trahit en se précipitant vers elle ; Lakmé s’évanouit et Nilakantha le poignarde. Lakmé fait transporter le blessé dans une cabane isolée en forêt pour le soigner.
  • Acte III : Dans la forêt, Lakmé et Gérald entendent au loin le chant d’amoureux venus boire à une source magique censée sceller un amour éternel. Pendant que Lakmé va puiser cette eau, son ami l’officier Frédéric rejoint Gérald et lui rappelle son devoir envers son régiment. Comprenant que le cœur de Gérald a changé, Lakmé mâche une feuille de datura empoisonnée puis fait boire à Gérald l’eau de la source sacrée. Nilakantha survient au moment où sa fille meurt, apaisée d’avoir uni son destin à celui de son amant.

Enregistrement(s) :

Richard Bonynge — 1967

Format : studio, intégrale.
Label : Decca.
Référence : SET 387-9 (LP original) ; réédition CD 425 485-2.
Année d’enregistrement : 1967 (publié en 1968).
Distribution :

  • Lakmé : Joan Sutherland, soprano
  • Nilakantha : Gabriel Bacquier, baryton-basse
  • Gérald : Alain Vanzo, ténor
  • Mallika : Jane Berbié, mezzo-soprano
  • Hadji : Emile Belcourt, ténor
  • Ellen : Gwenyth Annear, soprano
  • Frederick : Claud Calès, baryton
  • Rose : Josephte Clément, soprano
  • Miss Bentson : Monica Sinclair, mezzo-soprano

Direction : Richard Bonynge.
Orchestre : Orchestre National de l’Opéra de Monte-Carlo (chœurs de l’Opéra de Monte-Carlo).
Langue : français

Particularité :

Référence discographique de l’œuvre depuis sa parution : Joan Sutherland y déploie une virtuosité et un legato inégalés dans l’air des clochettes, tandis qu’Alain Vanzo offre un Gérald au style et à la diction exemplaires. Richard Bonynge dirige avec un soin particulier porté à la couleur orchestrale et à l’ornementation belcantiste, faisant de ce disque la version la plus souvent citée en référence.

Alain Lombard — 1970

Format : studio, intégrale.
Label : EMI Classics.
Référence : 5 67742 2.
Année d’enregistrement : du 17 septembre au 21 décembre 1970, Salle Wagram, Paris.
Distribution :

  • Lakmé : Mady Mesplé, soprano
  • Nilakantha : Roger Soyer, basse
  • Gérald : Charles Burles, ténor
  • Mallika : Danièle Millet, mezzo-soprano
  • Hadji : Joseph Peyron, ténor
  • Ellen : Bernadette Antoine, soprano
  • Frederick : Jean-Christophe Benoit, baryton
  • Rose : Monique Linval, soprano
  • Miss Bentson : Agnès Disney, mezzo-soprano

Direction : Alain Lombard.
Orchestre : Orchestre et Chœurs du Théâtre National de l’Opéra-Comique.
Langue : français

Particularité :

Enregistrement entièrement français, réalisé avec les forces mêmes du théâtre qui créa l’ouvrage en 1883. Mady Mesplé y incarne une Lakmé au timbre clair et à la vocalise très précise, dans un style plus intimiste que celui de Sutherland, tandis que Roger Soyer campe un Nilakantha sombre et autoritaire.

Carlos Piantini — 1992

Format : studio, intégrale, coffret 2 CD.
Label : Nuova Era Internazionale.
Année d’enregistrement : 1991-1992.
Distribution :

  • Lakmé : Alessandra Ruffini, soprano
  • Nilakantha : Bruno Praticò, basse
  • Gérald : Giuseppe Morino, ténor
  • Mallika : Serena Lazzarini, mezzo-soprano
  • Hadji : Diego Cossu, ténor
  • Ellen : Thelma Badaro, soprano
  • Frédéric : Carmelo Corrado Caruso, baryton
  • Rose : Monica Benvenuti, soprano
  • Miss Bentson : Anna Beretta, mezzo-soprano

Direction : Carlos Piantini.
Orchestre : Orchestra Internazionale d’Italia, Coro da Camera di Bratislava.
Langue : français

Particularité :

Rare version intégrale de Lakmé menée par des forces italiennes, avec un chœur slovaque. Moins connue que ses devancières, elle offre néanmoins une lecture soignée de la partition, portée par le style clair d’Alessandra Ruffini et la basse bouffe habituellement associée au répertoire rossinien de Bruno Praticò, ici dans un emploi dramatique inattendu.

Postérité :

Grâce notamment au duo des fleurs et à l’air des clochettes, Lakmé reste l’un des opéras français les plus joués de son époque : l’œuvre atteint sa 500e représentation à l’Opéra-Comique en 1909 et sa 1000e en 1931. Le duo des fleurs a connu une popularité mondiale renouvelée grâce à une campagne publicitaire de British Airways dans les années 1980, puis à des reprises et échantillonnages par des artistes comme Yanni ou Malcolm McLaren, tandis que l’air des clochettes demeure un morceau de bravoure prisé des sopranos coloratures. L’ouvrage continue d’être régulièrement redonné sur scène, notamment à l’Opéra-Comique lui-même dans des productions plus récentes.

 

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