Note personnelle : ,

Respighi, Ottorino — Marie-Victoire (2004)

Format :

  • Opéra en quatre actes.
  • Musique : Ottorino Respighi
  • Livret : Edmond Guiraud, d’après sa propre pièce Marie-Victoire.
  • Langue : français

Création :

27 janvier 2004, Teatro dell’Opera, Rome (direction : Gianluigi Gelmetti ; Nelly Miricioiu dans le rôle de Marie-Victoire).
Composée entre 1912 et 1914, l’œuvre devait être créée au Teatro Costanzi de Rome en 1915, mais la Première Guerre mondiale fit annuler le projet, et elle ne fut jamais jouée du vivant de Respighi. La création eut lieu près de quatre-vingt-dix ans plus tard. Respighi n’avait alors qu’une trentaine d’années et enseignait à Rome ; il n’avait pas encore composé les poèmes symphoniques qui l’ont rendu célèbre.

Livret :

Le livret en français est dû à Edmond Guiraud (1879-1961), qui adapte sa propre pièce. L’action, mélodrame romantique sur fond de Révolution française et de Terreur, va de 1793 à 1800 ; l’opéra fait entendre des chants révolutionnaires et des danses de cour.

Intrigue :

  • Acte I : En 1793, Marie-Victoire et son mari Maurice de Lanjallay vivent dans leur château. Clorivière avertit Maurice que son père est en danger et celui-ci part pour la Bretagne ; Clorivière est ensuite capturé par les révolutionnaires.
  • Acte II : Le 9 thermidor an II (27 juillet 1794), les prisonniers, dont Marie et Clorivière, sont enfermés dans une chapelle de couvent transformée en prison et se savent condamnés. Leur gardien, Cloteau, est l’ancien serviteur de Marie. L’annonce de la chute de Robespierre les sauve de l’échafaud.
  • Acte III : Le 3 nivôse an IX (24 décembre 1800). Maurice, qui croyait Marie morte, s’était exilé en Amérique. Marie, abandonnée par Clorivière, vit dans la pauvreté avec leur fils Georges, âgé de cinq ans, et avec Cloteau. Clorivière vient voir son fils avant de quitter la France ; Maurice, de retour, retrouve Marie et apprend l’existence de l’enfant. Clorivière fait irruption, poursuivi pour un complot contre Napoléon, et Maurice est arrêté, persuadé d’avoir été trahi par Marie.
  • Acte IV : Lors d’une séance de nuit du tribunal criminel de la Seine, Marie supplie Maurice de se défendre et lui avoue que l’enfant est le fruit d’une violence. Maurice pardonne mais refuse de nommer le coupable ; Clorivière avoue alors et se donne la mort.

Enregistrement :

Michail Jurowski — 2009

Format : 3 CD, enregistrement complet
Label : cpo (en collaboration avec Deutschlandradio Kultur)
Référence : 777 121-2 (parution en 2012)
Année d’enregistrement : 2009, Deutsche Oper Berlin (production de Johannes Schaaf).
Distribution :

  • Marie-Victoire de Lanjallay : Takesha Meshé Kizart, soprano
  • Maurice de Lanjallay : Markus Brück, baryton
  • Clorivière : Germán Villar, ténor
  • Simon : Simon Pauly, baryton
  • Cloteau : Stephen Bronk, basse
  • Kermarec : Jörn Schümann, baryton

Direction : Michail Jurowski
Orchestre : Orchester der Deutschen Oper Berlin (chœur : Chor der Deutschen Oper Berlin)
Langue : français

Particularité :

Enregistrement tiré de la production du Deutsche Oper Berlin. La critique salue la direction convaincue de Michail Jurowski, qui mène avec autorité ses grandes forces, et le timbre chaud et velouté de Takesha Meshé Kizart dans le rôle-titre. L’opéra y est rapproché d’Andrea Chénier de Giordano pour le cadre révolutionnaire, avec des affinités avec Massenet et Richard Strauss.

Postérité :

Restée dans les tiroirs pendant près d’un siècle, Marie-Victoire a été redécouverte à Rome en 2004, puis reprise au Deutsche Oper Berlin en 2009. La presse italienne a relevé un style vocal qui associe le chant lyrique classique à la déclamation et à l’arioso, sans excès vériste, ainsi que de nombreuses citations de chants révolutionnaires. L’enregistrement cpo, publié en 2012, a fait l’objet de critiques élogieuses (« Recording of the Month » de MusicWeb International en 2013).

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