Note personnelle : ,

Britten, Benjamin — Albert Herring (1947)

Format

  • Genre : opéra comique en 3 actes
  • Livret : Eric Crozier, d’après la nouvelle Le Rosier de Madame Husson de Guy de Maupassant
  • Langue : anglais
  • Composition : 1946–1947
  • Durée : environ 2 h 15
  • Particularité : opéra de chambre dont l’action se déroule dans une petite ville anglaise imaginaire. Britten y utilise un ensemble orchestral relativement réduit, avec une écriture particulièrement fine et ironique.

Création

Albert Herring est créé le 20 juin 1947 au Britten Theatre de Snape, dans le cadre du Aldeburgh Festival.

La production est dirigée par Benjamin Britten et mise en scène par Eric Crozier, qui est également l’auteur du livret.

L’œuvre est créée par le English Opera Group, avec notamment Peter Pears dans le rôle de Sid et Joan Cross dans celui de Lady Billows.


Livret

Le livret est d’Eric Crozier, collaborateur régulier de Britten.

Il s’inspire librement de la nouvelle Le Rosier de Madame Husson de Guy de Maupassant.

Crozier transpose l’action dans une petite ville anglaise où les notables cherchent à imposer leur conception de la moralité à la population.


Intrigue

Acte I

Dans le village de Loxford, les notables cherchent à désigner la « Reine de Mai », mais aucune jeune fille ne leur paraît suffisamment vertueuse.

Lady Billows, figure autoritaire de la communauté, propose alors une solution inattendue : puisqu’aucune jeune fille n’est digne du titre, on choisira un garçon particulièrement vertueux.

Le choix tombe sur Albert Herring, jeune homme timide et très surveillé par sa mère.

Albert devient ainsi le « May King » et reçoit une couronne ainsi qu’une récompense financière.

Acte II

La cérémonie a lieu.

Albert est profondément embarrassé par cette soudaine célébrité.

Mais après la fête, il disparaît.

Il a découvert une liberté qu’il n’avait jamais connue auparavant et décide de goûter pour la première fois aux plaisirs dont sa mère et les notables du village l’avaient toujours tenu éloigné.

Son comportement provoque le scandale.

Acte III

Albert réapparaît finalement, transformé.

Il refuse désormais de se soumettre à l’autorité de sa mère et à la morale imposée par la communauté.

Les habitants découvrent avec stupéfaction que leur modèle de vertu est devenu beaucoup plus indépendant.

L’opéra se termine sur une note ambiguë : Albert a peut-être perdu son innocence, mais il a surtout gagné sa liberté personnelle.


Enregistrement(s)

Benjamin Britten — 1964

C’est la première intégrale discographique de l’œuvre.

  • Format : CD (2 CD)
  • Label : Decca
  • Référence : 421 849-2
  • Année d’enregistrement : 1964
  • Lieu : Jubilee Hall, Aldeburgh
  • Date : avril 1964
  • Type : studio
  • Direction : Benjamin Britten
  • Orchestre : English Chamber Orchestra

Distribution

  • Albert Herring : Peter Pears
  • Lady Billows : Sylvia Fisher
  • Mrs Herring : Johanna Peters
  • Superintendent Budd : Owen Brannigan
  • Sid : Joseph Ward
  • Nancy : Catherine Wilson
  • Florence Pike : Sheila Rex
  • Miss Wordsworth : April Cantelo
  • Mr Gedge : John Noble
  • Mr Upfold : Edgar Evans

→ Intégrale.

Cette version est particulièrement importante puisqu’elle est dirigée par Britten lui-même et réunit plusieurs interprètes associés à l’Aldeburgh Festival.


Bernard Haitink — Glyndebourne

  • Format : DVD / Blu-ray
  • Label : Opus Arte / Glyndebourne
  • Référence : OA 0858 D
  • Mise en scène : Peter Hall
  • Direction musicale : Bernard Haitink
  • Orchestre : London Philharmonic Orchestra

Distribution

  • Albert Herring : John Graham-Hall
  • Lady Billows : Patricia Johnson
  • autres rôles : distribution de la production de Glyndebourne.

→ Intégrale scénique.

Cette production est particulièrement intéressante en complément du disque Britten : on passe d’une interprétation historique dirigée par le compositeur à une véritable réalisation théâtrale.


Postérité

Albert Herring est aujourd’hui l’un des opéras de chambre de Britten les plus régulièrement représentés.

Derrière une apparence comique et une intrigue presque légère, Britten et Crozier proposent une critique assez mordante du conformisme social, de la morale imposée par la communauté et de l’hypocrisie des notables.

Albert n’est pas réellement puni pour avoir perdu son innocence : au contraire, cette expérience lui permet de devenir enfin maître de sa propre vie.

L’œuvre occupe également une place importante dans la production de Britten par son écriture orchestrale extrêmement précise. L’orchestre, réduit à une formation de chambre, permet au compositeur de caractériser chaque personnage avec une grande finesse.

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