Note personnelle : ,

Agnesi, Maria Teresa — Sofonisba (1765)

Format :

  • Dramma per musica en 3 actes.
  • Musique : Maria Teresa Agnesi.
  • Livret : Adapté des nombreux livrets existants sur le sujet (probablement d’après Metastasio, Verazi ou Silvani).
  • Langue : Italien.

Création :

1765, à Milan ou Naples (souvent dédiée à l’Empereur François Ier).
Avec Sofonisba, Agnesi signe une partition profondément élégiaque. Face au destin tragique de l’héroïne carthaginoise, la compositrice privilégie des tonalités mineures, de longs recitativi accompagnati, et un lyrisme épuré qui préfigure la réforme gluckiste, misant sur l’émotion nue plutôt que sur la vaine virtuosité.

Livret :

Basé sur l’épisode historique de la Deuxième Guerre punique relaté par Tite-Live, le texte met en scène la fierté inflexible de Sophonisbe (Sofonisba), reine de Numidie et fille de Carthage, prise au piège de l’alliance entre son nouvel époux Massinissa et l’implacable Rome dirigée par Scipion.

Intrigue :

  • Acte I : Le royaume de Syphax est tombé. Sofonisba est capturée par Massinissa, roi numide allié de Rome. Mais ce dernier, foudroyé par l’amour, l’épouse secrètement pour lui éviter l’humiliation d’être livrée aux Romains.
  • Acte II : Le général romain Scipion l’Africain, inflexible, refuse cette union. Il exige que Sofonisba, ennemie jurée de Rome, fasse partie du cortège des vaincus lors de son triomphe au Capitole. Les supplications de Massinissa, déchiré entre son amour et son alliance politique, se heurtent à la froide raison d’État.
  • Acte III : Incapable de sauver sa reine et refusant de la voir chargée de chaînes romaines, Massinissa lui fait parvenir une coupe de poison comme ultime preuve d’amour et de respect. Avec une noblesse stoïque et une détermination absolue (générant la grande aria finale), Sofonisba boit le poison et meurt en reine libre, échappant à jamais à Rome.

Postérité :

Sujet éminemment prisé par les femmes nobles du XVIIIe siècle, le personnage de Sofonisba trouve sous la plume de Maria Teresa Agnesi une incarnation d’une immense dignité. Dédiée à l’Empereur, la partition témoigne de l’ambition de la compositrice de se mesurer aux tragédies antiques les plus sombres, laissant une œuvre poignante et magistralement architecturée.

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