Note personnelle : ,

Cimarosa, Domenico — L’Italiana in Londra (1778)

Format :

  • Genre : intermezzo giocoso (comique) en deux actes.
  • Musique : Domenico Cimarosa.
  • Livret : Giuseppe Petrosellini.
  • Langue : italien.

Création :

28 décembre 1778, Teatro Valle, Rome.
Créée par Cimarosa lui-même dirigeant depuis le clavecin, « L’Italiana in Londra » est le premier grand triomphe du compositeur, quatorze ans avant « Il Matrimonio Segreto ». L’œuvre doit une partie de son succès à ses finales d’ensemble amples et minutieusement construits, une nouveauté pour les théâtres romains de l’époque. Le succès est immédiat et durable : l’opéra circule dans toute l’Europe dès les années 1780, avec des reprises à Milan, Venise, Turin, Naples, jusqu’à Eszterháza (sous la direction de Joseph Haydn en 1784) et Paris (1790).

Livret :

Le livret de Giuseppe Petrosellini (1727-1797) — également l’auteur du texte du « Barbiere di Siviglia » de Paisiello — appartient à la veine de la comédie des nationalités : chaque prétendant incarne un stéréotype national (le lord anglais, le marchand hollandais, le galant napolitain), procédé comique alors très prisé. L’intrigue emprunte à Boccace (le « Décaméron ») le motif de la pierre magique d’héliotrope censée rendre invisible.

Intrigue :

  • Acte I : Dans une auberge londonienne tenue par Madama Brillante, Livia, jeune Génoise, arrive incognito sous le nom d’« Enrichetta » et se fait passer pour une Marseillaise. Elle est en réalité à la recherche de Milord Arespingh, le gentilhomme anglais qui l’a courtisée puis abandonnée deux ans plus tôt lorsque son père s’est opposé à leur union. Sur place logent également Sumers, riche marchand hollandais, et Don Polidoro, gentilhomme napolitain aussi ridicule qu’entreprenant, tous deux épris de Livia. Lorsque Milord reconnaît à peine celle qu’il croit une inconnue, Livia, blessée, feint l’indifférence. Le père de Milord, apprenant la présence de la jeune femme à Londres, ordonne son arrestation.
  • Acte II : Entre quiproquos et stratagèmes comiques — dont la tentative de Don Polidoro de se rendre invisible grâce à la pierre d’héliotrope —, Milord parvient à empêcher l’arrestation de Livia et finit par reconnaître pleinement son identité et ses sentiments. Son père consent finalement au mariage malgré la mésalliance. L’opéra se conclut par les noces de Livia et Milord Arespingh, tandis que Madama Brillante épouse Don Polidoro sous le regard amusé de Sumers.

Enregistrement(s) :

Carlo Rizzi — 1986

Format : enregistrement public (live).
Label : Bongiovanni, collection « Novità del Passato ».
Référence : GB 2040/41/42 (33 tours, 3 disques).
Année d’enregistrement : 1986 (enregistrement public).
Distribution :

  • Livia : Patrizia Orciani, soprano
  • Madama Brillante : Maria Angeles Peters, mezzo-soprano
  • Sumers : Maurizio Comencini, ténor
  • Milord Arespingh : Armando Ariostini, baryton
  • Don Polidoro : Bruno Praticò, basse bouffe

Direction : Carlo Rizzi.
Orchestre : Orchestra Sinfonica di Piacenza.
Langue : italien.

Particularité :

Captation publique réalisée alors que Carlo Rizzi, aujourd’hui chef réputé sur les plus grandes scènes internationales, n’en était encore qu’au début de sa carrière. Bruno Praticò, basse bouffe qui allait devenir l’un des grands spécialistes du répertoire comique rossinien et cimarosien, campe un Don Polidoro particulièrement savoureux, aux côtés de Patrizia Orciani en Livia pleine de charme et d’expressivité, et de Maria Angeles Peters en Madama Brillante haute en couleur.

Leo Hussain — 2021

Format : captation publique (Blu-ray/DVD Naxos, également publiée en CD audio).
Label : Naxos / Oper Frankfurt.
Référence : Naxos 2.110739 (DVD) / NBD0155V (Blu-ray) ; édition audio CD Naxos 8.660586-87 (parution mars 2026).
Année d’enregistrement : 30 octobre 2021, Oper Frankfurt (captation publique) ; parution vidéo le 12 janvier 2024.
Distribution :

  • Livia : Angela Vallone, soprano
  • Madama Brillante : Bianca Tognocchi, mezzo-soprano
  • Sumers : Theo Lebow, ténor
  • Milord Arespingh : Iurii Samoilov, baryton
  • Don Polidoro : Gordon Bintner, baryton-basse

Direction : Leo Hussain.
Orchestre : Frankfurter Opern- und Museumsorchester.
Mise en scène : R. B. Schlather (décors : Paul Steinberg ; costumes : Doey Lüthi).
Langue : italien.

Particularité :

Production scénique moderne, à l’esthétique inspirée des années 1960, saluée par la critique pour sa vivacité et son humour : le magazine Gramophone lui a décerné son « DVD/Blu-ray of the Month » en mars 2024, et elle a été nommée aux International Classical Music Awards 2025 dans la catégorie vidéo lyrique. La direction de Leo Hussain, jugée incisive et pleine de légèreté, a été particulièrement remarquée, de même que l’engagement scénique de l’ensemble des cinq chanteurs. Cette captation constitue à ce jour l’un des rares témoignages audiovisuels de l’œuvre, restée longtemps absente des scènes après avoir été éclipsée par les innovations de Rossini et Donizetti — sa première résurrection moderne remontant à Genève en 1929.

Postérité :

Triomphe initial de Cimarosa, « L’Italiana in Londra » connut une diffusion européenne considérable dans les décennies suivant sa création, portée notamment par une reprise à Eszterháza sous la direction de Joseph Haydn dès 1784. L’œuvre disparut ensuite progressivement du répertoire courant avec l’avènement du nouveau style comique porté par Rossini puis Donizetti, avant de connaître une première résurrection moderne à Genève en 1929. Restée rare à la scène malgré son importance historique dans la carrière de Cimarosa, elle a retrouvé une exposition notable grâce à la production de l’Oper Frankfurt en 2021, saluée par la critique internationale et récompensée par la presse spécialisée, confirmant l’intérêt renouvelé pour ce jalon du répertoire comique italien du XVIIIe siècle.

 

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