Format :
- Grand Opéra en 4 ou 5 actes.
- Musique : Salvatore Agnelli.
- Livret : D’après l’histoire de France (ou inspiré par l’œuvre de Prosper Mérimée de 1828).
- Langue : Français.
Création :
1849, au Grand-Théâtre de Marseille.
Composée au lendemain des soubresauts révolutionnaires de 1848, cette œuvre monumentale permet à Agnelli de flatter les penchants républicains et enflammés du public marseillais. L’orchestration y est particulièrement dense, avec un usage intensif de fanfares, de tocsins et de vastes déploiements choraux incarnant le peuple en armes.
Livret :
Le sujet dépeint la tristement célèbre « Jacquerie » de 1358, ce soulèvement ultra-violent des paysans français contre la noblesse durant la Guerre de Cent Ans. C’est l’archétype du grand drame social, mêlant la lutte des classes avant l’heure à des passions individuelles tragiques.
Intrigue :
- Acte I : Dans les campagnes françaises ravagées, les paysans (les « Jacques ») sont écrasés par les impôts et la cruauté des seigneurs féodaux. Un chef charismatique (souvent Guillaume Cale) attise la colère et prépare la révolte.
- Acte II : L’insurrection éclate au son du tocsin. Châteaux incendiés et nobles massacrés : la scène d’émeute est l’occasion d’un grand tableau choral sauvage et symphonique.
- Acte III : Une intrigue amoureuse impossible se noue au milieu du carnage, souvent entre un chef paysan et une jeune noble captive. Les dilemmes moraux freinent l’élan révolutionnaire, tandis que l’armée royale et les chevaliers se regroupent.
- Acte IV (et V) : Le sort se retourne. Les paysans, trahis ou mal équipés, sont écrasés dans un bain de sang par la cavalerie noble. Les meneurs sont exécutés (ou se suicident tragiquement). L’œuvre se conclut sur une vision apocalyptique de défaite héroïque et de bûchers.
Postérité :
Véritable coup de maître local pour Agnelli, l’œuvre a connu un triomphe à Marseille, ville traditionnellement frondeuse, mais ne parvint pas à s’imposer sur la scène de l’Opéra de Paris. Elle est le symbole de ces immenses machineries romantiques provinciales qui firent la gloire éphémère de leurs compositeurs avant de sombrer avec la mode du drame historique.

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