Note personnelle : ,

Delibes, Léo — Le Roi l’a dit (1873)

Format :

  • Opéra-comique en 3 actes.
  • Musique : Léo Delibes
  • Livret : Edmond Gondinet
  • Langue : français

Création :

24 mai 1873, Opéra-Comique (salle Favart), Paris, sous la direction d’Adolphe Deloffre.
Il s’agit du premier ouvrage de Delibes créé à l’Opéra-Comique. Le livret de Gondinet, d’abord proposé à Offenbach dès 1871, changea plusieurs fois de titre (Le Talon rouge, Si le Roi le savait, Le Roi le sait) avant de devenir Le Roi l’a dit. Par une coïncidence restée célèbre, la création eut lieu le jour même où le président Adolphe Thiers, mis en minorité par une Assemblée nationale à majorité monarchiste, présentait sa démission : le public, l’esprit ailleurs, réserva ce soir-là un accueil poli mais peu enthousiaste à un ouvrage pourtant salué par la critique, qui reconnaissait déjà en Delibes un maître du genre dans la grande tradition française de l’opéra-comique.

Livret :

Edmond Gondinet imagine une intrigue originale, sans source littéraire préexistante, construite autour d’un quiproquo généalogique et social propre à la tradition du théâtre de mœurs sous l’Ancien Régime.

Intrigue :

  • Acte I : Dans le château du marquis de Moncontour, toute la maison s’active fébrilement en vue d’une audience promise auprès du Roi. Le paysan Benoît courtise la jeune Javotte, tandis que le maître à danser Miton instruit aux belles manières les quatre filles du marquis, qui reçoivent en cachette leurs prétendants.
  • Acte II : Le marquis, qui a imprudemment promis au Roi de lui présenter son fils alors qu’il n’a que des filles, doit d’urgence se trouver un héritier mâle. Miton entreprend de métamorphoser le paysan Benoît en gentilhomme le temps d’un bal masqué donné en son honneur, où s’enchaînent quiproquos et intrigues amoureuses entre les convives.
  • Acte III : Pour se défaire de cette imposture devenue intenable, on fait annoncer la mort de « monsieur le fils » du marquis, prétendument tué en duel sur ordre implicite du Roi. Benoît, bien vivant, peut alors reprendre sa condition et épouser Javotte, tandis que le Roi, reconnaissant, élève le marquis au rang de duc et permet à ses filles d’épouser enfin leurs soupirants.

Enregistrement(s) :

Jules Gressier — 1956

Format : extraits (enregistrement studio).
Label : Malibran / Historische Ton Dokumente (réédition, téléchargement uniquement).
Année d’enregistrement : 1956.
Distribution :

  • Javotte : Christiane Jacquin, soprano
  • Benoît : Michel Sénéchal, ténor
  • avec, dans les autres extraits : Deva Dassy, mezzo-soprano ; Joseph Peyron, ténor ; Camille Maurane, baryton

Direction : Jules Gressier.
Orchestre : Chœurs et Orchestre Radio-Lyrique de Paris.
Langue : français

Particularité :

L’un des plus anciens témoignages discographiques de l’œuvre, capté pour la Radio-Lyrique parisienne : un document précieux malgré son ancienneté technique, porté par le style très français de Michel Sénéchal en Benoît et la fraîcheur de Christiane Jacquin en Javotte.

Postérité :

Le Roi l’a dit connut un succès honorable à l’Opéra-Comique, avec 79 représentations données jusqu’en 1900, et une diffusion internationale rapide (Anvers dès 1873, puis Vienne, Karlsruhe et Prague en 1874), l’ouvrage étant particulièrement bien accueilli en Allemagne et en Autriche. Les reprises françaises de 1885 et 1898 rencontrèrent en revanche moins de faveur, et l’œuvre disparut ensuite des scènes françaises pendant près de quarante-cinq ans, avant qu’une production donnée à Bordeaux en 1959 ne soit reprise à Paris avec succès. Elle reste aujourd’hui bien plus rarement jouée que Lakmé, mais continue d’être redécouverte grâce à quelques enregistrements et reprises ponctuelles.

 

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