Format :
- Genre : intermezzo en musica (dramma giocoso / commedia per musica) en deux actes.
- Musique : Domenico Cimarosa.
- Livret : Giuseppe Petrosellini.
- Langue : italien.
Création :
2 janvier 1781, Teatro Valle, Rome.
L’œuvre ouvre la saison du Carnaval 1781 au Teatro Valle, aux côtés de deux autres intermezzi. Cimarosa, alors dans sa trentième année, connaît déjà un grand succès à Rome et à Naples ; « Il Pittor Parigino » confirme sa réputation de compositeur comique après « L’Italiana in Londra » (1779) et prépare la série de triomphes qui culminera avec « Il Matrimonio Segreto » (1792). L’opéra est repris dès l’année suivante à Milan (Teatro alla Scala, 1782), puis à Naples (Teatro Nuovo, 1784) sous le titre « Il Barone Burlato », à Florence (1787) sous le titre « Le Brame Deluse » (avec des airs supplémentaires de Francesco Cipolla), à Vienne (1793) et à Lisbonne (Real Teatro de São Carlos, 14 novembre 1794).
Livret :
Le livret de Giuseppe Petrosellini (1727-1797), librettiste romain également auteur du texte du « Barbiere di Siviglia » de Paisiello, met en scène un peintre français à Rome et une riche héritière convoitée pour sa dot — un sujet typique de la comédie italienne de la fin du XVIIIe siècle, mêlant quiproquos amoureux et satire de la vénalité.
Intrigue :
- Acte I : Monsieur de Crotignac, peintre français établi à Rome, est amoureux d’Eurilla, riche héritière éprise de poésie. Mais le testament du père d’Eurilla stipule qu’elle ne touchera son héritage que si elle épouse le vieux et jaloux baron Cricca ; à défaut, la fortune reviendra à sa cousine Cintia. Crotignac, engagé par le baron pour peindre son portrait, profite de sa présence dans la maison pour courtiser Eurilla en secret. Cintia arrive de Marseille déguisée en cantatrice d’opéra, bien décidée à discréditer le baron Cricca pour capter l’héritage à son propre profit, avec l’aide de l’intendant Broccardo.
- Acte II : Les intrigues se multiplient : jalousies croisées entre Eurilla et Cintia autour des attentions de Crotignac, stratagèmes de Broccardo pour saboter le mariage prévu, quiproquos sur l’identité réelle de la fausse cantatrice. Au dénouement, Eurilla choisit l’amour et épouse Crotignac, renonçant ainsi à sa dot ; le baron Cricca, dépité, se console en épousant Cintia, qui hérite alors de la fortune convoitée.
Enregistrement(s) :

Tamás Pál — 1988
Format : intégrale studio.
Label : Hungaroton.
Référence : SLPD 12972-74 (33 tours, 3 disques) / réédité en CD sous la référence HCD 12972/3 (2 disques).
Année d’enregistrement : 1988 (Hongrie).
Distribution :
- Eurilla : Márta Szűcs, soprano
- Cintia : Veronika Kincses, soprano
- Monsieur de Crotignac : Gérard Garino, ténor
- Baron Cricca : József Gregor, basse bouffe
- Broccardo : Martin Klietmann, baryton
Direction : Tamás Pál.
Orchestre : Orchestre de chambre Salieri (Salieri Chamber Orchestra).
Langue : italien.
Particularité :
Seul enregistrement intégral connu de cette œuvre à ce jour, cette version hongroise réunit une distribution solide emmenée par la basse bouffe József Gregor, familier du répertoire comique italien, et le ténor français Gérard Garino. Publié à l’origine sur trois disques 33 tours par le label national hongrois Hungaroton, il a ensuite été réédité sur deux CD, rendant accessible une rareté du catalogue de Cimarosa restée largement absente de la discographie internationale.
Postérité :
« Il Pittor Parigino » a connu une carrière posthume notable grâce à Joseph Haydn, qui en dirigea une reprise remarquée au théâtre d’Eszterháza en 1789 : avec dix-sept représentations, ce fut l’opéra de Cimarosa le plus joué sous la direction de Haydn dans ce théâtre, davantage encore que tout autre titre du compositeur napolitain. Les partitions conservées à Eszterháza attestent des retouches apportées par Haydn lui-même, notamment la réduction de moitié d’un duo du second acte, le remplacement d’un air du baron et la suppression des clarinettes dans l’air « Numi, numi, bestia ». Au-delà de cette reprise princière, l’œuvre connut une diffusion européenne significative sous des titres variés (« Il Barone Burlato » à Naples, « Le Brame Deluse » à Florence), illustrant la pratique alors courante de l’adaptation et du remaniement des opere buffe pour de nouveaux publics, avant de retomber dans un relatif oubli dont l’enregistrement Hungaroton constitue aujourd’hui l’un des rares témoignages.

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