Format :
- Intermezzo comique en deux parties.
- Musique : Rinaldo da Capua
- Livret : Anonyme
- Langue : Italien
Création :
19 juin 1753, Académie royale de musique (Paris), par la troupe des Bouffons d’Eustacchio Bambini.
Composé vers la fin des années 1730 et déjà joué en Italie, cet intermezzo devient l’un des piliers du répertoire des Bouffons lors de leur saison parisienne de 1752-1754, en pleine Querelle des Bouffons. Rapproché par ses admirateurs de La Serva padrona de Pergolèse, il connaît un succès considérable et pèse fortement sur l’évolution du théâtre lyrique français, contribuant à l’essor de l’opéra-comique naissant.
Livret :
Le texte, dû à un librettiste resté anonyme, appartient au genre de l’intermezzo bouffe napolitain : une intrigue resserrée à trois personnages, jouant du travestissement et du quiproquo comique. Son succès parisien lui vaut une adaptation française signée Charles-Simon Favart, créée à la Comédie-Italienne en 1755, où les récitatifs chantés sont remplacés par des dialogues parlés.
Intrigue :
- Partie I : La jeune bohémienne Nisa et son frère Tagliaborse abordent Calcante, riche marchand aussi crédule qu’avare. Nisa se fait passer pour diseuse de bonne aventure et lui prédit un mariage heureux, pendant que Tagliaborse, déguisé en ours savant, exécute une danse qui émerveille le vieillard. Calcante achète l’animal vingt ducats — mais l’« ours » s’enfuit aussitôt avec sa bourse.
- Partie II : Calcante, désespéré d’avoir perdu son argent, tombe sous le charme de Nisa. Celle-ci lui propose un marché : elle lui rendra sa bourse s’il accepte de l’épouser. Tagliaborse réapparaît en magicien invoquant des esprits menaçants pour forcer la main du vieillard, qui finit par céder. La supercherie dévoilée, Calcante pardonne aux deux complices, désormais sincèrement épris de la bohémienne.
Enregistrement :

Günter Kehr — 1966
Format : Intermezzo complet, en italien.
Label : Turnabout (édition originale) ; réédition CD remasterisée chez Dynamic.
Référence : TV 34033S (LP Turnabout, 1966) / CDL141 (réédition CD Dynamic).
Année d’enregistrement : 1966 (lieu de captation non précisé par les sources disponibles).
Distribution :
- Nisa : Annalisa Monkewitz, soprano
- Calcante : Laerte Malaguti, basse
- Tagliaborse : Rodolfo Malacarne, ténor
Direction : Günter Kehr.
Orchestre : Mainz Chamber Orchestra (Mainzer Kammerorchester), avec Kurt-Heinz Stolze au clavecin et Josef Ulsamer à la viole de gambe pour le continuo.
Langue : Italien.
Particularité :
Réalisé par les forces mayençaises réunies autour de Günter Kehr, spécialiste reconnu du répertoire de chambre baroque et classique, cet enregistrement demeure l’une des rares gravures commerciales de l’œuvre. Il restitue l’intermezzo dans sa version italienne d’origine, avec un continuo d’esprit historique (clavecin et viole de gambe), loin de l’adaptation française de Favart plus souvent montée sur scène.
Postérité :
Éclipsée après le XVIIIe siècle comme la quasi-totalité du répertoire de l’intermezzo bouffe, La Zingara doit sa survie discographique et sa notoriété historiographique à son rôle emblématique dans la Querelle des Bouffons plutôt qu’à des reprises scéniques régulières. Elle reste surtout étudiée comme témoin de la vogue de l’opera buffa italien à Paris au milieu du XVIIIe siècle, et comme jalon dans la genèse de l’opéra-comique français.

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