Note personnelle : ,

Benda, Georg — Pygmalion (1779)

Format :

  • Mélodrame (scène lyrique parlée sur accompagnement orchestral) en un acte.
  • Musique : Georg (Jiří) Antonín Benda.
  • Livret : Friedrich Wilhelm Gotter, d’après la scène lyrique Pygmalion de Jean-Jacques Rousseau (1762).
  • Langue : Allemand (texte parlé).

Création :

20 septembre 1779, à Gotha, au retour de Benda de son séjour viennois.
Benda a cinquante-sept ans. Maître de chapelle à la cour de Gotha depuis 1750, il a démissionné de sa charge de Kapelldirektor en 1778 pour se rendre à Hambourg puis à Vienne, avant de revenir à Gotha en 1779. C’est lui qui, avec Ariadne auf Naxos (1775) et Medea (1775), a donné ses lettres de noblesse au mélodrame, forme nouvelle où le texte, déclamé sans chant, est soutenu et commenté par l’orchestre. Mozart, entendant ces œuvres à Mannheim, en loua l’invention.

Livret :

Le Pygmalion de Rousseau, composé en 1762 et mis en musique par Horace Coignet (Lyon, 1770), est à l’origine de la forme : l’œuvre fut publiée en 1771 et eut un succès durable en France. Franz Aspelmayr en donna à Vienne, dès 1772, la première version allemande de la forme. Gotter, poète de la cour de Gotha et déjà librettiste de Medea, en adapte le texte pour Benda : le sculpteur Pygmalion, roi de Chypre, qui s’était détourné des Propétides et de leur licence, vit retiré, épris de la statue qu’il a lui-même taillée, et supplie la déesse de l’amour de lui donner vie.

Intrigue :

  • Acte unique : Dans son atelier, le sculpteur Pygmalion est en proie à un tourment créateur : son ciseau tremble, ses œuvres le laissent indifférent, et il n’ose plus soulever le voile qui recouvre sa Galathée, la statue qu’il a façonnée. Il le soulève enfin et s’émerveille devant son œuvre, plus belle encore que ses rêves ; il touche le marbre et se heurte à la pierre froide. Éperdu, il invoque Vénus et les dieux et supplie qu’on donne vie à ce corps de pierre, puis perd connaissance. La statue s’anime peu à peu, descend de son piédestal et, se touchant elle-même, murmure « Moi ». Pygmalion, hors de lui, reconnaît dans Galathée la perfection de son rêve : il lui baise la main et jure de ne plus vivre que pour elle.

Enregistrement(s) :

Christian Benda — 1994

Format : CD (1 disque, 69’35 ; Pygmalion : 28’12, avec Ariadne auf Naxos)
Label : Naxos
Référence : 8.553345
Année d’enregistrement : du 7 au 14 novembre 1994, à la Chapelle des Frères moraves (Chapel of the Brethren), Prague, en coopération avec Bohemia Video Art.
Distribution :

  • Pygmalion : Peter Uray, récitant
  • Galathée : Brigitte Quadlbauer, récitante

Direction : Christian Benda
Orchestre : Prague Chamber Orchestra
Langue : Allemand

Particularité :

Enregistré avec les comédiens Peter Uray et Brigitte Quadlbauer, ce disque Naxos réunit les deux mélodrames de Benda, Ariadne auf Naxos et Pygmalion, sous la direction du violoncelliste et chef Christian Benda, né au Brésil dans une famille de musiciens bohèmes dont les ancêtres comptent Jiří Antonín Benda. Les prises de son, réalisées par Jiří Gemrot et Zdeněk Zahradník (producteurs) et Jan Kotzmann (ingénieur), mettent en valeur le dialogue entre le texte parlé et un orchestre qui annonce, par la répétition de motifs, la technique ultérieure de Wagner. La pochette reproduit Ariane abandonnée par Thésée à Naxos d’Angelica Kauffmann.

Postérité :

Mozart, dans une lettre à son père du 12 novembre 1778, loue les mélodrames de Benda, et en particulier Medea, et projette lui-même de composer un duodrame sur le sujet de Sémiramis ; Beethoven recourra au mélodrame dans Fidelio, comme Weber dans Der Freischütz. Pygmalion reste l’un des textes fondateurs du genre, que Benda porte à son plus haut degré de raffinement avant que la forme, déclinante, ne laisse son influence sur l’opéra du XIXe siècle.

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *