Note personnelle : ,

Dallapiccola, Luigi — Ulisse (1968)

Format :

  • Opéra en un prologue et deux actes (13 épisodes d’écriture dodécaphonique).
  • Musique : Luigi Dallapiccola
  • Livret : Luigi Dallapiccola, d’après Homère (l’Odyssée), avec des résonances de Dante (chant XXVI de l’Enfer) et de Giovanni Pascoli (L’ultimo viaggio)
  • Langue : Italien

Création :

29 septembre 1968, Deutsche Oper Berlin (Berliner Festwochen), sous la direction de Lorin Maazel.
Dallapiccola travaille près de neuf ans (1959-1968) à cette partition, la plus vaste et la plus ambitieuse de son catalogue, aboutissement de plusieurs décennies de pratique dodécaphonique héritée de Schönberg et Webern. Ulisse demeure son dernier opéra et l’une de ses toutes dernières œuvres achevées : le compositeur meurt à Florence en 1975, la même année que le présent enregistrement.

Livret :

Dallapiccola écrit lui-même son livret, tissant à la trame homérique des échos dantesques et pascoliens autour du dernier voyage d’Ulysse. Le sujet central, selon ses propres mots, est « la lutte de l’homme contre une force bien plus grande que lui » : Ulysse y apparaît comme une figure déchirée, en quête perpétuelle d’identité, jusqu’à une illumination finale qui dépasse ses propres tourments.

Intrigue :

  • Prologue : Sur son île, Calypso se souvient d’Ulysse, l’amant qui l’a quittée pour reprendre la mer.
  • Acte I : À la cour du roi Alcinoos, où l’accueille la princesse Nausicaa, Ulysse raconte ses aventures : la rencontre des Lotophages, les enchantements de Circé, puis la descente aux Enfers où il retrouve l’ombre du devin Tirésias et celle de sa mère Anticlée, avant l’épisode des Sirènes.
  • Acte II : De retour à Ithaque sous les traits d’un mendiant, Ulysse n’est reconnu de personne. Il massacre les prétendants qui assiégeaient Pénélope, puis retrouve enfin son épouse. L’opéra s’achève sur un ultime et solitaire voyage en mer, où Ulysse, épuisé, découvre au seuil de la mort l’existence d’un plan supérieur qui rend dérisoires ses propres tourments.

Enregistrement :

Ernest Bour — 1975

Format : Concert intégral, en italien.
Label : naïve / Radio France, en collaboration avec l’INA.
Référence : V 4960 (coffret 2 CD).
Année d’enregistrement : Concert du 6 mai 1975, Grand Auditorium de Radio France, Paris.
Distribution :

  • Ulisse : Claudio Desderi, baryton
  • Calypso, Penelope : Colette Herzog, soprano
  • Circe, Melanto : Gwynn Cornell, mezzo-soprano
  • Nausicaa : Denise Boitard, soprano
  • Telemaco : Christopher Wells, contre-ténor
  • Demodoco, Tiresia : Stan Unruh, ténor
  • Eurimaco : Jean-Pierre Chevalier, ténor
  • Antinoo : William Workman, baryton
  • Pisandro : Paul Guigue, baryton
  • Il Re Alcinoo : Louis Hagen-Williams, basse
  • Eumeo : Schuyler Hamilton, basse
  • Prima Ancella : Nicole Oxombre, contralto
  • Seconda Ancella : Nicole Robin, soprano
  • Anticlea : Marjorie Wright

Direction : Ernest Bour.
Orchestre : Orchestre Philharmonique de Radio France.
Chœur : Chœur de Radio France.
Langue : Italien.

Particularité :

Captée en concert sept ans après la création berlinoise, cette version défendue par Ernest Bour restitue l’œuvre dans sa langue originale italienne, alors que la création de 1968 avait été donnée en allemand. Longtemps restée confidentielle, cette bande radiophonique conservée par l’INA a été exhumée et rééditée par le label naïve en coproduction avec Radio France, offrant l’un des rares témoignages disponibles de cette partition exigeante, réunissant une distribution nombreuse et un plateau largement formé de chanteurs actifs sur la scène française des années 1970.

Postérité :

Considéré comme le testament lyrique de Dallapiccola et l’aboutissement de son parcours dodécaphonique, Ulisse reste une œuvre rarement portée à la scène en raison de sa densité philosophique et de la difficulté de sa réalisation musicale et scénique. Elle n’en est pas moins tenue par la musicologie pour l’un des sommets de l’opéra italien de l’après-guerre, régulièrement redécouverte lors de productions ponctuelles (Florence, Francfort) qui en confirment la stature.

 

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