Note personnelle : ,

Respighi, Ottorino — La campana sommersa (1927)

Format :

  • Opéra en quatre actes.
  • Musique : Ottorino Respighi
  • Livret : Claudio Guastalla, d’après la pièce de Gerhart Hauptmann Die versunkene Glocke (« La Cloche engloutie »).
  • Langue : italien

Création :

18 novembre 1927, Stadttheater de Hambourg (direction : Werner Wolff).
Respighi, alors âgé de 48 ans, est déjà célèbre dans le monde entier pour ses poèmes symphoniques romains. La création a lieu en Allemagne, et non en Italie : l’éditeur historique du compositeur, Ricordi, n’aimait pas le sujet et avait refusé de publier la partition, qui parut chez Bote & Bock. L’œuvre fut ensuite reprise sur plusieurs scènes européennes ainsi qu’aux États-Unis.

Livret :

Claudio Guastalla, collaborateur régulier de Respighi, adapte le drame symbolique de Gerhart Hauptmann (1896), conte dramatique où s’affrontent le monde chrétien des hommes et l’univers païen des esprits de la nature. Le livret condense la pièce allemande en quatre actes et laisse hors scène certains épisodes tragiques, comme la mort de Magda.

Intrigue :

  • Acte I : Dans une clairière de montagne, le faune, esprit malicieux, fait basculer le chariot qui transportait la cloche fondue par le maître-fondeur Enrico pour une église : la cloche roule jusqu’au fond du lac, et Enrico, blessé et désespéré, s’effondre. L’elfe Rautendelein, fille des bois, le découvre et le soigne, malgré l’hostilité d’Ondino, l’esprit des eaux, et en dépit de la vieille sorcière.
  • Acte II : Enrico a regagné sa maison, où l’attend sa femme Magda. Rautendelein s’y est introduite sous l’apparence d’une humble servante et lui redonne force et inspiration. Le curé, le maître d’école et le barbier du village s’inquiètent de son état ; Enrico commence à rêver d’un art et d’un culte nouveaux.
  • Acte III : Enrico, qui a quitté les siens pour retrouver Rautendelein dans la montagne, force des nains à forger une nouvelle cloche pour un temple dédié au soleil. Les fantômes de ses enfants apparaissent, portant l’urne des larmes de Magda, qui s’est jetée dans le lac ; la cloche engloutie se met alors à sonner. Horrifié, Enrico abandonne Rautendelein.
  • Acte IV : Rautendelein est devenue l’épouse d’Ondino. Enrico, mourant, supplie la sorcière de lui permettre de revoir l’elfe une dernière fois. Rautendelein paraît, feint d’abord de ne plus le connaître, puis l’embrasse tandis qu’il expire.

Enregistrement :

Franco Capuana — 1956

Format : 2 CD (71:20 + 65:38), enregistrement radiophonique RAI
Label : Great Opera Performances (collection « The Twentieth Century Opera »)
Référence : GOP 66.360
Année d’enregistrement : 11 juillet 1956, Milan.
Distribution :

  • Rautendelein : Margherita Carosio, soprano
  • Magda : Rina Malatrasi, soprano
  • La Strega (la sorcière) : Lucia Danieli, mezzo-soprano
  • Enrico : Umberto Borsò, ténor
  • Il Fauno (le faune) : Tommaso Frascati, ténor
  • Ondino : Rolando Panerai, baryton
  • Il Curato (le curé) : Plinio Clabassi, basse
  • Il Maestro (le maître d’école) : Pier Luigi Latinucci, baryton
  • Il Barbiere (le barbier) : Angelo Mercuriali, ténor
  • Première elfe : Marisa Pintus
  • Deuxième elfe : Bruna Rochini
  • Troisième elfe : Angela Vercelli

Direction : Franco Capuana
Orchestre : Orchestra Sinfonica e Coro di Milano della RAI
Langue : italien

Particularité :

Cette version d’archive vaut surtout par son intérêt historique et par ses chanteurs. Margherita Carosio, déjà dans la maturité de sa voix, est parfois un peu dure pour une elfe innocente ; Umberto Borsò campe un Enrico fiable et touchant, et Rolando Panerai est un Ondino saisissant. La partition est coupée et la prise de son, datée, rend peu justice à l’orchestration somptueuse de Respighi.

Postérité :

Succès du vivant de Respighi en Europe comme aux États-Unis (l’œuvre fut présentée au Metropolitan Opera de New York dès 1928), La campana sommersa est ensuite devenue rare sur scène après la Seconde Guerre mondiale. Son orchestration, la plus fastueuse du compositeur, fait souvent penser à ses poèmes symphoniques, et les nombreux effets de cloches et de carillons y sont un clin d’œil à son héros fondeur. On en connaît aujourd’hui d’autres témoignages : un enregistrement dirigé par Friedemann Layer (Montpellier, 2003, Accord) et une production du Teatro Lirico de Cagliari, partagée avec le New York City Opera et captée en 2018 par Donato Renzetti (DVD/Blu-ray Naxos).

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