Format
- Genre : opéra en 4 actes
- Musique : Arrigo Boito
- Livret : Arrigo Boito
- Langue : italien
- Création : 1er mai 1924, Teatro alla Scala, Milan
- Durée : environ 2 h 30
- Particularité : œuvre posthume, laissée inachevée par Boito et complétée après sa mort.
Boito travailla sur Nerone pendant une grande partie de sa vie. Il avait prévu une œuvre monumentale consacrée à l’empereur romain, mais ne parvint jamais à l’achever.
Après sa mort en 1918, Arturo Toscanini et Vincenzo Tommasini travaillèrent à la réalisation de la partition destinée à la scène. C’est cette version qui fut créée à la Scala en 1924.
Création
La création a lieu le 1er mai 1924 à la Scala de Milan, sous la direction de Arturo Toscanini.
Le rôle de Nerone est créé par le ténor Aureliano Pertile.
La distribution originale comprend notamment :
- Nerone : Aureliano Pertile
- Simon Mago : Ezio Pinza
- Asteria : Rosa Raisa
- Rubria : Margaret Sheridan
- Fanuel : Emilio Venturini.
L’ouvrage reçoit un accueil favorable, mais ne s’impose jamais durablement au répertoire.
Livret
Boito s’intéresse aux dernières années du règne de Néron, dans un contexte où se confrontent :
- pouvoir impérial ;
- paganisme romain ;
- christianisme naissant ;
- amour ;
- mysticisme ;
- violence politique.
Le livret possède donc une dimension historique mais aussi fortement symbolique.
Intrigue
Acte I
L’action se déroule à Rome sous le règne de Néron.
Néron, empereur tout-puissant, est fasciné par Asteria.
Le philosophe et magicien Simon le Mage exerce également une grande influence sur l’empereur.
Parallèlement, le christianisme commence à se développer clandestinement à Rome.
Rubria, vestale, est attirée par la nouvelle foi.
Acte II
Les conflits entre les Romains païens et les chrétiens s’intensifient.
Fanuel, chrétien, représente le monde nouveau auquel Rubria se rallie.
Néron, obsédé par Asteria, devient de plus en plus violent.
Simon Mago exploite les passions de l’empereur et contribue à précipiter les événements.
Acte III
La persécution des chrétiens s’intensifie.
Néron cherche à utiliser les spectacles et la violence pour affirmer son pouvoir.
Asteria est prise dans les intrigues politiques et religieuses.
Les personnages sont progressivement entraînés vers la catastrophe.
Acte IV
Le pouvoir de Néron commence à s’effondrer.
La violence atteint son paroxysme.
Les chrétiens persécutés représentent désormais une force morale supérieure à celle de l’empereur.
Néron, confronté à la chute de son monde, sombre dans la folie et la destruction.
Enregistrement(s)
Eve Queler — 1982
- Format : 2 CD
- Label : Hungaroton
- Référence : HCD 12487/89
- Année d’enregistrement : 1982
- Direction : Eve Queler
- Orchestre : Hungarian State Opera Orchestra
- Chœurs : Hungarian State Opera Chorus
Distribution
- Nerone : János Nagy
- Asteria : Ilona Tokody
- Simon Mago : József Dene
- Rubria : Katalin Kasza
- Fanuel : József Gregor
- autres rôles : distribution de l’Opéra d’État hongrois.
Version complétée après la mort du compositeur — Toscanini / Tommasini
Une particularité importante
Contrairement à Mefistofele, Nerone n’est pas une œuvre entièrement achevée par Boito.
Cela permettra de ne pas la mettre exactement sur le même plan que les intégrales de Mefistofele.
Postérité
Nerone est resté une œuvre rarement représentée.
Son intérêt est néanmoins considérable pour comprendre l’évolution de Boito. Écrit sur plusieurs décennies, l’opéra témoigne de l’évolution de son langage musical entre le XIXe siècle finissant et le début du XXe siècle.
On y retrouve le goût de Boito pour les grandes confrontations entre monde antique et christianisme, déjà perceptible dans Mefistofele, mais dans un langage beaucoup plus sombre et moderniste.
L’œuvre est également importante parce qu’elle constitue le dernier grand projet lyrique de Boito et son testament artistique.
La création de 1924, organisée par Toscanini, a permis à l’ouvrage d’exister sur scène, mais Nerone n’a jamais acquis la popularité de Mefistofele.
La version Hungaroton dirigée par Eve Queler est ainsi particulièrement précieuse : elle constitue le principal témoignage discographique intégral permettant aujourd’hui d’entendre cette œuvre très rarement jouée.


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